Ils sont une trentaine d’agents de l’Office Togolais des Recettes ( OTR ) qui, pour avoir produit des diplômes falsifiés, se retrouvent derrière les barreaux. Normal, diront certains. Oui, normal, sauf que cette façon de faire ne s’étend pas dans toute l’administration « gnassionale ».

En plus de la prison, ces agents verront leurs biens saisis et revendus moins cher pour permettre à l’Etat de rentrer dans ses fonds investis sous forme de salaire durant tout le temps que ces agents ont passé à leurs postes. Mais n’y a-t-il que des faux diplômes comme crime commis contre l’Etat ?
Les nouveaux milliardaires poussent comme des champignons et le phénomène n’est pas prêt de finir. Or, qui dit possessions matérielles, dit envie d’être le chef suprême, et qui dit chef suprême dit moyens pour le devenir.
Au royaume des Gnassingbé, de nouveaux milliardaires peuvent nourrir des envies qui ne sont réservées qu’au seul président fondateur et son clan. Et dans ce cas, on risque d’assister au débarquement de nouveaux visages dans la cité balnéaire, non pas pour prendre des bains de soleil, mais pour porter atteinte à la tranquillité du maître du céans.
Il y a quelque temps, on a appris une histoire de cartons de macaroni ayant quitté un ministère pour un village à l’intérieur du pays. Le colis était-il destiné à président fondateur qui a aussi une demeure dans ce village, ou était-ce la propriété d’un des beaux-pères? On aurait appris qu’en lieu et place des macaronis, c’étaient des liasses qui dormaient dans ces cartons. A quelle fin et pour qui ? Avec les histoires d’emprisonnement qui se font de façon sélective, on se demande pourquoi les enquêteurs Derrick et Colombo ne feraient pas une descente dans le milieu concerné, histoire de jeter un coup d’œil à ce qui se passe là-bas.

Pêcher les menus fretins, c’est bien, mais se tourner vers les gros poissons, c’est ce qu’attendent les Togolais. Si président fondateur lui-même a reconnu dans l’une de ses rarissimes allocutions qu’une minorité a accaparé les richesses du pays, c’est dire que le phénomène du faux et de la corruption est grand et mérite qu’on y fasse face véritablement. Dans un pays sous développé –et notre « Gnassland-city » chéri est très sous-sous développé- où fleurissent des milliardaires, c’est sur les fauteuils des présidents fondateurs que ces nouveaux milliardaires lorgnent. Les villégiatures étant un des sports favoris de qui on sait, plus tôt une traque généralisée sera lancée, mieux la cité balnéaire se portera.
Source : [07/03/2016] Liberté























