Faure Gnassingbé institutionnalise la délinquance électorale en mode de « gestion de la démocratie » au Togo | Infog : 27avril.com
Faure Gnassingbé institutionnalise la délinquance électorale en mode de « gestion de la démocratie » au Togo | Infog : 27avril.com

Ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait ». Dans sa Correspondance, Nicolas POUSSIN soutient l’ordre du progrès qui jaillit du bon sens, de la rigueur à l’intérieur du droit, de la justice, de l’équité. Toutes les sociétés ont besoin de se soumettre aux évolutions qui préservent la concorde civile pour exister, réaliser leur propre bondissement pour se sortir du ghetto de l’immobilisme et du dépérissement. Ce principe de transcendance sociale acquis dans un canevas des civilités républicaines est la source de renouvellement qui fait la dynamique politique de la cité. Il est le socle de la construction du présent qui garantit l’avenir de partage. La puissance sociale qui donne au présent sa générosité civique, morale, intelligentes édifie l’héritage de demain, c’est-à-dire, les jalons d’un legs qui assurent au groupe l’équilibre, la paix civile.

Le désordre institutionnel est un poison qui affecte durablement la citoyenneté et provoque la faillite du civisme et de la morale. Quand l’autoritarisme devient le substitut du droit, les principes de gouvernance périssent et les citoyens redeviennent des individus isolés dans une République malade d’elle-même, de ses travers, de ses réflexes des particularismes et se dessèchent dans un tiraillement sectaire où l’intérêt individuel devient l’ancre de survie.

Notre République en rebut est devenue proprement incivique, parce que le fondement de reconnaissance mutuelle qui se libère dans la Volonté générale est sauvagement refoulé pour faire place à la fameuse minorité « fauriste », une horde de brigands et d’usurpateurs qui a mis la main sur la République, ses lois, ses richesses et qui s’adosse aux armes avec la prétention de faire marcher les citoyens lucides et fermes dans une résistance civile de boycott et de non-coopération.

Ce qui presse un Etat malade, ce sont les innovations. Quand elles sont conçues dans la souveraine Volonté générale par des traités républicains, y déroger par banditisme s’apparente à un viol crapuleux de la souveraineté nationale. La réhabilitation du tissu social est un devoir civique qui certifie notre loyauté à la chose publique. Cette responsabilité d’action dans le sens de la collectivité nationale est un devoir de justice et de dignité.

Au Togo, malheureusement, nous sommes encore dans les suites funestes d’une irruption volcanique du fils d’Eyadéma au pouvoir avec leur pesanteur d’un millier de nos concitoyens massacrés à l’autel d’une succession criminelle. L’urgence de trouver des ressorts d’articulation à notre République en épave pour la remettre sur ses pieds et lui bâtir les bases de la coexistence sur le principe du dialogue et du consensus comme l’Accord politique global (APG) l’exige, est réprimée, chiffonnée par la tyrannie qui a fait du faux, du scandale et de la rapine ses dogmes. Elle s’est emmurée dans l’obstination d’abus d’autorité et de mépris pour un traité républicain qui porte ses serments de parjure, sa signature de bouffonnerie.

Le RPT/UNIR, au château de la vérité se rebiffe dans l’isoloir ténébreux de ses ambitions démoniaques avec la faiblesse de ne croire qu’en la force pour renoncer à ses engagements républicains. Cette légèreté pitoyable est la source des horreurs sans fin qui accablent notre pauvre pays. Ce camp autoritaire qui répand la nausée se passe du droit, renie sa propre signature et ne fait qu’à sa tête. Il devient monstrueux dès que la question électorale revient sur l’échiquier politique. Nous ne voulons plus revenir ici sur les pages lugubres de ses prouesses à rebours au CESAL en 2010 et les éclats de voix contre le holdup électoral d’avril 2015 sur les chaînes du monde tel que le Vice-président de la CENI, Francis Pédro AMUZUN, éructait sa réprobation des résultats falsifiés.

Faut-il encore croire que pour les élections locales, une tragédie de découpage autoritaire est déjà dans le tiroir du RPT/UNIR pour une licence de victoire ?

La société civile, les collectivités locales, les partis politiques de l’Opposition qui appelaient de leurs voeux les élections de proximité peuvent-ils se soumettre à cette brutalité de découpage et laisser faire ce que ceux qui ont perdu le sens de la République tiennent à réaliser dans nos villes et préfectures par forfait ?

