Quelques semaines après le débarquement inopiné du tout puissant Directeur Général de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) et actionnaire de Lomé Catering Sylvère Akrima Kogoé et son remplacement par Malick Natchaba ; les langues se délient enfin sur les conditions de travail effroyables au sein de cette boite.

Salaires de misère, sanctions abusives, licenciements sans ménagement, harcèlement sexuel constituent le chemin de croix des employés. De ces employés, le cas des hôtesses recrutées par la SALT et sous-traitées à deux agences suscite des interrogations sur les dessous de ces combines qui aboutissent à l’exploitation des personnes suscitées. Tout à l’air d’un arrangement entre barons du système qui, au bout de la chaîne, se partagent des commissions au détriment des employés soumis à de rudes conditions de travail.
La SALT recrute lorsque les besoins se font sentir, des jeunes filles. Ces demoiselles subissent une formation rigoureuse qui débouche sur une sélection stricte. Les retenues sont engagées par la société sur la base d’un contrat à durée déterminée renouvelable. Ces hôtesses sont alors affectées au service d’accueil à l’aéroport. Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, une fois les filles retenues, elles sont mises à la disposition de deux agences qui deviennent, on ne sait par quel jeu, les employeurs. Il s’agit de l’agence Bamondi de la regrettée Mme Sambiani-Bagna et de l’Agence ACS (Assistance Conseil Services) d’un certain Teko Mewonawovo, Directeur de cabinet du ministère de l’Administration territoriale, ancien liseur professionnel des motions récemment poussé à la retraite. C’est donc ces deux agences qui exploitent les jeunes dames à l’Aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé, avec tous les abus.
De longues heures de travail de nuit comme de jour, peu de repos, des salaires de misère, des contrats aux contours flous, des supposés déclarations à la caisse de sécurité sociale que les employés n’ont jamais vérifiées. Selon les témoignages, le sieur Teko Mewonawovo, Directeur de l’agence ACS verse dans l’exploitation systématique et les abus de tout genre. Lorsqu’un employé de son agence tombe malade, même avec un certificat médical à l’appui, le tout-puissant directeur défalque trois mille francs par jour de son salaire. Si vous partez en congé, il soustrait 45 mille francs du salaire sans aucune explication. Pour les bulletins de paye de fin d’année, les hôtesses sont obligées de se rendre dans son bureau au ministère de l’Administration territoriale pour remplir les fiches avant le virement du salaire. Une fois sur les lieux, loin des regards des autres, s’ensuivent des questions à la limite de l’indécence.
L’agence Bamondi est aussi coutumière de ces abus. Elle est dirigée aujourd’hui par une des progénitures de la styliste défunte.
Le cas Teko Mewonawovo, Monsieur boubou cinq pièces est particulier. Par quelle gymnastique un cadre de l’administration, employé de l’Etat, crée-t-il une agence pour employer d’autres personnes recrutées par une société d’Etat durant des années ? Est-il normal, qu’un employé de l’Etat crée une agence pour exploiter à son profit d’autres individus recrutés par une société d’Etat ? Même à sa retraite depuis quelques semaines, le cacique du régime continue tranquillement ses affaires qui deviennent de plus en plus juteuses avec la nouvelle aérogare.
Le constat est patent, il existe une combine grosse comme un nez planté au beau milieu du visage entre la direction de la SALT depuis des années et les responsables des agences en question. Un système de prébendiers qui permet aux auteurs de se partager en amont une partie des salaires des hôtesses. Ces dernières n’obtiennent que des subsides après le passage des coupeurs de route officiels.
Le nouveau Directeur général de la SALT doit impérativement mettre fin à cette exploitation des agents par ces deux agences. Il y va même de l’image de la SALT et de l’aéroport de Lomé. Il faut d’ailleurs mettre fin à ce système de sous-traitance mis place depuis des années qui permet à certaines personnes, de surcroît fonctionnaire de l’administration publique d’exploiter d’autres agents recrutés par une société d’Etat. Malick Natchaba qui vient de prendre les commandes de l’aéroport doit mettre fin à ce bordel qui dure depuis des années et ramener ces employés sous la responsabilité exclusive de la SALT.
Source : Mensah K., L’Alternative























