La gestion de certaines structures est à l’image même de celle du pays où une personne et son clan imposent leur volonté aux autres. Même les lieux destinés à porter secours et assistance aux malades ne sont pas exempts de ce malaise. C’est le cas du Centre Hospitalier Régional de Kara Tomdè ( CHR de Kara Tomdè ) où les dérapages du Directeur général Batassaminzoué Brice Beketi sont quasi quotidiens.

L’annonce de sa venue avait été accueillie comme une bouffée d’oxygène par les agents du CHR de Kara Tomdè, mais ils ont été vite déçus par son autoritarisme.
« Beketi Brice Batassaminzoué est arrivé à la tête de ce centre en 2009. A sa nomination, beaucoup d’agents ont cru qu’il allait donner un autre visage à l’hôpital. Mais c’est le désenchantement quand il s’est mis à l’œuvre. Avant son arrivée à Kara, il a servi au CHR d’Atakpamé où il a voulu instaurer une tyrannie. A l’époque, il était accusé de maltraitance des agents et de gestion calamiteuse dudit centre », explique un agent du CHR de Kara-Tomdè.
Et c’est le même calvaire que Brice Beketi fait subir à ses agents qui lui reprochent de détourner les fonds en multipliant les caisses alors que bien avant son arrivée, les recettes de tous les départements étaient convoyées vers une seule caisse. La première structure à être affectée par cette gestion est la pharmacie.
« Ceux qui ont travaillé ici méconnaissent la pharmacie qui manque cruellement de produits. Au même moment, le directeur disposerait des tas de produits pharmaceutiques à son domicile pour ses propres affaires. Faute de matériels, les reçus sont manuscrits. Et depuis quelque temps, il a feint d’installer des ordinateurs qui fonctionnent à peine. Ce n’est qu’à partir de janvier 2016, avec les factures normalisées de l’Office togolais des recettes que les reçus manuscrits tendent à disparaitre », témoigne notre source.
Outre la pharmacie, les cotisations sociales dues à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) sont prélevées, mais ne sont plus versées depuis quelques années. Aussi, les agents décrivent-ils le directeur général comme un as de la fraude. « Nous cumulons 17 mois d’arriérés. Le matériel qui est offert par les Chinois est facturé par la direction qui empoche les sous. Il négocie des factures pour justifier des achats qui n’ont jamais eu lieu. Par exemple, il a déclaré que l’achat et l’installation de deux ordinateurs ont coûté seize millions (16 000 000) FCFA. Chaque lundi, une réunion des chefs de départements est organisée et tous les participants perçoivent quinze (15 000) FCFA alors que des directeurs n’ont même pas de bureaux », s’indigne une infirmière.

Dans cet hôpital, tous les départements font l’objet d’une mauvaise gestion, et il n’est pas rare de retrouver un agent de sécurité à la pharmacie et un chirurgien comme garde-malade.
« La gestion du personnel laisse également à désirer. Il utilise des garde-malades pour la gestion de la pharmacie et menace de renvoyer ceux qui cherchent à rejoindre le poste pour lequel ils ont été formés.
Malgré la présence des agents d’appui, il recrute des ouvriers hors du centre pour des travaux qui devraient être effectués par ces agents affectés pour la cause. Il a transformé un maçon en un gardien, puis en un agent d’assainissement. Il place ses amis là où il y a la possibilité de détourner de l’argent et procède à des mutations sans justification, et à des licenciements abusifs.
De la petite chirurgie, certains agents se sont retrouvés à la radiologie. Les employés qui ont voulu faire valoir leurs droits ont fait deux (2) mois de travail sans salaire ni primes, mais avec une présence effective au service. La rétention des primes de garde est devenue la règle. Ceux qui peuvent bénéficier des prestations des affaires sociales dans le centre sont uniquement ses connaissances », assure la source.
Comme pour faire taire toutes revendications, le syndicalisme est vigoureusement combattu par Batassaminzoué Brice Beketi. « Le syndicalisme n’existe pas au CHR de Tomdè. Il n’y a pas de grève ni de manifestation. Même une simple réunion des agents est interdite. On se rappelle qu’il a une fois jeté de l’eau sur un de ses collaborateurs dans son bureau pendant que ce dernier plaidait une cause. L’affaire a été portée devant le directeur régional de la santé, mais en vain », s’indigne un agent.

Ce dernier confie que pour contourner l’espionnage dont ils sont victimes de la part de leur directeur, Brice Beketi Batassaminzoué, les agents étaient obligés de trouver d’autres moyens de communication en écrivant des lettres anonymes pour demander une amélioration des conditions de travail. « Nous interpellons le ministre de la Santé et de la Protection sociale pour qu’un audit soit fait. Le Directeur général et le Directeur des affaires financières ainsi que le Surveillant général qui sont ses complices doivent quitter l’hôpital afin que la sérénité revienne », interpelle un agent.
Source : [10/03/2016] Ben Papus, Liberté























