
Interrogez l’histoire, elle vous dira que ce sont les grandes dates qui font les grands hommes. Les vents des indépendances ont connu leurs dates et leurs hommes, les vents de l’Est des années 90 également. Mais si l’histoire récente du peuple en lutte au Togo a révélé une date, c’est bien le 19 août 2017. Et puisque, la nature veut que les grandes dates correspondent aux grands hommes, ce 19 août 2017 a choisi son homme, Tikpi Salifou Atchadam (ATS), les plus intimes ajouteront, « Tigana ». Il est venu renverser l’ordre établi, déplacer les cartes, changer la donne ; la peur a donc changé de camp. La dictature n’est plus en terrain conquis avec les Togolais. Le débat a drastiquement changé dans le fond et dans la forme. Pour ceux qui ne supportent pas la contradiction, il faut vite mettre à prix la tête d’un tel audacieux. L’homme s’est donc fait discret, très discret, mais si loin si proche d’un peuple à qui il a redonné l’espoir de conclure une lutte qui n’a que trop duré «…chaque millimètre compte absolument. Un millimètre avant la destination, ce n’est pas la destination…».
Le règne cinquantenaire a confisqué sa liberté de circulation, mais sa verve est restée intacte. Et puisque les grandes dates se nourrissent de célébrations, de son maquis, l’homme du 19 août a choisi de célébrer sa date par un discours ; un discours qui mérite bien une autopsie de notre modeste œil d’analyste témoin de l’histoire. Ce 19 août à minuit, comme annoncé un peu plus tôt, c’est par un message tant attendu que A.T.S. a relancé le débat. Il est minuit, une voix va vite se répandre par la magie des réseaux sociaux. Ce n’est pas celle d’une cloche d’église moins encore d’un muézin, c’est bien le président du P.N.P, Parti National Panafricain, qui plante le décor avec son traditionnel timbre qui interpelle, mobilise et appel au devoir. C’est donc par cette brève éphéméride de la dictature togolaise qu’il s’annonce.
« Chers compatriotes, 19 août 2017-19 août 2018, il y a un an jour pour jour que, tel un volcan dont tous les vulcanologues avaient prédit avec certitude l’extinction définitive, vous vous êtes subitement levés. Ne pouvant plus supporter une gouvernance, si on peut encore l’appeler ainsi, une gouvernance sanctionnée par un fiasco total soldé par plus d’un demi-siècle de violations massives, permanentes et flagrantes des droits humains, de brimades, de souffrance et de misère dans un pays qui ne manque pourtant pas de ressources. Portés par une prise de conscience générale et dans un élan patriotique sans précédent, vous vous êtes levés, comme un seul homme, la tête redressée contre cette forteresse RPT-UNIR jusque-là imprenable.
Ce jour du 19 août 2017, le Togo a surpris le monde. Les grands analystes politiques furent pris de court dans leurs prévisions. En effet, pour plusieurs observateurs, même les avisés de la politique africaine, rien ne laissait présager un tel sursaut qualitatif de la part de ce peuple vaincu et soumis par la force brute. A cette date, il fallait être fou pour prédire le réveil d’un peuple angoissé sans âme.
A la veille du 19 août 2017, c’est-à-dire le 18 août 2017, tout indiquait que le baobab tenait bien debout sur ses racines cinquantenaires, que le dinosaure avait toute son énergie, toute sa capacité de nuisance et de destruction intacte. La lutte du 19 août s’annonçait comme une lutte perdue d’avance. En effet, comment remporter une lutte dans un contexte aussi défavorable, hostile à l’idée de l’alternance ?
Le pouvoir en place disposait de toutes ses armes : la force, l’argent, les chambres de montage. Nous vivions dans un système de confusion parfaite des pouvoirs entre les mains d’un seul homme. L’Héritier du Togo (territoire et populations). Le pouvoir n’a pas besoin d’une décision de justice motivée et construite sur le principe du contradictoire pour condamner et détenir un citoyen. Ils sont nombreux, ces détenus politiques condamnés sur la base de montages aussi grossiers qu’abracadabrants.
Dans ces conditions, les rapports de force étaient loin d’être favorables au peuple littéralement spolié. Voilà la situation à la veille du 19 août 2017. Que n’avions-nous pas entendu de ce pouvoir arrogant, assis sur les ressources du pays et sûr de lui-même ? »
Revenant sur les légitimes revendications des Togolais en cette date fatidique, l’orateur a poursuivi avec le rappel d’une méthode qui gagne, la non-violence. Il ne pouvait passer sous silence un hommage mérité aux martyres, déplacés et autres victimes de la répression sauvage. Tout ceci de la part d’une armée, acteur de l’état de siège en cours, et qui refuse, elle-même, de prendre conscience de sa situation de victime.
