« Il n’y a qu’une morale : vaincre tous les obstacles qui nous empêchent de nous surpasser » – Louis Pauwels

Les rideaux sont tombés sur les Olympiades 2016 dimanche à Rio au Brésil. Pendant deux semaines, les meilleurs athlètes au monde se sont rivalisés pour tenter d’obtenir le maximum de Saint Graal.

Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté

A l’heure du bilan où chaque pays décompte le nombre de médailles engrangées, la moisson est squelettique, comme à l’accoutumée pour les Africains. Avec 45 sportifs placés sur le podium, le continent africain, avec ses 1 milliard 150 millions d’habitants, reste très loin derrière les Etats-Unis (121 médailles), la Grande Bretagne (67), la Chine (70) et la Russie (56). Le continent reste tributaire du Kenya (13) et l’Ethiopie (8) qui ont remporté près de la moitié des médailles.

Les Africains ne sont pas moins physiques ni moins intelligents que les autres nations, mais pourquoi nos ambassadeurs bien que donnant le meilleur d’eux-mêmes, reviennent avec si peu de médailles ? La question taraude les esprits à chaque Olympiade. Hormis les pays comme le Kenya, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud et les maghrébins qui sauvent la face du continent, presque tous les autres reviennent « toujours fanny », comme le disent les Ivoiriens, c’est-à-dire vierges de toute médaille. Pas la moindre breloque argentée, dorée ou bronzée à passer autour du cou des athlètes. Nombre de nations africaines ont fait leur l’assertion fataliste selon laquelle « l’essentiel est de participer ».

Ce n’est cependant pas l’état d’esprit des grandes puissances qui font des JO leur objectif suprême et y participent chaque quatre ans pour récolter le maximum de médailles. « La hiérarchie des nations rappelle tous les quatre ans que le classement des médailles doit fort peu au hasard. Il doit peu à la chance et beaucoup à la géopolitique et à l’économie. Chine et Etats-Unis se livrent une bataille féroce. Les puissances économiques moyennes récupèrent, elles aussi, leur part du gâteau: France, Grande-Bretagne, Corée du Sud, Russie, Italie sont toujours bien placées. L’Afrique est loin derrière. De plus en plus loin.  Les médailles africaines sont bien plus le fruit de qualités individuelles que d’une politique sportive ambitieuse», rappelle le journaliste et écrivain Pierre Cherruau.

Le manque de vision et de politique sportive des dirigeants africains est le principal handicap des athlètes. Les fédérations sportives dans nos pays n’existent que de nom et sont souvent minées par des querelles de chiffonniers. Les structures sont inexistantes. Les sportifs abandonnés à eux-mêmes, se décarcassent à courir pieds nus et ne trouvent même pas de bouteille d’eau pour étancher leur soif lors des entrainements.

En 2008, le Franco-togolais Benjamin Boukpéti était devenu un héros national quand il avait remporté la médaille de bronze au canoë-kayak. Jamais il ne réaliserait une telle performance s’il avait vécu au Togo. « Lorsque, croyant que le Togo était un pays, Benjamin, le pauvre, a voulu par la suite y fonder ses espoirs, nous avons tous vu ce qu’il a récolté comme résultat : une totale déception et une baisse du niveau de sa carrière », rappelle si bien le compatriote David Kpelly.

Dans ces conditions,  la plupart préfèrent les athlètes filer à l’anglaise ou carrément changer de nationalité et courir sous les couleurs des pays développés où ils ont une chance de monter sur le podium. Dans ce registre, l’Afrique bat le record mondial de médailles aux JO.

Source : Médard Amétépé, Liberté