Le président Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré | Archives
Le président Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré | Archives

Le couvre-feu en vigueur au Burkina Faso depuis près de quatre mois et la tentative de putsch a été levé, a annoncé lundi le gouvernement, appelant toutefois le population à la « vigilance » après les attaques terroristes du 15 janvier.

Il était jusqu’ici de 01H00 à 04H00 mais avait été plus sévère par périodes, commençant parfois à 21H00 pour se terminer à 06H00.

« A compter de ce jour 25 janvier, le couvre-feu est levé sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure prend effet dès cette nuit », précise dans un communiqué le gouvernement qui « invite les populations des villages, des secteurs, des communes, des provinces et des régions à plus de vigilance ».

Le couvre-feu avait été instauré le 17 septembre 2015 par les putschistes qui avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré, chassé fin octobre 2014 par la rue après 27 ans au pouvoir.

Ce coup d’Etat mené par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de M. Compaoré, a échoué après une mobilisation de la population soutenue par une partie de l’armée loyaliste.

Rétabli dans ses fonctions après l’échec du putsch, le gouvernement de transition dirigé alors par le président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Zida a dissous le RSP mais maintenu le couvre-feu avec des réaménagements en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire encore très précaire dans ce pays pauvre d’Afrique de l’ouest de 17 millions d’habitants.

Le gouvernement démocratiquement élu du président Roch Marc Christian Kaboré l’avait également maintenu dans une version allégée avant de le durcir pendant deux jours (23H00 à 06H00) après les attaques jihadistes du 15 janvier dans le pays qui ont fait 30 morts et 71 blessés. Il avait été à nouveau allégé par la suite.

Hommage aux victimes des attentats terroristes du 15 janvier.

Des Burkinabès allumant des bougies lors d'une cérémonie commémorative pour les victimes de la récente attaque terroriste à Ouagadougou, le 23 janvier 2016. | VOA
Des Burkinabès allumant des bougies lors d’une cérémonie commémorative pour les victimes de la récente attaque terroriste à Ouagadougou, le 23 janvier 2016. | VOA

Plusieurs milliers de personnes ont rendu hommage lundi à Ouagadougou aux victimes de l’attaque terroriste du 15 janvier au Burkina Faso qui ont fait 30 morts et 71 blessés.

Au cours d’une cérémonie solennelle organisée à la Place de la Révolution, le président Roch Marc Christian Kaboré a appelé ses compatriotes à « ne céder à aucune pression », « en dépit de la grande douleur » qui les frappe.

« Nous devons montrer notre engagement déterminé et indéfectible à vivre dans un Burkina Faso de paix, de démocratie, de progrès économique et social », a déclaré M. Kaboré, dénonçant « des attentats terroristes d’une ampleur inédite ».

« Le peuple burkinabè est plus que jamais debout pour défendre son honneur et sa dignité et pour faire respecter son indépendance et sa liberté contre toutes les forces rétrogrades qui tenteraient de lui imposer leur diktat », a-t-il poursuivi.

Le 15 janvier, des jihadistes ont attaqué l’hôtel Splendid, le café-restaurant Cappuccino, l’hôtel Yibi et le bar Taxi-Brousse, tous situés sur l’avenue N’Krumah, la plus fréquentée de la capitale Ouagadougou. Ils ont fait 30 morts, majoritairement des Occidentaux, et 71 blessés.

Le même jour, une autre attaque à Tin-Akoff, au nord du pays s’était soldé par la mort de deux personnes, un gendarme et un civil alors qu’un couple d’Australiens a également été enlevé.

« Face à ce nouveau défi, il (le peuple burkinabè) se mobilisera comme un seul homme pour opposer une défaite cinglante aux entreprises terroristes sur notre sol », a assuré le président Kaboré.

Des prières ont été dites par des représentants des trois religions les plus pratiquées dans ce pays sahélien pauvre d’Afrique de l’ouest: l’islam (pratiqué par plus de 60% de la population), le catholicisme et le protestantisme.

Condamnant « un acte ignoble diamétralement opposé à la foi islamique », l’aumônier musulman de l’armée, l’imam Alidou Ilboudo, a dit que les musulmans ont une responsabilité « particulière » pour « restaurer l’image de leur foi ».

« Nous devons condamner de manière catégorique l’idéologie prônée par les terroristes (…) Nous devons organiser nos efforts à l’échelle communautaire afin de lutter contre tous les facteurs qui favorisent le recrutement des terroristes », a-t-il plaidé.

Source :  [25/01/2016] VOA +  AFP