Lettre ouverte d’une courageuse citoyenne togolaise indignée au procureur de la République à propos de l’arrestation du Pasteur Edoh Komi du MMLK
Monsieur le Procureur de la République, j’espère que vous allez bien, ainsi que votre famille, votre santé, votre travail. Dieu veille sur ses enfants, moi aussi je vais bien, merci. Je vous écris aujourd’hui pour vous parler d’un frère togolais, d’un monsieur qui a eu l’étrange idée de redonner la voix aux sans-voix, de faire entendre le cri des suppliciés, de dénoncer les grandes et petites lâchetés, de lever le voile sur les misères matérielles et morales. J’aurais souhaité demander un rendez-vous pour vous en parler mais persuadée qu’il me sera probablement accordé après ma mort, ou pire, après la démocratisation de notre pays, j’ai préféré véhiculer mon message par Facebook. Veuillez m’en excuser.
Il s’agit d’un monsieur qui a mené des actions patriotiques sans qu’aucune étude sérieuse ne vienne démontrer que ses démarches aient plongé notre cher Togo dans la guerre civile, le chaos financier ou le terrorisme. Ce monsieur dont je vous parle se trouve depuis jeudi soir à la prison civile de Lomé. Oui, monsieur le procureur. Je veux bien vous parler du pasteur Edoh.
Le monsieur a organisé jeudi une manifestation devant le ministère de la justice afin de réclamer justice pour la famille de notre sœur Akossiwa Djogbessi qui a été retrouvée morte dans le puits d’une maison appartenant à un nigerian, du coup il a fait outrage contre la magistrature. Le monsieur dénonce la » précipitation dans laquelle l’affaire a été expédié » soutenant que » la justice a libéré le présumé auteur de ce meurtre aux motifs qu’un autre nigérian aurait avoué être l’auteur du crime « , et vous avancez ceci comme argument, monsieur le procureur : » Tout ce qu’il fait là et tout ce qu’il dit sur la justice, vous ne l’écoutez pas ? Vous êtes au courant également de tout ce qu’il dit à propos de la mort de cette jeune fille aussi ? C’est important. Et si les informations qu’il donne ne sont pas avérées, vous voulez qu’on se taise ? J’ai ordonné qu’on mène une enquête et elle est en cours. Au terme de l’enquête, on verra bien s’il y a une infraction constituée et on va la retenir contre lui « .
Je tiens à vous dire une chose, monsieur le procureur. Si vous arrivez à mettre des gens comme ce pasteur en prison, vous risquez un jour de vous retrouver devant des hordes d’exclus qui ne se frotteront même pas la tête quand on la fracasse à coups de matraque, et qui vous feront amèrement regretter les gentils comme lui. Pensez-y, monsieur.
Je m’arrête là. Et merci !
Divine Ayeva / FB























