
« Certains présidents pensent que c’est en faisant le bitume et les ponts qu’ils vont entrer dans l’histoire» (Tiken Jah Fakoly)
La politique des grands travaux de Faure Gnassingbé dont on s’est tant vanté dans le sérail à la veille de la présidentielle de 2015, a pris un grand coup après la petite pluie qui a arrosé Lomé mardi. Certains quartiers étaient méconnaissables, envahis par les eaux. Même certaines routes nouvellement construites ont pris l’eau de toutes parts. Des sommes colossales, des centaines de milliards de prêts avaient été injectés dans cette affaire de grands travaux que le pauvre contribuable aura à rembourser pendant des décennies.
Ces « grands travaux », on le disait, ont été mis avant par le « pti »lors de la campagne électorale pour s’octroyer un troisième mandat présidentiel. Le jeune président était présenté comme un grand bâtisseur de la cité, le seul à même de mettre le pays sur les rails du développement. Mais « Le pays en chantier », comme on l’annonce à grands renforts médiatiques, est devenu un « pays dans l’eau ». Le drame c’est qu’on est qu’en début de saison, et on se demande tout naturellement ce qu’il adviendra quand on entrera de plain-pied. On ne veut pas être un oiseau de mauvais augure, mais vu ce qui s’est passé à la suite de la pluie de mardi où plusieurs quartiers ont été inondés, il est à craindre que les populations ne vivent un cauchemar lorsqu’il y aurait de fortes précipitations.
A propos des fameuses routes de Faure Gnassingbé, voici quelques observations assez pertinentes faites par le président de la Nouvelle Génération Engagée (NGE), Kombaté Kwasi Nene, dans une lettre ouverte qu’il avait adressée à Faure Gnassingbé.
« Dans cette campagne soi-disant de grands travaux à Lomé, je reste pantois et offusqué lorsque je vois quelques Togolais se réjouir du fait que certaines artères de notre capitale sont réhabilitées ou construites. Moi, je ne me satisfais point de ce que j’appelle des « ruellelettes » ou ruelles qui ne sont pas dignes de Lomé notre capitale, mais plutôt de nos villes de l’intérieur telles Kpalimé, Aného, Tabligbo, Bassar, Sokodé Dapaong, Mango, Atakpamé, Kara, Niamtougou etc. », remarque-t-il.
« Comment peut-on, Monsieur le Président, construire encore de nos jours des routes de 7m50 à Lomé pour le passage de deux voitures cote à cote sachant que le parc automobile de ce pays n’arrête pas d’augmenter de jour en jour ? Sans compter ces milliers de taxis-motos (Zémidjans) hérités des années 90 du Bénin voisin et des autres motocyclistes? Par endroits, je pense que certains carrefours de ce pays (GTA, Atikoumé, Hôtel Todman, port, Aéroport-mèches Amina.., la liste est longue) mériteraient d’avoir plutôt des échangeurs, ou du moins de vrais boulevards dignes de ce nom. Mais que nenni », s’offusque Kombaté Kwasi Nene.
Il poursuit : « Puisque ce sont des milliards en prêt que nous contractons pour ces travaux, remboursables sûrement sur 25 ans voire 50 ans par nous, nos enfants et nos petits fils, pourquoi ne pas utiliser cet argent à bon escient pour construire de vraies routes qui nous survivent, qui dureront 30 ans voire un demi-siècle ? Avons-nous besoin de recasser ces routes dans 5 ou 10 ans et nous ré-endetter encore sur des années pour refaire ces routes qui sont mal faites aujourd’hui ? ».
Reste à savoir si ces routes feront même 5 ans, à voir la manière dont elles prennent de l’eau de toutes parts.
Source : [10/03/2016] Médard Ametepe, Liberté