« Pourtant, c’est dans ce contexte aux indicateurs totalement défavorables, le vent et le courant marin contre vous, que vous vous êtes levés, à la surprise générale, rappelant ainsi l’Epopée Mandingue. Hommage au peuple Soundjata du 21ème siècle. C’était compter sans le cœur du Togo qui, toujours, soupire vers la liberté quel que soit le tyran en face.
Trois facteurs ont joué en faveur du peuple : la foi en Dieu, le seul immuable, la prise de conscience, la détermination. Quelles étaient vos revendications en ce jour désormais historique du 19 août 2017 ? Le peuple debout aussi bien sur le territoire national que dans la diaspora exigeait, à l’unisson, le retour à la Constitution du 14 octobre 1992 (la C92) et l’effectivité du droit des Togolais de la diaspora partout dans le monde. Le peuple veut reconquérir la liberté de choisir ses dirigeants ; liberté violemment arrachée depuis le 13 janvier 1963. Vous voulez avoir la décision sur la manière dont votre pays le Togo doit être gouverné. Vous avez pris des risques réels pour un Togo pour tous et sans exclusive, un Togo pour la minorité actuelle aussi.
A travers ces exigences claires, légitimes et justes, vous rejetez de manière ferme, l’accaparement des richesses du pays par une minorité qui n’a ni pitié ni honte, la monarchisation de notre pays et la remise du compteur à zéro. Légalistes et pacifistes, vous avez opté pour la non-violence, stratégie à laquelle vous êtes restés fidèles durant toute une année de lutte. C’est la révolution du « Assi gbalo, ou du Nouzi yem » (mains nues). C’est pourquoi par avance, le 2 juillet 2017, au cours du meeting dénommé la « Finale » au stade d’Agoè, nous avions pris soins d’annoncer que nos marches seront des processions de pacifistes. Nous nous sommes adressés entre autres, aux forces de sécurité, à l’armée, au pouvoir en place, au président en exercice de la CEDEAO de l’époque sur le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté de manifestation. Peine perdue ! La suite, tout le monde la connaît. Le piquet n’a toujours pas compris, malgré l’évidence, qu’il a son destin lié à celui du mouton étant donné qu’ils sont liés par la même corde.
C’est l’occasion pour nous de rendre un hommage mérité à nos compatriotes abattus froidement. Notre soutien indéfectible va aux blessées parmi lesquels des handicapés à vie, aux déplacés et aux réfugiés.
A ce jour premier anniversaire du soulèvement gigantesque et pacifique du 19 août 2017, nous comptons encore 53 détenus de l’arbitraire et des membres de la société civile dont le jeune Assiba Johnson. Les villes de Mango, Bafilo et Sokodé sont toujours assiégées par l’armée qui refuse toujours de rester à sa place, c’est-à-dire, dans les casernes, en dehors de la sphère politique. Une armée républicaine n’est pas la préoccupation du Commandant en chef des Forces armées togolaises. Les villes comme Kara, Tchamba et certains quartiers de Lomé, la capitale, sont encore sous surveillance militaire musclée et très étroite.
Ce bilan funeste contraste avec le bilan des manifestations organisées par la diaspora togolaise à l’extérieur du pays. Là-bas, en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada et en Asie, ni blessés, ni détenus, ni morts. Pourtant, les manifestants sont allés jusqu’aux places symboles, des espaces historiques et mondialement reconnus.
Ceci démontre à suffisance que les Togolais ne connaissent la liberté qu’une fois à l’extérieur de leur pays ».
Le 19 aout 2017, n’était pas seulement une affaire de 7 villes du Togo, mais le Ghana, le Nigeria, le Bénin, le Gabon, plusieurs villes d’Allemagne, des USA, la Suède, la Belgique, pour ne citer que ça. Villes et pays entiers ont mis la main à la pâte grâce à un lointain travail de fourmi d’une formation politique et son leader. De mémoire d’homme, avant Tikpi Atchadam, certes, il y a eu des manifestations synchronisées pour revendiquer ceci ou cela à travers le monde ou l’Afrique, mais jamais opposant n’a pu soulever autant de foules au même moment, pour la même cause et dans plusieurs endroits différents contre une dictature. C’est donc de bonne guerre qu’il se réjouisse d’un sursaut qui a ouvert la cause des Togolais au monde entier, tout en faisant miroitant le contraste entre manifester au Togo et ailleurs pour son peuple.
