
Un incendie s’est déclaré lundi soir dans l’enceinte de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem. Des milliers de fidèles étaient sur place pour la prière du soir, selon des journalistes de l’AFP.
La cause de cet incendie n’était pas connue dans l’immédiat.
Par ailleurs, au moins neuf Palestiniens, dont trois enfants et un commandant du Hamas, ont été tués lundi soir dans des frappes israéliennes sur le nord de la bande de Gaza, ont indiqué les autorités locales.
De son côté, l’armée israélienne a confirmé avoir mené des frappes aériennes sur le nord de l’enclave et y avoir ciblé un commandant du Hamas, mais elle a indiqué ne pas être en mesure à ce stade de « confirmer ou non » que ces décès étaient liés à son offensive en cours après des salves de roquettes tirées depuis Gaza.
Des sirènes d’alarme des autorités israéliennes ont retenti à Jérusalem, où le mur des Lamentations a été évacué.
Le mouvement islamiste armé Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, avait auparavant menacé Israël si ses forces ne se retiraient pas lundi soir de l’esplanade des Mosquées.

Le Hamas donnait à Israël « jusqu’à 18 h ce soir pour retirer ses soldats » de l’esplanade et du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est.
Pas de déclaration du Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni lundi en urgence, mais sans s’entendre sur une déclaration commune, les États-Unis jugeant qu’un « message public n’était pas opportun à ce stade », selon des diplomates.
La France a mis en garde lundi contre une « escalade de grande ampleur ».
« La France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute provocation pour permettre un retour au calme dans les plus brefs délais », a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Nous sommes profondément préoccupés par les récents affrontements et la violence », a déclaré lundi le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell. L’UE avait appelé samedi les autorités israéliennes à agir de « toute urgence » pour une « désescalade » des tensions à Jérusalem.
« Nous ne pouvons qu’appeler toutes les parties à désamorcer cette situation véritablement explosive. Les deux parties peuvent y contribuer », a déclaré lundi le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné lundi ce qu’il a qualifié de « terrorisme » israélien à Jérusalem. M. Erdogan a en outre affirmé qu’il ferait « tout ce qu’il peut pour mobiliser le monde, notamment musulman, pour mettre fin au terrorisme et à l’occupation israéliens », selon la présidence turque.
Des pays arabes, dont plusieurs ayant récemment normalisé leurs relations avec Israël –Soudan, Maroc, Emirats arabes unis et Bahreïn– ou l’Algérie, soutien inconditionnel de la cause palestinienne, ont dénoncé ce week-end les agissements de l’État hébreu. Le roi Abdallah II de Jordanie a « condamné » dimanche « les violations israéliennes et les pratiques menant à l’escalade (des tensions) autour de la mosquée Al-Aqsa ». Le pape François a appelé dimanche à la fin des violences à Jérusalem.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des ballons incendiaires et des roquettes avaient été lancés vers le sud du territoire israélien limitrophe de la bande de Gaza, en appui aux manifestants à Jérusalem.
Deux des sept roquettes ont été interceptées par le système antimissile israélien et trois sont tombées dans des terrains vagues, selon l’armée. En représailles, l’armée a tiré « contre des postes militaires » du Hamas à Gaza et fermé le point de passage d’Erez avec Israël.
Ces tirs de roquettes interviennent au quatrième jour de violences entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes à Jérusalem-Est. Les heurts ont fait plus de 300 blessés jusqu’à maintenant, essentiellement des Palestiniens.

Alors que les appels internationaux au calme se multiplient, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a salué la « fermeté » des forces de l’ordre pour garantir la « stabilité » à Jérusalem.
Israël a proclamé l’ensemble de Jérusalem sa capitale « éternelle et indivisible », tandis que les Palestiniens ambitionnent de faire du secteur oriental la capitale de l’État auquel ils aspirent.
L’un des vecteurs de tension des dernières semaines à Jérusalem-Est est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Une audience de la Cour suprême israélienne dans cette affaire prévue lundi a été reportée indéfiniment.
Source : Radio Canada / AFP / Euronews























