Le sénateur américain John McCain, candidat républicain battu par Barack Obama à la présidentielle de 2008, est mort samedi des suites d’un cancer du cerveau pour lequel il venait de cesser les traitements médicaux.

Selon des informations transmises par sa famille, le politicien surnommé « Maverick » pour son franc-parler, élu six fois au Sénat, est mort vers 16 h 30, entouré de ses proches dans la demeure familiale.
Gravement malade à la suite des traitements visant à lutter contre un cancer particulièrement agressif, M. McCain ne siégeait plus depuis décembre dernier.
Les réactions politiques n’ont pas tardé à la suite de l’annonce du décès du sénateur.
Le président Donald Trump a écrit, sur Twitter, qu’il transmettait « ses plus sincères condoléances et son plus grand respect à la famille du sénateur John McCain ».
Son prédécesseur, Barack Obama, a pour sa part transmis un communiqué via sa fondation.
« John McCain et moi-même appartenions à des générations différentes, provenions de milieux complètement différents, et nous nous sommes affrontés au plus haut niveau de la joute politique. Mais nous partagions […] une fidélité envers quelque chose de noble, soit les idéaux pour lesquels des générations d’Américains et d’immigrants se sont battus » – Déclaration de l’ex-président Barack Obama
Preuves d’amour
Dans la journée de samedi, quelques heures avant le décès de M. McCain, sa famille disait être « renversée par les preuves d’amour et d’appui provenant de partout dans le monde ».
Le gouverneur républicain de l’Arizona, État que représentait M. McCain, nommera un remplaçant pour occuper les fonctions sénatoriales jusqu’au prochain scrutin pour ce siège, en marge de la présidentielle de 2020.
Le gagnant de cette élection complèterait le mandat du défunt sénateur, jusqu’en 2022.
En plus de trois décennies passées au Congrès, M. McCain s’est bâti une réputation d’homme agissant selon ses convictions, plutôt que de s’en tenir aux lignes de parti.
Cette preuve d’indépendance lui a attiré le respect, mais aussi suscité l’ire de ses collègues républicains.
Plus récemment, il a vertement critiqué l’administration du président Donald Trump, alors même qu’il recevait des traitements médicaux en Arizona.
Dans ses mémoires publiés en mai dernier, le sénateur McCain a dénoncé la sympathie apparente du président américain pour Vladimir Poutine, le président russe.
Selon des membres de son entourage, le président ne sera pas invité à ses obsèques.
Tradition militaire
Fils et petit-fils d’amiraux 4 étoiles dans la marine américaine, John McCain suivra leurs traces en s’inscrivant à l’Académie navale d’Annapolis, au Maryland, dont il ressortira diplômé en 1958. Il sera envoyé à Pensacola, en Floride, où il apprend à piloter des avions d’assaut. Il est par la suite engagé dans la guerre du Vietnam.
Le 26 octobre 1967, pendant qu’il participe à sa 23e mission dans l’espace aérien nord-vietnamien, son avion est abattu par un missile. Il est blessé, torturé et emprisonné pendant plus de cinq ans.
En 1977, il devient officier de liaison pour la marine auprès du Sénat américain, une fonction qui le mènera graduellement à sa carrière politique. Il quitte l’armée le 1er avril 1981, avec le grade de capitaine, et reçoit une rente d’invalidité en raison de ses blessures.
Son travail au sein de la marine américaine a été récompensé par plusieurs distinctions militaires.
En 1982, il brigue un siège à la Chambre des représentants. Il remporte une primaire républicaine chaudement contestée, défait le candidat démocrate et fait son entrée au Congrès. Il sera réélu en 1984.
En 1986, il brigue le siège de sénateur laissé vacant par le républicain Barry Goldwater et l’emporte par une confortable marge. Il devient membre de la commission sénatoriale sur les vétérans, avec laquelle il avait travaillé 10 ans plus tôt à titre d’officier de liaison de la marine.
Source : IRC + AP + The New York Times + Reuters + CNN























