Au moins 62 personnes ont péri dans des inondations dramatiques qui ont dévasté mardi soir le sud-est de l’Espagne, semant le chaos dans de nombreux villages coupés du reste du pays, auxquels les secours s’efforcent d’accéder.
« À l’heure actuelle, et de manière provisoire, le nombre de morts atteint 62 personnes », a annoncé mercredi midi l’organisme officiel qui coordonne les opérations de secours. Mais « le processus de recensement et d’identification des victimes se poursuit », a-t-il précisé.
Ce bilan est sans doute appelé à évoluer et les autorités ont ouvert une ligne téléphonique réservée aux personnes à la recherche de parents portés disparus.
Dans une brève allocution télévisée, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a apporté son soutien aux familles des victimes et aux sinistrés. « Nous ne vous laisserons pas seuls », a-t-il promis, en demandant aux habitants de rester vigilants.
« Nous ne pouvons pas considérer que cet épisode dévastateur est terminé », a souligné M. Sánchez. Il y a « des communes inondées, des routes et des voies coupées, des ponts brisés par la violence des eaux », a-t-il rappelé, de nombreuses localités restant inaccessibles.
Dans la nuit, le président du gouvernement régional de la communauté de Valence, Carlos Monzón, avait indiqué que plusieurs corps avaient été retrouvés. « Nous faisons face à une situation sans précédent, que personne n’a encore jamais vue », avait-il ajouté.
« La situation est terrible »
Rien ne laissait prévoir un tel nombre de victimes, qui fait de ces inondations les plus dramatiques en Espagne depuis août 1996.
« La situation est terrible », a déclaré à des journalistes la ministre de la Défense Margarita Roibles, en précisant qu’un millier de militaires, soutenus par des hélicoptères, se trouvaient dans la zone pour prêter main-forte aux services de secours.
Parmi les communes les plus touchées figure L’Alcúdia, dans la région de Valence, et Letur, dans la province voisine d’Albacete (région de Castille-La Manche), où six personnes sont portées disparues, la crue soudaine ayant envahi les rues, emporté des voitures et inondé des bâtiments.
« La priorité est de retrouver les personnes disparues », a déclaré la déléguée du gouvernement central en Castille-La Manche, Milagros Tolon, en précisant que les services d’urgence, appuyés par des drones, avaient travaillé toute la nuit pour tenter de les repérer.
« La situation est dantesque […] Je n’avais jamais vu cela », a décrit sur la télévision publique TVE Consuelo Tarazona, la mairesse d’Horno de Alcedo, commune de la banlieue de Valence. La montée des eaux a été « monstrueuse », « nous avons été inondés tout d’un coup, sans pouvoir prévenir les voisins ».
Les autorités ont demandé aux habitants de ne pas essayer de se déplacer par la route, tandis que le gouvernement central a mis en place une cellule de crise qui devrait se réunir de nouveau mercredi à midi en présence du premier ministre Pedro Sánchez, de retour d’une visite officielle en Inde.
L’Union européenne « prête à aider »
« Nous avons activé notre système satellite Copernicus pour aider à coordonner les équipes de secours et nous avons déjà proposé d’activer notre mécanisme de protection civile », a déclaré mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, soulignant que la situation est « dramatique ».
Dans un court message posté par la maison royale, le roi d’Espagne Felipe VI s’est dit quant à lui « dévasté » par le bilan des inondations, tandis que les députés ont observé une minute de silence au parlement.
Écoles fermées à Valence
La mairie de Valence a annoncé que toutes les écoles resteraient fermées mercredi, de même que les jardins publics, et que tous les événements sportifs étaient annulés.
Douze vols qui devaient atterrir à l’aéroport de Valence ont été déroutés vers d’autres villes d’Espagne en raison des fortes pluies et des vents violents, a indiqué l’opérateur aéroportuaire espagnol Aena. Dix autres vols qui devaient partir ou arriver à l’aéroport ont été annulés.
L’opérateur national d’infrastructures ferroviaires Adif avait quant à lui suspendu mardi soir les trains à grande vitesse entre Madrid et Valence en raison des effets de la tempête sur les principaux points du réseau ferroviaire.
Un train à grande vitesse transportant 276 passagers a d’ailleurs déraillé mardi après-midi en raison des intempéries dans la région méridionale d’Andalousie, mais personne n’a été blessé, selon le gouvernement régional.
L’agence météorologique nationale Aemet avait placé mardi soir en alerte rouge la région de Valence et déclaré le deuxième niveau d’alerte le plus élevé dans certaines parties de l’Andalousie, prévenant que les pluies allaient se poursuivre au moins jusqu’à jeudi.
La région de Valence et la côte méditerranéenne espagnole subissent régulièrement, en automne, le phénomène météorologique de la « gota fria » (la goutte froide), une dépression isolée en haute altitude qui provoque des pluies soudaines et extrêmement violentes, parfois pendant plusieurs jours.
Les scientifiques avertissent que les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur et les tempêtes sont à la fois de plus en plus fréquents, de plus en plus longs et de plus en plus intenses en raison du changement climatique.
Source: AFP; video: Euronews























