Elus, réélus et nommés, les neufs (09) membres de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ( HAAC ) ont prêté serment hier devant la Cour suprême à Lomé. Cette cérémonie solennelle de prestation de serment s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités dont les ambassadeurs, les représentants des organisations internationales, de la Cour constitutionnelle, de la CNDH, du HCRRUN, de la Cour des comptes et des membres du gouvernement.

Les 9 nouveaux membres de la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication ( HAAC ) prêtent serment devant la Cour suprême, le 9 juin 2016 | Caricature : Donisen Donald / Liberté
Les 9 nouveaux membres de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ( HAAC ) prêtent serment devant la Cour suprême, le 9 juin 2016 | Caricature : Donisen Donald / Liberté

L’entrée à la salle d’audience qui était pleine à craquer a été soumise à la fouille policière. Il était 9 heures lorsque le président de la haute instance, Patrice Akakpovi Gamatho a ouvert l’audience. Le Procureur général passa donc à la présentation des récipiendaires et de leurs profils. Après quoi, les articles 3 et 4 de la loi organique de l’institution relatifs à l’indépendance et à l’impartialité furent rappelés à la nouvelle équipe. Les neuf membres ont été ensuite appelés par le président de la Cour suprême à passer devant le prétoire non pas « pour être jugés », mais pour « prêter serment ». A tour de rôle, chaque membre élu, réélu ou nommé, levant la main droite, a juré « solennellement de bien et fidèlement remplir » ses « fonctions de membre de la HAAC en toute indépendance et impartialité de façon digne et loyale ».

Il était 9h51. La Cour suprême a pris acte de leur serment et les a renvoyés « à l’exercice de » leurs « nouvelles fonctions dans la dignité », tout en espérant que « le Très- Haut » leur « inspire ce qui est juste ». Parmi la nouvelle équipe dirigeante, Zeus Aziadouvo, le désormais ex-Directeur de publication du quotidien Liberté et ancien président du Patronat de la presse togolaise (PPT). Certes, la tâche qui leur incombe est lourde et la « mission n’est pas facile », a reconnu Patrice Akakpovi Gamatho. « Elle consiste essentiellement à garantir et à assurer la liberté et la protection de la presse et des autres moyens de communication de masse dans le strict respect des principes énoncés à l’article 3 de la loi organique relative à l’institution que vous êtes appelés à animer à compter de ce jour », a-t-il relevé. Zeus Aziadouvo, à l’instar des autres membres, prend la mesure de la chose. « Aujourd’hui, nous avons prêté serment. Les choses sérieuses vont commencer. Je ferai ce que je peux sur la base des lois qui régissent la profession. Je ne suis pas allé à la HAAC pour jouer au Zorroou au Rambo. J’y vais pour faire ce que la loi demande de faire. Les chantiers qui nous attendent sont dans la loi organique de la HAAC et du Code de la presse. C’est quand on veut faire plaisir à certaines personnes ou institutions que les problèmes surgissent, que les malentendus surviennent. Donc ce qui est important, c’est de nous approprier les textes, respecter les lois, faire les choses et se comporter de manière civilisée. Le temps de la force ou des coups de force est révolu. L’institution de régulation ne signifie pas l’institution pour zigouiller, mais pour accompagner pour le bien de nous tous », a-t-il indiqué.

« Certes, la communication audiovisuelle et écrite est libre, mais cette liberté s’exerce dans le respect de la loi. Le droit ne se conçoit pas sans le devoir. Vous aurez ainsi à veiller avec rigueur, non seulement au respect des droits des médias, mais aussi à l’observation par les médias de leurs devoirs et ce, en toute indépendance et impartialité. Le peuple a besoin d’information, mais de la bonne information ; celle qui édifie, pacifie, celle qui corrige même si elle fait mal parce qu’elle est empreinte de vérité et exprime la meilleure manière les médias, permet de jouir de leur impartialité et de leur indépendance puisque les médias doivent être également indépendants et impartiaux », a conseillé Patrice Akakpovi Gamatho, et d’inviter la HAAC à « combattre la désinformation, l’intoxication des populations par de fausses informations».

Après cette prise de fonction, les membres de la HAAC vont passer à la mise en place d’un bureau provisoire dans le cadre de l’adoption du règlement intérieur devant conduire à l’élection d’un bureau définitif. Pitang Tchalla, Mathias Ayena, Kanak Lalle, Aminata Adrou, Sabi Kasséré, Octave Olympio, Badabassa Babaka et Komlan Agbéka sont les neuf (09) nouveaux membres de la HAAC. Bonne chance à eux.

Source : [10/06/2016] PCK, L’Alternative No. 530