« Dans leur propre pays, ils sont tenus de ramper sous un plafond de liberté juste au-dessus du plancher.
Ce que le peuple togolais a réussi et qui force l’admiration du monde entier est exceptionnel. Les togolais de l’intérieur et de l’extérieur ont réussi, contre toute attente, à sauter la dalle au-dessus du Togo et à casser la clôture en béton armé autour du Togo. C’est justement cette situation qui faisait que personne, même à nos frontières, ne voyait vraiment et n’entendait distinctement les Togolais soumis dans leur propre pays à un calvaire inimaginable. Cette image d’un peuple en sanglot, rampant sous un plafond, était méconnue de l’extérieur. Vous êtes parvenus à internationaliser le problème togolais, faisant ainsi de la cause togolaise, une cause entendue à l’échelle internationale comme une cause juste.
Désormais et malheureusement pour le régime, de l’extérieur, l’on nous voit. De l’extérieur, l’on nous entend. Le mensonge n’est plus prospère. Il a atteint ses limites. En outre, vous avez réussi à briser ce que nous appelons le cercle de la division de la famille Gnassingbé. La vraie fausse question Nord-Sud est totalement discréditée.
Peuple sentinelle, tu es le grand comité de suivi et le grand évaluateur de la feuille de route. Tout dépendra du pouvoir dans sa mise en œuvre. Pour l’instant, l’urgence est constituée par l’exécution des mesures préalables à savoir : la libération sans condition des détenus, la levée de l’état de siège sur les villes de Bafilo, Sokodé et Mango, ainsi que le casernement de l’armée. L’histoire des armes disparues est un faux prétexte pour occuper militairement la région, la liberté de mouvement et la sécurité des leaders des partis de la Coalition ».
Des acquis de ce sursaut, à mi-parcours d’une lutte de libération, le président du parti du cheval considère la feuille de route de la CEDEAO comme une victoire d’étape, donc des acquis à consolider qui appellent le peuple à garder la sentinelle pour la suite de la lutte. Panafricaniste, il ne s’est pas empêché de lier le bien-être du continent à un bien-être partagé avec tous les peuple, d’où la nécessité de mettre tous les pays aux mêmes standards démocratiques.
« Aujourd’hui, qu’avons-nous gagné de cette lutte qui, précisons-le, est toujours en cours. Le contenu de la feuille de route constitue un acquis à consolider par la Coalition à laquelle je rends un hommage mérité. L’unité d’action à laquelle nous avons tous souscrit se révèle payante. La feuille de route se présente comme un document cadre. De ce document de base, qui appelle des précisions de la part de la CEDEAO, vont découler des mesures concrètes qu’exige la gouvernance démocratique à laquelle tous les Etats membres de la CEDEAO ont adhéré, à l’exception d’un seul Etat : le Togo.
Cette feuille de route a le mérite de renvoyer le pouvoir au constitutionalisme posé par la Constitution du 14 octobre 1992, bloquant ainsi le compteur à deux (02). Par ses recommandations, la CEDEAO a rendu justice à la diaspora togolaise qui n’a jamais pris part aux décisions portant sur le choix des gouvernants et sur la manière dont leur pays doit être gouverné. Cette fois, la diaspora togolaise tient l’opportunité qui, comme dans un élan de mouvement pendulaire ou oscillatoire, lui permettra de revenir frapper à sa position initiale pour enfin chasser ceux qui ont chassé les Togolais, qui font tout pour les maintenir hors du territoire national.
De plus, connaissant la mauvaise foi dont pétille ce régime en matière d’exécution des engagements, la CEDEAO, tout en instituant un comité de suivi de la mise en œuvre de la feuille de route, maintient le dialogue. Rendre justice au peuple togolais au front depuis un an contre la plus vieille dictature du continent est un devoir pour les Chefs d’Etat de la CEDEAO. Souveraineté oui, mais un gouvernement ou un Chef d’Etat ne peut faire ce qu’il veut dans l’espace communautaire. Il ne peut pas considérer son pays comme une propriété familiale. Depuis les principaux empires ouest-africains, les peuples de la région ouest-africaine ont une histoire commune. Les Etats de cet espace doivent continuer l’effort de construction d’un destin commun tout en gardant à l’esprit que le destin de l’Afrique est absolument fédéral. C’est la raison d’être de la CEDEAO et le sens de la lutte de la jeunesse africaine qui a, pour l’Afrique, le choix entre s’unir ou disparaitre.
