
Le géant israélien de l’espionnage en ligne refait surface sous une nouvelle cape. Le pegasus, logiciel espion ayant fait d’énorme victimes, conduisant même à la mort en Europe ou en Afrique, malgré les sanctions infligées au concepteur, risque encore de mettre à mal les libertés fondamentales.
Bientôt 5 ans que le scandale Pegasus fut révélé aux yeux du monde entier. L’enquête menée par plusieurs journalistes du consortium d’investigation réunis autour du Forbidden Stories et le Sécurité Lab d’Amnesty International avait révélé que près de 80.000 numéros de téléphone ont été potentiellement ciblés par le logiciel.
Au Togo des journalistes à l’instar de Ferdinand Ayité, des défenseurs des droits humains, hommes politiques, des barons du régime et même des agents dans l’armée n’y ont pas échappés.
Le logiciel, aisé à installer mais impossible à détecter sur tout appareil électronique, prend le contrôle de toutes les fonctionnalités du portable ou l’ordinateur ciblé : mails, messages, photos, contact, localisation, etc. Une fois installée, il parvient à prendre les rênes instantanément de la caméra et du micro.
Le scandale, une fois dénoncé, n’était pas sans dommage pour la Firme israélienne. Au-delà de la pression internationale, des organisations de défenses des droits de l’homme, plusieurs sanctions prises à son encontre l’ont sans doute fragilisées : Black-listée par le département américain du commerce, l’entreprise était sommée de payer 4 millions d’euros à Méta Revue.
Mais NSO Group, revient sur le marché numérique sous une nouvelle dénomination “Bold Analytics”. Sauf que derrière cette nouvelle image, les anciens démons n’ont pas bougé d’un iota.
En effet, le nouveau patron de la nouvelle entreprise “Bold Analytics”, créé en novembre dernier, n’a fait que ramener les anciens cadres du NSO Group. En l’occurrence, 19 sur 25 employés ont été recrutés pour constituer la jeune start-up, selon Online Intelligence.
Piloté par Schlomi Fogel, milliardaire dans l’immobilier et proche du premier ministre israélien, « Bol Analytics » marche dans les pas de son prédécesseur tout en arborant officiellement l’analyse de données de masse comme spécialité de la nouvelle start-up.
Cependant, depuis deux ans, la nouvelle société propose et vend des logiciels de surveillance au nom de “Robin” et “Tucan” aux régimes africains comme le Sénégal, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la RDC.
Le Togo n’étant pas du reste, Faure Gnassingbé dont la sécurité était en grande partie assurée par des groupes israéliens vient de conclure un énième accord avec une société israélienne “Mer Group” basée à Tel-Aviv pour la formation des services de renseignements et la fourniture de solutions de cybersécurité.
Le régime togolais, au mépris du respect des droits humains et préoccupé uniquement par la conservation du pouvoir, continue de s’offrir, à coût des plusieurs millions d’euros ces technologies de surveillance de masse dont la seule mission demeure l’invasion de la vie privée.
Kokou Mawupédzro
Source: Lalternative.info























