Gayton McKenzie, ancien braqueur de banque et gangster connu, est devenu ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture | Photo: DR

C’est l’une des surprises du gouvernement d’union nationale de 75 ministres et ministres adjoints formé le 30 juin 2024 par le Congrès National Africain (ANC) après la perte de sa majorité parlementaire à l’issue des élections du 29 mai. Gayton McKenzie, ancien braqueur de banque et gangster connu, est devenu ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture. D’ancien braqueur à ministre c’est bien l’incroyable ascension de Gayton McKenzie.

Cet ancien braqueur de banque s’est lancé dans la politique en 2013 avec son ami et compagnon de prison, Kenny Kunene comme adjoint de son parti. Plus d’une décennie plus tard, le parti obtient 2% des voix soit neuf députés et un peu plus aux élections provinciales du Cap occidental, avec 8%.Auparavant, il a bien réussi sa reconversion. Pour ses admirateurs, sa nomination au gouvernement est le dernier signe de la façon dont il a surmonté les difficultés pour parvenir au succès. Il a braqué sa première banque avant d’avoir 16 ans, puis il est devenu, comme il l’a dit dans une interview à une station de radio locale, un gangster pleinement fléchi, a passé sept ans en prison, et a promis de changer après sa libération.

Devenu un orateur motivateur bien payé, il a publié des livres sur sa vie et s’est lancé dans diverses entreprises, de l’exploitation minière au Zimbabwe à des boîtes de nuit en Afrique du Sud avec son ami et compagnon de cellule, Kenny Kunene.

Il souhaiterait diriger le ministère de l’Intérieur, fort de son expérience passée pour traiter les questions de criminalité mais il doit se contenter des Sports, des Arts et de la Culture. C’est au travers d’un format inédit pour la démocratie sud-africaine qui a obligé le Président Cyril Ramaphosa à trouver des partenaires dont ce repris de justice qui fêté ses 50 ans le 10 mars 2024.

Comme on pouvait s’y attendre, Gayton McKenzie, l’ancien gangster devenu ministre veut « virer les corrompus ». A première vue, cette nomination peut choquer étant entendu que le personnage n’incarne aucune bonne moralité pour une administration publique. Surtout dans une grande démocratie comme celle du pays arc en ciel. Mais l’expérience a prouvé que les plus grands voleurs des deniers publics la plupart du temps le sont en devenant ministre ou directeur de société d’Etat.

Ils disposent des moyens de l’Etat comme bon leur semble dans la grande impunité. Ils sont combien à devenir milliardaires en étant juste ministre en quelques années ? Des gens qui ne sont ni des capitaines d’industrie ni issus de la grande bourgeoisie. L’option Ramaphosa ne répond-il pas simplement au vieil adage selon lequel mieux vaut un mal connu qu’un bien qui reste à connaître ? Aujourd’hui, tout le monde a les yeux rivés sur ce nouveau ministre de sinistre réputation et l’intéressé sait qu’il n’a droit à aucun bénéfice de doute. Et si c’était la meilleure option pour sécuriser les deniers publics ? Les agneaux ont fait leurs preuves de charognards impitoyables.;

Honoré Adontui

Source: Le Correcteur / lecorrecteur.info