50 millions de fcfa. C’est la somme que doit verser, la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC) du Bénin à Idéal Productions, producteur exclusif de Sikka Tv. Tel est le verdict rendu ce lundi 22 mai 2017 par le Tribunal de Cotonou dans le procès pour « fermeture abusive de Idéal Productions, partenaire de Sikka Tv » engagé par un collège d’avocats de Idéal Productions conduit par Maître Moustapha contre la HAAC suite à sa décision du 28 novembre 2016 de mettre sous scellé les locaux de la maison de production.

Le président de la HAAC du Bénin, Adam Boni Tessi | Photo : Benin Web TV

Dans son verdict, le Tribunal de Première Instance de Cotonou a dûment constaté que le Président de la HAAC, Adam Boni Tessi, a commis une voix de fait en fermant les locaux de Idéal Production. Le Tribunal a en effet ordonné la cessation immédiate de cette voix de fait et l’ouverture immédiate des locaux de Idéal Productions,  sous astreinte comminatoire de 10 millions de Fcfa par jour de retard.

Même si Idéal Productions et son partenaire exclusif, Sikka Tv, peuvent aujourd’hui se frotter les mains pour avoir gagner cette bataille juridique, ils auraient tout de même payé le lourd tribut de cette fermeture abusive de l’autorité de régulation béninoise

Qui a profité du forfait de la HAAC ?

Au Bénin, la chaîne de Télévision Sikka a eu la réputation de porter un regard très critique, mais objectif, sur l’actualité nationale à travers ses diverses émissions, notamment son émission matinale 100% Bénin. Sa fermeture, exactement un mois après que l’affaire de  trafic présumé de 18 kg de cocaïne au Port de Cotonou s’est éclatée, a été perçue dans l’opinion publique comme une manœuvre du gouvernement Talon d’étouffer les voix dissidentes qui donnaient un autre son de cloche sur les faits de l’actualité nationale.

Selon certains observateurs, la fermeture de Idéal Productions qui a eu pour conséquence directe la suspension des activités de Sikka Tv a permis au régime Talon de se refaire une nouvelle image médiatique après sa traversée du désert de normo communication. La HAAC serait-elle alors l’instrument qu’utilisent les pouvoirs publics pour tenir en respect les médias ? La question mérite d’être posée.

Qui va payer la note ?

Qui va payer la note ? C’est la question qui taraude l’esprit de certains citoyens béninois depuis que le Tribunal a rendu son verdict ce lundi 22 mai 2017. Depuis environ deux ans, le Bénin peine à se faire une santé économique. Secoué par la crise économique de son voisin de l’Est (le Nigéria), le Bénin sur les 15 derniers mois a du mal à renflouer les caisses de l’Etat pour faire efficacement face à ses missions régaliennes. Plusieurs emprunts obligataires ont été alors lancés par le gouvernement Talon pour venir à bout des exigences financières qu’implique le fonctionnement de l’appareil d’Etat.

Avec un budget d’environ un milliards de francs cfa, il est craint dans l’opinion publique que la HAAC puisse disposer de ressources suffisantes, aux regards de l’étendue de ses charges, pour payer cette amende avec à la clé une astreinte comminatoire de 10 millions de fcfa par jour de retard. Le contribuable béninois, malgré le panier de la ménagère, sera alors mis à contribution, d’une manière ou d’une autre pour payer cette amende.

Source : Benin Web TV