Le chancelier allemand Friedrich Merz réagit en prononçant une déclaration après l'annonce des sondages de sortie des élections régionales de Berlin et Mecklembourg en Poméranie occidentale | Photo: Reuters. En mortaise, le premier ministère Togolais Faure Gnassingbé | Infog: 27avril.com
Le chancelier allemand Friedrich Merz réagit en prononçant une déclaration après l’annonce des sondages de sortie des élections régionales de Berlin et Mecklembourg en Poméranie occidentale | Photo: Reuters. En mortaise, le premier ministère Togolais Faure Gnassingbé | Infog: 27avril.com

«La démocratie est avant tout un rempart contre la tentation de l’uniformité et de la pensée unique. La démocratie est un chantier. Elle est un effort. Elle est une construction patiente, exigeante, qui ne dépend jamais d’un seul homme, ni d’un seul parti, ni d’un seul destin.» (Maurice Kamto, Universitaire et homme politique camerounais)

Depuis que Faure Gnassingbé a décidé unilatéralement, en 2024, de changer la constitution togolaise à sa guise et à son avantage, en faisant du régime politique togolais un régime parlementaire, et en se proclamant chef du gouvernement (Président du Conseil), les Togolais ont désormais un système politique comme celui de l’Allemagne, où le chef de l’exécutif est le chancelier, comme en Grande-Bretagne où nous avons affaire à un premier ministre, ou encore comme en Italie, où justement la formule «président du conseil» a cours, pour désigner le chef du gouvernement. Mais si on veut être plus sérieux en allant au fond des choses pour analyser dans les détails, nous n’aurions plus d’arguments pour continuer notre comparaison ; le système politique, à la togolaise, ou plutôt, à la Gnassingbé, sorti justement par Faure Gnassingbé, de son chapeau de magicien, pour ne jamais quitter le pouvoir, étant unique, n’ayant absolument rien à voir avec une quelconque démocratie parlementaire.

Et en prenant ici l’exemple de ce qui se passe actuellement en Allemagne, traduisant le fonctionnement d’une démocratie, où le chancelier est comptable devant le parlement et le peuple, où la presse et l’opinion publique ne lui font pas de cadeau, nous sommes très loin de l’idée qui consisterait à comparer le pays de Goethe au Togo ; ce serait comparer le jour et la nuit. Notre intention ici est de pointer du doigt ce qui se passe de politiquement inacceptable chez nous avec des citoyens qui ont eu la chance, à un moment donné de l’histoire du pays, de se retrouver devant des responsabilités qu’ils devraient prendre au sérieux pour le bien de tous, mais ne le font pas. Nous voulons relever cette méchanceté et surtout cette stupidité humaine qui ont cours un peu partout en Afrique, et surtout au Togo, le pays qui nous intéresse le plus, parce que c’est le nôtre, qui enfoncent les populations de plus en plus dans les tréfonds de l’ignorance et de la misère. Nous voulons insister sur le fait que s’il y avait une bonne volonté et surtout de l’amour pour le peuple pour lequel ils sont supposés être là, les hommes politiques togolais, aujourd’hui au sommet de l’état, ne seraient pas des prédateurs pour leurs concitoyens. Mais justement c’est parce que ces valeurs constituent une denrée rare dans le cœur de Faure Gnassingbé et de tout son entourage immédiat, civil comme militaire, qu’ils sont en train de détruire le pays, au lieu de le construire, comme ça se passe ailleurs, pas très loin de chez nous.

C’est pourquoi, pour le moment, pour le plus grand malheur des Togolais, la tragi-comédie politique mise en place pour faire croire que nous vivons dans un pays normal, sous un système politique normal, continue. Notre papy Savi De Tové joue bien le rôle pour lequel il est placé là, et ça ne semble pas le gêner outre-mesure; ni lui, ni ceux qui ont décidé de faire de lui le président-marionnette qui n’a même pas de chrysanthèmes à inaugurer. Car, tous savent qu’il n’est là que pour des avantages financiers, pour que quelqu’un trouve un alibi pour ne pas quitter le pouvoir malgré son impopularité. Pendant ce temps, pendant que son « collègue, chef du gouvernement » togolais fait voir de toutes les couleurs à ses compatriotes, le chancelier Friedrich Merz, dans un système parlementaire qui mérite bien son nom, a actuellement chaud. En effet, après la débâcle électorale dans le Land de Saxe-Anhalt avec la montée du parti de l’extrême-droite AfD (Alternative für Deutschland), le chancelier et chef du parti CDU est affaibli et son avenir en tant que chef de gouvernement reste incertain. Et les élections régionales de ce dimanche 20 septembre 2026, à Mecklenburg-Vorpommern (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) et à Berlin ont confirmé la percée de l’AfD. Ce qui n’est pas de nature à améliorer l’humeur de Friedrich Merz dont la popularité, selon plusieurs instituts de sondage, est très faible auprès de l’opinion, comme jamais aucun autre chancelier avant lui.

On voit clairement que les hommes politiques allemands, surtout les responsables au sommet de l’état, comme le chancelier, comme d’ailleurs dans toute démocratie qui se respecte, doivent se battre et travailler ardemment pour mériter leur place. Ils ne sont pas là pour la galerie, pour s’enrichir, pendant que le peuple méprisé et persécuté, tire le diable par la queue. Non, ici le pouvoir politique ne sert pas de tremplin pour devenir milliardaire avec l’argent de tout le monde, comme c’est le cas au Togo, avec Faure Gnassingbé qui a hérité du pouvoir de son père, comme s’il s’agissait d’un bien familial. Ce qui se passe aujourd’hui chez nous avec tous ces prédateurs aux manettes, véritables ennemis du peuple, pourrait être comparé à une comédie de mauvais goût, si le destin de millions de Togolais n’était pas en jeu. Nous pouvons affirmer qu’avec la prétendue 5è république impopulaire, Faure Gnassingbé a trahi la vraie république, en se créant la sienne, propre à lui, selon ses intérêts personnels et ceux du clan politique qui le soutient ; alors que personne, quel qu’il soit, n’a le droit de fouler impunément aux pieds le caractère sacré de ce précieux bien qui appartient à tous les Togolais, qu’on désigne par Pays ou République. Et la trahison de la République est allée encore plus loin avec l’émasculation pure et simple de ce corps spécial, équipé, nourri et logé par le contribuable, qu’on appelle l’armée, supposée intervenir pour secourir les peuples en détresse ; une armée, qui n’est plus aujourd’hui au Togo que l’ombre d’elle-même. Quel gâchis et surtout quel déshonneur !

Samari Tchadjobo
Allemagne

Samari Tchadjobo
Samari Tchadjobo | Photo: S.T