La CEDEAO doit veiller à un équilibrage en matière de jouissance des libertés fondamentales et de démocratie dans l’espace communautaire. Une sorte de convergence en matière de démocratie. Notre solidarité suppose liberté partagée, démocratie partagée, prospérité partagée. N’oublions pas que ce sont des femmes, des hommes et des peuples libres qui sont appelés à assumer et à assurer le développement de l’Afrique ».
Au chef d’Etat acteurs de la crise togolaise, tout en les tirant un coup de chapeau, le message croit fermement en la volonté de ce qu’il a désigné par « comité de sages », à travailler, comme il l’a toujours fait, pour que le pays réponde aux standards, ne serait-ce que de la sous-région. Cela ne peut être possible qu’avec une prise de conscience des victimes sur la nécessité de garder la sentinelle à travers la mobilisation aux fins d’exercer, le cas échéant, la pression qu’il faut sur les maîtres du dilatoire politique.
« A cette étape précise de notre lutte, permettez-moi d’exprimer toute notre gratitude à tous les Chefs d’Etat de la CEDEAO. Notre reconnaissance va particulièrement aux Facilitateurs que sont les présidents Alpha Condé de la Guinée et Nana Akufo-Addo du Ghana, pour les efforts déployés en faveur d’un Togo normal, un Togo où règne la force de la loi et non la loi de la force. Toutes nos félicitations au président Muhammadu Buhari du Nigeria pour sa brillante élection à la tête de la CEDEAO. Le Togo, pour plusieurs raisons liées à son pays et à sa personne, tout en lui exprimant sa gratitude pour ce qu’il a eu à faire jusqu’ici, attend beaucoup de lui. Avec la nouvelle configuration, le dossier togolais tombe dans la main d’un comité de sages au sein duquel 70 ans constitue l’âge de base.
Malgré tout, la feuille de route reste une victoire d’étape. La lutte continue. Restons donc debout. S’il est vrai que nous venons de très loin et que nous sommes tout près de notre destination, nous ne sommes pas pour autant à destination. Dans ce parcours héroïque du peuple en quête de liberté, de justice et de prospérité, chaque millimètre compte absolument. Un millimètre avant la destination, ce n’est pas la destination. Si sur la candidature de Faure en 2020, la CEDEAO, en utilisant un langage de sagesse, n’a pas donné d’indication expresse, il revient à nous, peuple togolais, de continuer à assurer ce combat pour les futures générations togolaises et africaines. C’est notre combat en tant que peuple conscient et debout. Nous faciliterons ainsi le travail à la CEDEAO. Cette victoire d’étape n’est pas une victoire d’un parti politique, on ne peut non plus l’attribuer à un individu, c’est une victoire du peuple martyr.
Pour la suite, la sensibilisation et la mobilisation doivent être amplifiées. Il est urgent de continuer à élargir la base de contestation tant au niveau national que dans la diaspora. Au plan national, toutes les villes, toutes les campagnes sont concernées. Il s’agit concrètement d’étendre les actions d’éveil des consciences des populations sur tout le territoire national. Notre mobilisation et notre détermination décideront du reste ».
Distraire un peuple en lutte ? Me Atchadam, avant d’entamer le dernier refrain de son message, a estimé, avec emphase, que cela ne peut plus prospérer. Du coup, entre le politique et le confessionnel, la ligne est bien claire pour le peuple, l’amalgame des démons de la division régionaliste, ethnique ou confessionnelle, restera une peine perdue, a averti l’artisan du 19 août.
« A l’étape actuelle de la lutte, personne ne parviendra à nous distraire, en nous entraînant dans un débat qui n’a rien à avoir avec la lutte de tout un peuple en quête de sa première alternance politique après plus d’un demi-siècle de dictature. C’est bien de ça qu’il s’agit. Ne l’oublions pas. À chaque fois qu’il est en difficulté, ce régime tente toujours de mettre en conflit les éléments de la division qu’il a lui-même artificiellement opérée. Et la religion à côté de l’origine territoriale, l’ethnie, la profession, etc. Font partie de ces éléments de la division.
