
Le bilan est désormais officiel. Les fortes pluies qui se sont abattues sur le Grand Lomé les 29 et 30 juin derniers ont laissé derrière elles un paysage de désolation et des besoins humanitaires colossaux. Évalués à 304,86 millions de FCFA, ceux-ci concernent des milliers de familles qui ont tout perdu.
Les données présentées par l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) sont sans appel : ce sont 6 429 ménages, soit près de 23 747 personnes, qui ont été touchés dans 13 communes du Grand Lomé, avec le district d’Agoè comme épicentre.
Le bilan humain est lourd avec cinq décès et 37 blessés, des infrastructures qui se sont effondrées : 683 pièces d’habitation détruites et 390 toitures arrachées. Des écoles et des églises ont également été endommagées, perturbant la vie sociale, l’éducation et les activités communautaires essentielles.
Rapporté aux sinistrés, le montant de l’assistance représente environ 47 000 FCFA par ménage, une somme qui souligne l’écart béant entre les ressources mobilisables et les besoins réels pour une reconstruction durable.
Selon les informations, le gouvernement avait déjà mis en place un mécanisme national de réponse aux catastrophes et consacre des budgets importants, comme le 1,42 milliard FCFA prévu pour 2025, puis 304,86 millions de FCFA cette année en faveur des sinistrés.
Il faut le préciser, le gouvernement se prête à cet exercice chaque année alors que le vrai problème est ailleurs. Au-delà de l’urgence, c’est la question de la vulnérabilité chronique des populations qui est posée. Une situation pour laquelle l’on s’interroge directement sur les politiques de prévention, le drainage urbain, l’occupation des zones inondables et l’aménagement du territoire.
L’absence de solutions durables expose les populations à un cycle infernal de précarité, où la perte du toit n’est que le premier d’une série de fléaux sociaux, comme la prostitution ou le vol, qui guettent les plus vulnérables quand on part déjà d’un constat notoire : le Togolais ne mange pas à sa faim.
Comme chaque année, ces sinistrés sont de plus en plus exposés, livrés à eux-mêmes, ils titubent sous le poids d’un fardeau qu’ils n’ont pas forcement demandé à porter.
Source: Lalternative.info























