
La semaine passée nous avions informé sur la famille d’origine togolaise, forte de huit personnes, arrivée en Allemagne en 2020 avec des passeports allemands, dûment établis par l’ambassade à Lomé. Mais en mars 2021 la nationalité allemande leur est retirée et une attestation provisoire, synonyme d’une entrée illégale dans le pays, leur est délivrée. Nous avions également expliqué comment les déboires de la famille Liebl d’aujourd’hui remontent à l’ère coloniale allemande au Togo qui s’étala de 1884 jusqu’au début de la première guerre mondiale, en 1914. L’arrière grand-mère de la famille se maria à un colon allemand, fonctionnaire en 1908. C’est à la base de cette liaison, d’il y a plus d’un siècle, que les arrière petits-fils et petites-filles profitèrent pour devenir allemands et se faire établir des passeports.
Mais un an après leur arrivée en Allemagne les autorités ont estimé que le mariage célébré il y a 118 ans entre les arrière -grands parents, l’avait été sur des bases traditionnelles, et que la présence d’un agent de l’état civil aurait été nécessaire; ce qui ne fut pas le cas. C’est pourquoi, selon toujours les autorités allemandes du service des étrangers, le mariage ne serait pas valable selon le droit allemand actuel et que les générations suivantes ne pourraient donc pas profiter de la nationalité de leur grand-père qui était médecin dans la colonie allemande “Togo” d’alors. Selon toujours le service des étrangers de la ville de Siegen, les passeports auraient été délivrés à la famille à Lomé par ignorance et à la base de fausses déclarations de la part des demandeurs. Et c’est pourquoi les documents, passeports et cartes d’identité, leur furent retirés en mars 2021. N’étant donc plus allemands et considérés comme des étrangers illégalement entrés sur le territoire, ils étaient menacés d’être envoyés dans un centre d’acceuil pour demandeurs d’asile à Karlsruhe.
Les huit membres de la famille Liebl peuvent aujourd’hui pousser un ouf de soulagement. Selon leurs avocats, la pression publique, de la part de la presse et de la société civile, a obligé les autorités politiques à réagir positivement, en leur accordant une autorisation provisoire de séjour (Duldung), et peuvent désormais rester légalement à Siegen. Les trois femmes adultes de la famille devraient également obtenir un permis de travail. Monsieur Klaus Stanek du bureau de l’avocat Nierenz explique: « Tout n’est pas encore terminé. Le (Duldung) autorisation provisoire de séjour n’est pas encore un titre de séjour en bonne et due forme. Notre but, c’est d’obtenir pour la famille un statut sûr en Allemagne, et plus tard la naturalisation. »
Source: Westdeutscher Rundfunk (WDR), 26 juin 2026
Samari Tchadjobo
























