Quelle grande honte pour toute la communauté Bassar et particulièrement les soi-disant hauts « cadres »!

Depuis le 10 janvier dernier, les ondes de la Radio Dawul FM 88.7 depuis la commune de Bassar, localité située au Centre-ouest du Togo, ont cessé de rayonner dans le ciel pour le bonheur des fidèles auditeurs. Et pour cause, le personnel de cette légende de radio locale et communautaire a mis en exécution la menace de cessation des activités pour des raisons de cumul de plus de six (06) mois d’arriérés d’émolument. Ici, on ne parlera pas de salaire car l’agent percevrait une allocation forfaitaire d’environ 35 000 FCFA par mois. Les agents de cette radio seraient déclarés à la sécurité, mais les cotisations également n’ont jamais été versées à la CNSS.
Selon le personnel, les arriérés des dix (10) agents se chiffrent à plus de 2 millions FCFA. A en croire les mêmes sources, à ces arriérés de soldes s’ajoutent plusieurs dettes dont les impayés de factures d’électricité pour environ 1 million FCFA, les redevances de l’ART&P qui entre-temps aurait commis un huissier de justice avant de se faire payer une partie de sa créance, le BUTODRA également qui menacerait constamment. On parle aussi de loyer des locaux et plusieurs dettes liées aux factures de réparation du matériel.
Pour l’heure, personne ne parle de reprise, le Conseil d’Administration dirigé par M. Félix Kamba est introuvable au téléphone. Mais selon le Directeur de la radio, le confrère Prosper Tassoun Koumitcha, une assemblée générale extraordinaire de dernière chance des membres planchera sur les problèmes de la radio. Il compte également sur un chèque de 950 000 francs CFA de l’aide de l’État à la presse pour débloquer la situation.
Au-delà de ces initiatives qui s’annoncent éphémères pour la vie d’une radio locale, que font les filles et fils de ce Grand-Bassar pour effacer la grande honte ? C’est très regrettable pour cette radio qui a fortement participé à l’éducation à la citoyenneté dans notre pays et que les rapports de l’Union Européenne avaient citée comme une référence à l’intérieur du Togo. Elle était encore l’une des premières radios à innover la synchronisation avec Kanal FM de Lomé depuis l’an 2009, des débats contradictoires et à les transporter jusque dans les localités sinistrées, là où la dictature des Gnassingbé ne voulait pas. Cette station et la bravoure de son personnel défiaient tous les dangers et portaient très haut la fierté des filles et fils des préfectures de Bassar et Dankpen à travers le monde entier.
Il est évident que pour son positionnement citoyen, cette radio reste la bête à abattre du RPT-UNIR. Et en personne avisée, le confrère Francisco Napo-Koura tirait la sonnette d’alarme dans ses postings sur la toile. Sur le cas de la fermeture de la radio, Francisco nous confiait qu’il s’agissait d’un manquement grave et qu’aucune raison ne devrait conduire à cette situation. Les employés et leur employeur devraient s’entendre sur un minimum. Car la fermeture d’une station radio peut être assimilée à un sabotage, et par ricochet, à une liquidation pure et simple de la liberté d’expression. Et les vraies victimes sont les auditeurs, ces paisibles populations qui ne peuvent pas comprendre la privation.
Toutes les entreprises de presse togolaises vivent le même équilibre instable. Aucune d’entre elles ne dispose d’un modèle économique pouvant lui conférer des ressources suffisantes. Le confrère Napo-Koura, en tant que membre du conseil, pense que la mobilisation de tous et sans orgueil ni exclusion est la véritable porte de sortie. Mais une restructuration profonde et sans état d’âme constitue le socle de toute refondation.
Au niveau de l’échiquier politique, la Radio Dawul a certainement participé à l’émergence des députés Targone et Koupoukpa. Et que dire de Kofi Yamgnane qui, à la limite, se revendiquait presque la paternité de cette station ? Sur combien de radios du territoire togolais, hormis Lomé, le fils de Bangeli se sentait à son aise, si ce n’est pas Dawul ? Quels ont été jusque-là les apports de Yamgnane et ses amis politiques de l’opposition à la radio locale ? Et enfin, où sont les fils de Bassar ? Et cette multitude de cadres militaires et civils ?
Il est aussi important d’en appeler aux confrères des radios de l’intérieur, de ne pas attendre les moments fatals pour livrer leur quotidien sur la place publique. La solidarité nous interpelle tous à soutenir le réveil de la Radio Dawul de Bassar.
Affaire suivre.
Source : [20/01/2016] Z. Agb., Liberté





















