« L’excès du langage est un procédé coutumier à celui qui veut faire diversion » – François Mitterrand

La ministre des Postes et de l’Economie numérique Cina Lawson se croit plus intelligente que les 7 millions de Togolais réunis. Incapable de tenir ses promesses, elle se réfugie derrière des argumentaires approximatifs.

Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté

Mars 2012, Cina Lawson, avait annoncé à grands renforts médiatiques, l’arrivée d’opérateurs de réseaux mobiles virtuels, les MVNO (Mobile Virtual Network Operator) dont l’objectif est de faire baisser substantiellement les tarifs de ces différents services, parce qu’elle estimait que les tarifs des produits et services de télécommunications sont trop élevés au Togo. Dame Cina avait beaucoup vanté les mérites de son OVNI (objet volant non identifié) mais les Togolais ne verront jamais la couleur de ce réseau mobile virtuel version Cina Lawson.

Juin 2014, Cina Lawson annonce le lancement d’un appel d’offres pour l’octroi de licence à un troisième opérateur de téléphonie mobile au Togo avec une licence 3G et 4G. La démarche, d’après elle, n’est pas d’additionner les prestataires, mais de favoriser la concurrence afin de proposer aux abonnés les meilleurs tarifs et de meilleurs services. Mais il n’y a jamais eu de troisième opérateur parce que Togocellulaire qui opère en situation de monopole sur le marché avec ses matériels datant de l’époque de Mathusalem, a peur de la concurrence. Imaginez un instant Orange, Airtel ou encore MTN débarquer au Togo avec leurs matériels high tech, Togocellulaire deviendrait un simple jouet pour enfant. C’est ce que ne veulent les caciques du régime qui détiennent des parts dans cette société étatique. C’est cela la triste réalité.

Mais comme Cina Lawson prend les Togolais pour des mabouls, elle fait croire que l’octroi d’une troisième licence n’est pas important. « Sur cette question de la venue d’un nouvel entrant, y-a-t-il de l’intérêt à faire venir de nouveaux investisseurs dans un marché de 7millions d’habitants avec un taux de pénétration de plus de 60% ? », a dardé l’égérie de Faure Gnassingbé pour qui la « taille du marché togolais ne le rend pas attractif ». Pour la gouverne de la ministre, le Bénin, en 2010, avait aussi 7 millions d’habitants mais disposait de 5 opérateurs de téléphonie mobile. Le reste relève de la mauvaise foi.

La ministre avance que « 3 ou 4 opérateurs, c’est une problématique de journaliste et non des citoyens. C’est la qualité de la connexion que les citoyens veulent et c’est ce que nous nous débrouillons à offrir ». Pourtant ce ne sont pas les journalistes qui ont annoncé avec tambour et cymbale l’arrivée d’un troisième opérateur. Les journalistes ne sont pas le FMI ni la BM qui ont à maintes reprises recommandé au gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie de télécommunications et de libéraliser le secteur en autorisant davantage de concurrence.

En 2010, la BOAD avait même signé un accord avec l’Etat togolais, accord par lequel l’institution bancaire se chargerait de mobiliser les ressources nécessaires, en vue de rechercher un troisième opérateur de téléphonie mobile, dans la transparence et les normes internationales. Mais le gouvernement s’est à la fin rétracté annonçant « l’impossibilité de réaliser la vente de la 3è licence de téléphonie mobile ». Sans plus. Et c’est cette « impossibilité » qui continue à ce jour.

Les arguments servis par la muse de Faure Gnassingbé, n’ont d’autre but que de faire diversion.

Source : Médard Amétépé, Liberté