Jeu et enjeux d’un plan de vol

Ceux qui n’ont d’existence que par la rapine et la tyrannie n’ont d’autre ressource que l’effraction. Seul l’arbitraire les fait vivre. Sans cette trajectoire d’immondices leur qualité d’hyène et leur fumet d’horreur ne font plus leur identité d’évolution macabre. Ils ignorent tout ce qui constitue le stade de la civilisation. Il est de notre devoir de le leur rappeler en insistant sur les principes de l’organisation sociale comme, du reste, Benjamin CONSTANT nous le demande dans son Journal intime : « L’unique garantie des citoyens contre l’arbitraire, c’est la publicité ».

Crions à haute voix jusqu’à ce que tout le monde comprenne que nous sommes en cité, en République qui est gouverné plus par des principes que par des hommes. Le visage civique est le principe de l’action de ceux qui régentent la vie publique. Le scandale de l’effraction, de la transgression est une délinquance active qui aboutit à toutes sortes de criminalité. La force brutale est le dessèchement humain qui appauvrit un règne et le sombre dans l’infamie.

Déroger aux règles de commandement, c’est se condamner aux petitesses indéfendables et affirmer une inclination animale qui nous éloigne du respect et de la reconnaissance de l’autre. L’autorité périt dès qu’elle tombe dans une démarcation avec le sens civique et moral. L’autoritarisme ne fait jamais autorité. Seules les brutes confondent les deux notions avec l’illusion que la première donne un corps, une vie à la seconde.

Refusons de nous voir confiner au fond des âges pour assister à notre propre étranglement sans réaction de défense et mourir dans les serres d’une sauvagerie sans combattre avec la foi du gain de la victoire sur les déclassés de la civilisation. L’affirmation de notre dignité d’homme est l’arme la plus redoutable des peuples qui tiennent à exister dans la responsabilité pour construire leur liberté.

La folie d’autorité qui n’accouche que des sottises pour brimer les citoyens provoque une accumulation des rancoeurs jusqu’à la saturation de délivrance. Nous sommes aujourd’hui à un stade de l’exaspération populaire qui arme les collectivités locales à ne plus accepter le mépris, le diktat infantilisant, parce qu’elles ne peuvent plus passer leur vie à gémir sous les violations autoritaires des droits à décider de ce qui est le mieux pour elles. Sur la base des règles auxquelles elles participent, elles peuvent accepter l’action libre du choix de leurs gouvernants.

Depuis trois décennies, nous sommes dans le cataclysme du parachutage des délégués spéciaux qui ont totalement éloigné les collectivités locales du droit de regard sur la gestion des parcelles affectives qui ont bercé leur enfance, celle de leurs aïeux. Ce système de délégations spéciales n’est rien moins qu’une morbidité de gouvernance qui a livré nos communes et préfectures au cimetière avec une réplique d’insalubrité diagonale dans nos villes parce que nos concitoyens sont dans une rébellion sourde contre une autorité de transcendance verticale qui n’a aucun devoir de compte à leur rendre. Ce boycott actif se double d’une distanciation qui met un cloison entre le sommet et la base dans la gouvernance de proximité. L’Etat de nos villes, communes et préfectures, une gigantesque poubelle, est un camouflet pour la dynastie couarde qui a si peur que ce peuple lui renvoie sa représentativité minable à travers une élection propre.

Aujourd’hui, les réclamations sont pressantes pour remettre à la normale l’administration de nos communes et préfectures. La résistance du RPT/UNIR est intenable. Le paravent d’escroquerie qu’il se donne est un redécoupage du territoire national pour s’inventer des communes, des préfectures réduits à quelques habitations savamment désignées pour constituer dans l’espace territorial des zones d’érection et des possessions partisannes sur la copie outrageante du découpage insensé et scandaleux des législatives. Ce vil esprit de trucage est à l’oeuvre et semble apparaître comme la base d’acceptation pour une organisation des élections locales selon l’option d’un pouvoir ultra-minoritaire qui a absolument besoin d’une alchimie intellectuelle de la plus haute bassesse pour engranger ses victoires.

Cette stratégie de la délinquance trouve en face d’elle une muraille de refoulement. La maturité de l’Opposition des collectivités locales et de la société civile est d’un cran que leur irritation expose le pouvoir à une fébrilité à imposer cette trouvaille de sottise à l’état pur à la conscience citoyenne de plus en plus exigeante et responsable. Nous savons, comme Denis DIDEROT, dans Les Bijoux indiscrets qu’ « On n’est point toujours bête pour l’avoir été quelquefois »