Dès lors, si confusion entre le politique et le religieux il y a, il convient de la chercher du côté du régime, prêt à tout pour s’opposer à l’alternance dans notre pays. Mais, organisée à dessein, cette confusion involontaire. C’est dans cette confusion diabolique que le régime, tout en faisant payer cher à l’ensemble des Togolais, fait payer plus cher à ceux avec qui le leader du PNP partage l’origine, l’ethnie et la religion. Cette démarche du RPT-UNIR n’est pas une nouveauté. Le pouvoir n’est pas très inventif, donc pas d’innovation dans les montages. Ne voyez-vous pas qu’ils craignent le même candidat depuis 1969 ? Nous n’avons pas oublié les Togolais et les territoires de notre pays qui ont payé et continuent de payer très cher pour le positionnement et les actions politiques de Gilchrist Olympio, Djobo Boukari, Boko Bosso, pour ne citer que ceux-là.
Pour le système en place, est considérée comme terroriste ou djihadiste, toute personne physique ou morale qui conteste la souveraineté, la royauté de droit divin de la famille Gnassingbé sur le Togo. Voilà pourquoi les Etats occidentaux qui disposent des meilleurs spécialistes en matière de terrorisme et de djihadisme, ont du mal à les comprendre.
C’est de notoriété publique que la cohabitation pacifique entre les différentes religions au Togo est un fait séculaire, et rien ne peut inverser la donne. Si la religion d’Osiris- je ne parle pas d’animisme- n’a pas fait la guerre au Judaïsme, au Christianisme et à l’Islam, c’est parce que cette religion est fondamentalement pacifiste. De même, le Christianisme togolais et l’Islam togolais sont fondamentalement pacifiques. Ceux qui incendient les mosquées, déchirent et brûlent les exemplaires du Coran ont des motivations purement politiques et non religieuses. Mais, qui mieux d’autre peut défendre une propriété, si ce n’est le propriétaire lui-même ? Dieu saura défendre sa parole et sa maison. Point n’est besoin pour les musulmans d’organiser des groupes d’auto-défenses. C’est une piste qui conduit directement au piège tendu par le pouvoir. Tous les Togolais le savent. Un Togolais adepte de la religion d’Osiris n’a pas ce cœur qui lui ordonne d’incendier une église, d’incendier une mosquée ou de brûler un exemplaire du Coran ou un exemplaire de la Bible. Un Togolais chrétien n’a pas ce cœur qui lui ordonne d’incendier une Eglise ou une Mosquée, de brûler la Bible ou le Coran. Un Togolais musulman, n’a pas ce cœur qui lui ordonne d’incendier une Eglise ou une Mosquée, de brûler la Bible ou le Coran.
Du reste, comment comprendre que les musulmans pourchassés jusque dans les Mosquées à coup de grenades lacrymogènes, aux tirs à balles en caoutchouc et à balles réelles, une fois y avoir échappé, s’en prennent, non pas à leurs bourreaux, mais à leurs Mosquées et à leur Coran ? Vraiment, ce pouvoir machiavélique manque cruellement d’imagination. A partir du moment où la religion d’Osiris, développée depuis la Valée du Nil a, de façon considérable influencé le Judaïsme, indirectement le Christianisme et l’Islam, le PNP estime que tout négro-africain doit se sentir à l’aise dans l’une quelconque de ces religions. Les Togolais ne sont pas dupes. Ils savent exactement pourquoi ils se battent. Ils se battent pour l’alternance, qui est aussi la clé de l’espoir des détenus politiques ».
La dernière mais pas la moindre des préoccupations, c’est le suivi des recommandations de la CEDEAO. La révélation de 19 août confie ce rôle d’abord au peuple togolais avant de compter sur la sagesse du comité de suivi du regroupement sous régional.
«Notons que ce régime père-fils a la tradition de meurtre de leaders politiques. Sylvanus Olympio, Djobo Boukari, Tavio Amorin, Atsutsè Agbobli et tant d’autres. La liberté de mouvement des responsables, militants et sympathisants des partis politiques de la Coalition, l’arrêt de toutes les opérations en cours liées au processus électoral, la CEDEAO doit rappeler à l’ordre cette CENI qui se croit au-dessus de la Constitution. Sur ces préalables, nous appelons à la fermeté habituelle de la Coalition, porte-parole des aspirations profondes du peuple togolais. Pour ma part, en tant qu’Africain du Togo, je suis très fier de ce peuple auquel j’ai le bonheur d’appartenir. Un peuple disposé à servir l’Afrique et l’humanité. En attendant, la lutte continue. […] mais toujours, …. aux mains nues.
Dieu bénisse le Togo et l’Afrique »
Discours commenté par le Rendez-Vous
Source : Le Rendez-Vous No.330 du 24 août 2018























