Le temps d’un combat de dignité citoyenne
10 ans après l'APG, Faure Gnassingbé refuse toujours de faire les réformes | Caricature : Donisen Donald / Liberté
10 ans après l’APG, Faure Gnassingbé refuse toujours de faire les réformes | Caricature : Donisen Donald / Liberté

Ceux qui font fortune sur l’exploitation ignoble des populations ne savent pas les regarder d’un oeil intelligent pour s’apercevoir qu’elles sont en loques. Ils sont éternellement dans la folie de leurs intérêts propres sans le moindre frémissement humain. Sitôt que l’éveil de conscience chez les peuples annonce l’aurore de leur délivrance, les hommes véreux et rebutants, de toutes leurs pratiques immondes, cherchent par tous les moyens à courber encore la tête de ceux qui se relèvent. La stratégie de la rapine est aveugle et sans coeur. On s’en convainc à voir le manège du redécoupage de transgression dont s’autorisent le RPT/UNIR et son « faurisme » puant de tragédie.

Dans le tiroir du régime minoritaire de la rapine qui a osé mettre la main sur le Togo par des massacres sans nom, il y a toujours des plans diaboliques cyniquement couverts qui se dévoilent à mesure que se déroule la vie dans cette cité qui se débat pour construire de nouvelles perspectives.

L’outrecuidance d’une effraction nouvelle de l’Accord Politique Global (APG) est dans sa phase d’essai, dans une démultiplication autoritaire et unilatérale de nos communes et préfectures. Elle consiste à morceler sur des bases personnelles les pans des communes et préfectures pour s’attribuer de façon factice des collectivités pour leur gestion avec l’artifice du gain des élections locales à l’instar de ce qu’on observe à l’Assemblée nationale avec des zones désertiques coiffées de députés au détriment des densités de peuplement qui en sont dépourvues dans le Sud du Togo.

Cet avorton de trouvaille est la seule motivation du régime à céder à la pression interne et externe des partenaires au développement pour se résoudre à penser à une programmation des élections de proximité aux fins de mettre en route la décentralisation. Dans le triomphe de l’absurde et du mépris, le ministre en charge des collectives locales et de la décentralisation a convoqué le chef de file de l’Opposition pour lui présenter sommairement ce bidule de la honte sans le moindre courage de lui remettre ce croquis insensé dans son esquisse, malgré l’instance de Jean-pierre FABRE pour en avoir copie. La prudence excessive de M. BOUKPESSI à couver dans son cabinet, loin des regards et de l’observation des partis de la contrariété politique, révèle la dimension de la sottise dont on veut idiotement l’aval des signataires de l’APG. « Quand on sème des épines, on ne va pas sans sabot », nous enseigne Henri POURRAT dans Gaspard des montagnes.

Le RPT/UNIR a parfaitement conscience que son machin de redécoupage des collectivités locales est une terrible escroquerie de provocation qui allume les mèches flambantes d’une crise où la promptitude de réaction populaire ainsi que celles des Organismes de Défense des Droits de l’Homme et des partis politiques est assurée.

Après vingt-neuf (29) ans de refus d’organisation des locales, la tentation de maintenir une main tentaculaire sur les collectivités locales demeure vivace. Ce plan crapuleux d’annexion des communes et préfectures dans le giron du « faurisme » par un subterfuge grotesque sonne l’alerte la plus stridente, la plus plantureuse et la plus massive pour remettre notre pays dans le sens véritable de l’histoire moderne des peuples. Nous ne pouvons plus nous permettre de nous accommoder à des médiocrités supérieures de reculades, pendant que le monde avance et que l’expérience heureuse de la décentralisation autour de nous, suivie dans ses règles et exigences, produit une ascension fulgurante d’épanouissement des collectivités autonomes et libres de leurs choix de développement.

La croisade de conscientisation des masses populaires sur l’urgence des élections locales est une réalité à l’intérieur de la capitale. Elle doit s’amplifier partout dans les provinces avec force arguments pour un aiguillon de mobilisation tranchante sur les conditions d’organisation des locales, parce que la défense des collectivités est une civilité politique qui élève la citoyenneté et lui confère la puissance d’action.

L’effervescence politique sur la question des élections de proximité, comme on l’observe particulièrement dans la formation itinérante et dans la mobilisation à la CDPA et à l’ANC, doit être généralisée. Les fédérations de l’intérieur tenues de copier le bon exemple sans tergiversation sur le principe de la possession du pouvoir des peuples par le bas et le droit à refuser la subordination par une élection tronquée.

Il y a un travail de mise à niveau de la conscience collective pour un combat engagé et citoyen qui assure la reconnaissance de nos collectivités locales dans leur tenues de copier le bon exemple sans tergiversation sur le principe de la possession du pouvoir des peuples par le bas et le droit à refuser la subordination par une élection tronquée. Il y a un travail de mise à niveau de la conscience collective pour un combat engagé et citoyen qui assure la reconnaissance de nos collectivités locales dans leur vision propre de développement.

C’est bien plus compliqué que ne le pense la minorité « fauriste » d’imposer aux Togolais une cruauté de redécoupage de nos communes et préfectures sur des bases sectaires partisanes et unilatérales en vue d’un déguisement de la décentralisation à la faveur d’une élection insolemment travestie. Nous peuple togolais, avons droit à d’autres choses plus reluisantes que la sottise et la cruauté. Nous n’avons aucune intention de faire perpétuer l’asservissement par le trucage électoral et les dogmes d’incivilité qui ont livré nos collectivités à l’hécatombe. Soyons fous de notre dignité humaine pour que notre fermeté soit le ferment d’une société nouvelle à la lumière d’une élection où les collectivités décideront de leur propre sort.

Source : [08/03/2016] Didier Amah Dossavi, L’Alternative N°504