
Le monde célèbre en ce mois de mars les droits de la femme pour la 49eme fois. Considéré comme une fête, une occasion pour offrir des présents à la gent féminine, le vrai combat, tirant son origine des luttes ouvrières du XXème siècle en Amérique du Nord et en Europe, sans ignorer les bases posées par la plus ancienne des chartes au monde, la charte de Kurukanfuga, se trouve ailleurs, loin de toute distraction fantaisiste. D’ailleurs, le thème choisi pour cette année « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles » vient mettre en lumière les batailles de ces femmes au Togo, qui refusent de ployer le genou devant l’injustice que vit le peuple togolais. Ces femmes tracent la voie pour un Togo meilleur pour les générations à venir
La lutte pour le changement au Togo ne saurait devenir ce qu’elle représente aujourd’hui sans la participation active d’acteurs de tout genre. Au travers diverses dynamiques prises par la lutte, il en est de ces têtes féminines qui ont su faire de leur voix, celle du peuple et ce, advienne que pourra.
Là où leurs consœurs, au gouvernement, confinés dans des palais somptueux et menant la vie luxueuse au détriment des souffrances des populations, où d’autres parmi elles écartent les jambes à tout va, les vaillantes combattantes n’ont cessé d’élever leur voix devant l’arbitraire, le non-respect des libertés fondamentales et la gestion catastrophique des deniers publics.
A côté des discours de fanfaronnade qu’ont tenu hier 8 mars ceux qui ont pris en otage les Togolais, l’opinion nationale et internationale sait que le régime en place n’a jamais eu de considération pour la femme qu’il maltraite depuis des décennies.
Mme Amavi Katanga, celle qui a répondu à l’appel aux manifestations publiques pacifique du 06 juin 2024 et ses multiples prises de positions sur les réseaux sociaux s’est fait arrêter par la gendarmerie, tabassée, emprisonnée et subi des traitements inhumain et dégradants par des agents de sécurité, hommes et femmes confondus.
Elle a également subi des attouchements de la part de ses bourreaux qui se sont acharnés sur elle lors de sa détention.
Libérée sous contrôle judiciaire, Mme Katanga continue sa lutte contre l’injustice, participant à des panels. Bien qu’elle traine avec cette douleur physique et psychologique, elle a décidé de parler aux Togolais, d’éveiller les consciences sur le danger vers lequel le régime de Faure Gnassingbé conduit le Togo.
Mme Dora Dougbedji, arrêté avec son enfant de 4 mois, puis séparé de ce dernier avant d’être déférée à la prison civile de Lomé pour avoir distribué de l’eau et vivres aux manifestants.
Menaces psychologique, traitements inhumains et dégradants ont été son partage au cours de sa détention, sans ignorer le traumatisme de l’abandon de sa progéniture allaité exclusivement.
Il fallait lui amener son bébé en prison pour être allaité. Alors que cette dame n’avait commis aucun crime.
Mme Grâce Bikoyi Koumayi, sage-femme d’Etat, son appel à la mobilisation du peuple pour réclamer un « Togo juste, vivant et viable » lui ont coûté des violences sexuelles de la part de ses bourreaux lors de sa détention, des traitements inhumains et dégradants.
Brave et tenace, sa détention à la prison civile, loin de l’écraser, l’ont plutôt galvanisé dans ses prises de positions. Très malade en prison et depuis sa sortie, elle n’a pas pris de repos et continue de montrer à tous ce qu’est sa vision du Togo de demain sans le clan Gnassingbé au pouvoir depuis bientôt 60 ans.
Ses lives et vidéos sur les réseaux se suivent, rappelant les injustices qu’elle a subi lors de sa détention. Pour elle, aucun de ces traitements inhumains et dégradants subis ne l’arrêtera dans la lutte qu’elle mène pour un Togo meilleur.
« Le Togo de demain, pas sans nous », a-t-elle l’habitude de dire avec un beau sourire qu’on lui connaît, malgré ses douleurs.
Mme Essossimna Marguerite Gnakadé, cadre de banque et ancienne ministre des Armées, reste à ce jour, prisonnière, séquestrée dans une résidence privée du pouvoir en place malgré sa santé si fragile et son âge avancé…
Ses tribunes et analyses poignantes sur les nombreux échecs de Faure Gnassingbé à qui elle fait des enfants, a provoqué un déclic chez des Togolais avisés.
Elle y dénonce la gestion calamiteuse des finances publiques et l’incapacité à gouverner quelles que soient les ressources mises à la disposition de celui qui a finalement toiletté la Constitution après 20 ans de gouvernance désastreuse, pour se faire appeler aujourd’hui président du conseil des ministres.
Cette prise de position lui coûte sa liberté, la saisie de ses biens et la dispersion de sa famille.
Ces femmes malgré tout ce à quoi elles tiennent, n’ont pas hésité à mettre leur vie en danger pour dénoncer, avec leurs moyens, les maux qui ruinent et portent à atteinte à l’intégrité des populations.
Un signe qui, encore une fois, confirme l’adage selon laquelle une femme qui a une voix, est une femme forte. Des exemples à suivre pour les générations présentes et futures mais aussi des porteuses du flambeau de la liberté.
Koffi Sedinam
Source: Lalternative.info























