Rizière à Djablé, Togo
Rizière à Djablé, Togo | Photo: DR / lalternative.info

Au Togo, les seuls textes de loi pour lesquels le régime RPT/UNIR ne badinent pas sont les articles de la Constitution qui permettent à Faure Gnassingbé de conserver ad viternam le pouvoir et les prérogatives de la loi budgétaire qui permettent à l’Office Togolais des Recettes (OTR) de contraindre les Togolais à payer les impôts. Et quand il s’agit du respect des droits élémentaires des citoyens, les gouvernants s’effacent totalement.

Le fameux Projet de Développement Rural de la Plaine de Djagblé (PDRD) a du plomb dans l’aile ! C’est presque un euphémisme de le dire ainsi. Après une longue période de vains espoirs, les propriétaires expropriés sans juste et équitable indemnisation des parcelles prises par l’Etat, sont passés à l’action le week-end dernier.

Dans un précédent article, la rédaction de votre journal L’ALTERNATIVE a mis en lumière l’échec cuisant du PDRD de même que l’énorme chaos social, agricole et économique qui se trame actuellement dans la plaine de Djagblé.

Malgré les dispositions claires de la Constitution togolaise sur le droit de propriété ainsi que celles du Code Foncier et Domanial sur la dérogation à ce droit qu’est l’expropriation pour cause d’utilité publique, plusieurs citoyens togolais et propriétaires parcelles dans la plaine de Djagblé ont vu leurs propriétés être « spoliées » par l’Etat sans aucune indemnisation depuis plus de huit (08) ans.

Fatigués de se laisser farcir comme des dindons à travers des réunions, discussions à n’en point finir, plusieurs dizaines de propriétaires expropriés sont passés à une autre phase d’actions ce samedi 15 mars 2025 pour faire entendre leur désarroi. C’est par le biais d’un sit-in sur les lieux avec une marche pacifique vers le Palais Royal du Chef Canton que ceux-ci ont montré leur souffrance.

Réunis aux abords du canal de drainage d’eau qui mène aux fameux champs de riz, les manifestants étaient munis de diverses pancartes sur lesquelles on peut lire : « Monsieur le Président de la République, nous comptons sur vous pour faire respecter nos droits d’indemnisation » ou encore « Article 27 de la Constitution : aucune expropriation sans juste et préalable indemnisation ».

Les manifestants, après le sit-in, se sont dirigés vers la Palais Royal du Chef Canton afin de porter leur message à ce dernier. Malheureusement, ils n’ont pu être reçus par le Chef Canton.

Toutefois, ces propriétaires qui se sont endettés auprès des institutions financières pour acquérir les parcelles « spoliées » par le gouvernement, ont assuré que d’autres actions d’envergure vont suivre la manifestation du samedi dernier au cas où leurs justes indemnisations demeurent retenues par des « voraces » au sein des autorités locales et gouvernementales.

« … Au cas où nous n’entendrons rien de concret, avant le début de la saison des pluies, nous serons obligés de descendre sur le périmètre du projet pour qu’on nous laboure ensemble avec le riz qui y est cultivé », a confié l’un des manifestants aux médias présents sur les lieux.

Source: lalternative.info