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C’est une succession de drames qui doit interpeler toute conscience humaine. Des scènes d’horreur qu’on entendait de loin sont devenues le quotidien des Togolais. Pour des histoires banales, des vies humaines sont arrachées. La plus récente remonte à lundi, 18 août 2025 à Ségbégan, dans la Commune du Golfe 7. Un employé a tragiquement ôté la vie de son patron dans une unité de production d’eau pure afin de s’emparer de son argent. Des témoins renseignent que la tête de la victime a été tranchée par un coupe-coupe par l’employé au moment où elle comptait de l’argent des ventes en sa présence.

Après avoir commis l’irréparable, le meurtrier présumé a transporté la tête de sa victime jusqu’au bassin d’eau de Balissime, où elle a ensuite été découverte par des jeunes du quartier. Dans la foulée, le principal suspect a été interpellé. Les vidéos du film d’horreur abondamment relayées sur les réseaux sociaux sont insoutenables. Curieusement, aucune réaction officielle n’a suivi pour situer davantage la population déchirée par ces images atroces.

Deux jours plus tôt, c’est un chef féticheur qui a arraché la tête, les membres inférieurs et les parties intimes d’un cadavre à Djéyi dans la Commune Vo1. Sous prétexte que le décès de Kakayo S. (61 ans et père de sept filles) serait dû à ses fétiches, le présumé malfrat, Djimekou K. (53 ans) a intimidé la famille du défunt pour commettre son forfait avant de prendre la fuite avec son complice.

Trois mois en arrière, à Gnesimde dans la Préfecture de Mô, deux policiers en service à la Compagnie Républicaine d’Intervention (CRI) de Djarkpanga, Kwami Ernest A. et A-M. Abdoul Charif soupçonnés d’avoir abattu froidement une commerçante avant de s’enfuir avec une somme d’un million de FCFA le 13 mai 2025 , ont été aussi mis aux arrêts. Un acte qui s’apparente à un braquage sordide, perpétré par ceux-là mêmes censés garantir la sécurité de la population. Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux hommes se sont introduits chez la victime et l’ont violemment agressée à l’aide d’un pilon qu’elle utilisait dans sa boutique. Le coup fatal, porté à la nuque, a causé la mort immédiate de la commerçante. Alors qu’ils étaient encore sur les lieux, un jeune du village est arrivé pour acheter une cigarette. Surpris, les deux agresseurs lui ont indiqué que la dame était absente, avant de quitter précipitamment les lieux.
Juste pour les trois derniers mois de 2025, au-delà de l’insécurité, les Togolais vivent la peur dans le ventre.Bien souvent la consommation de la drogue et la recherche de gain facile sont à l’origine de ces crimes crapuleux.

Mais pour certains, cette spirale d’horreurs peut trouver sa source dans les violences politiques au sommet du pays avec des morts gratuits dans la grande impunité. Les dernières découvertes macabres dans la lagune de Bè et du 4ème Lac à Lomé lors des manifestations publiques des 26, 27 et 28 juin 2025 et la banalisation qui s’en est suivi comme d’ordinaire apportent de l’eau au moulin à ceux qui croient que le pouvoir contribue à cette résultante horrible. Il faut des actions fortes pour arrêter l’hémorragie.

Honoré Adontui

Source: LeCorrecteur.tg