
L’administration Mahama, qui a fait de la lutte contre les détournements de deniers publics l’une de ses priorités, a enregistrée une avancée majeure avec l’extradition vers le Ghana ce 9 juin de Sedina Tamakloe Attionu par les autorités américaines. Ancienne directrice générale de la MASLOC, elle devra purger une peine de dix ans de prison avec travaux forcés pour vol, détournements de fonds et autres infractions financières
Sedina Tamakloe Attionu en fuite depuis février 2024, est accusée, jugée et condamnée par contumace pour 78 chefs d’accusation, dont le vol et des pertes financières estimées à plus de 6 millions de dollars de fonds publics ghanéens. Elle a fui le Ghana avant le verdict de ce jugement en 2024.
Le destin de l’ancienne directrice générale de la Microfinance and small loans centre (MASLOC) a basculé le 6 janvier 2026 lorsque les Marshals américains l’ont arrêtée dans le Nevada à la suite d’une demande d’extradition officielle formulée par le gouvernement ghanéen. Après plusieurs mois de procédures judiciaires et administratives aux États-Unis, son transfert vers le Ghana a été approuvé puis officialisé en juin 2026 afin qu’elle y purge sa peine.
A l’aéroport international d’Accra, où elle est arrivée le mardi 9 juin à bord du vol UA 996 de United Airlines, des sources proches du dossier ont confirmé qu’elle a été prise en charge par les forces de sécurité et placée en détention. Elle fait l’objet d’un interrogatoire et d’examens médicaux, conformément à la procédure en vigueur, avant son transfert vers un établissement pénitentiaire pour y purger sa peine.
Son retour au Ghana fait suite à une longue procédure d’extradition engagée par le gouvernement ghanéen après son absence au pays à la suite d’un voyage médical aux États-Unis. En 2024, la Cour d’Accra a estimé que les agissements de Sedina durant son mandat de directrice générale de MASLOC, entre 2013 et 2016, avaient causé un préjudice financier de près de 90 millions de cedis ghanéens pour l’État, soit 6 millions de dollars.
Cette condamnation faisait suite à une longue bataille juridique portant sur des allégations de détournement de fonds et de malversations de ressources publiques durant sa gestion de l’institution de microfinance financée par le gouvernement.
Sedina Attionu avait initialement obtenu l’autorisation de la Haute Cour en 2021 de se rendre aux États-Unis pour y recevoir des soins médicaux pendant le déroulement de son procès. Cependant, elle n’est pas retournée au Ghana pour poursuivre sa participation aux audiences, mais le tribunal à poursuivre le procès en son absence.
A la suite de sa condamnation, les autorités ghanéennes ont intensifié leurs efforts pour obtenir son retour. En 2025, le gouvernement du Ghana a officiellement demandé son extradition des États-Unis.
La demande a ensuite été examinée par un tribunal de district américain siégeant dans l’État du Nevada. Après avoir étudié la requête ainsi que les pièces justificatives fournies par les autorités ghanéennes, la juridiction américaine a validé l’extradition, ouvrant ainsi la voie au retour de la personne concernée au Ghana où elle devra répondre de ses actes.
Son arrivée marque une étape importante dans l’une des affaires de corruption les plus médiatisées du Ghana impliquant un ancien haut responsable de l’Etat.
Les autorités doivent encore finaliser les formalités administratives, sécuritaire et médicales nécessaires avant son transfert sous la garde du Service pénitentiaire du Ghana, où elle commencera à purger sa peine de 10 ans de détention prononcée par la Haute Cour d’Accra.
Aucune information n’a pour l’instant été communiquée sur d’éventuelles procédures supplémentaires. Toutefois, son extradition et son incarcération devraient clore un dossier qui a occupé l’actualité judiciaire ghanéenne pendant plusieurs années.
Pour de nombreux observateurs, cette extradition constitue une avancée majeure dans la lutte contre la corruption. Elle est également perçue comme un succès de la coopération judiciaire entre le Ghana et les Etats-Unis dans l’exécution des décisions de justice.
L’affaire Sedina Attionu est peut-être close, mais pour les autorités ghanéennes, la traque ne s’arrête pas là. Un autre nom reste dans le viseur, celui de l’ancien ministre des Finances Ken Ofori-Atta, dont l’extradition est désormais très attendue.
Cidi B.
Source: Lalternative.info






















