
Les prisons au Togo sont des enfers. La surpopulation carcérale est suffocante. La situation à la prison civile de Lomé est la plus dramatique. A la date du 1er mars 2025, ce centre pénitentiaire comptait 2 448 détenus, soit une surpopulation de 368 %, selon le Collectif des Associations de lutte contre l’Impunité au Togo (CACIT). Une prison qui a une capacité d’accueil de 600 pensionnaires, en héberge jusqu’à plus de 2.000, c’est inhumain. Le bâtiment des femmes est moins surpeuplé, avec un peu plus de 100 personnes pour 80 places d’après les données de mars 2025.
Une cellule d’environ 6 mètres sur 4,5 mètres loge jusqu’à 70 détenus. Pendant la période de « nuit », qui débute à 17 heures et se termine à 6 heures, les prisonniers se relaient pour dormir : certains allongés, d’autres debout. A vrai dire, ce n’est pas un lieu correctionnel mais un vrai mouroir
Le taux moyen de surpopulation dans les prisons togolaises est de 222 % selon le (CACIT). Inconcevable à ce 21ème siècle avancé.
La principale raison de cette situation demeure la détention préventive excessive avec pour corolaire perte d’emploi, éclatement familial, traumatismes psychologiques et ce, pour une personne qui sera parfois acquittée à la fin de la procédure. Pour faire face à ces anomalies, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a engagé un dialogue avec les acteurs de la chaîne judiciaire, magistrats, officiers de police et personnels pénitentiaires, pour lutter contre le recours abusif à la détention préventive. Ce n’est pas trop tôt. Il faut mettre la justice togolaise face à ses responsabilités. Pour un oui un non, des gens sont innocemment jetés en prison.
La déshumanisation de la prison au Togo a assez fait de victimes. Ailleurs, il n’est pas exagéré de parler de crime contre l’humanité. Ils sont des centaines de concitoyens à perdre leur vie du fait des conditions exécrables de détention. La CNDH doit faire davantage pour sauver des milliers de vie en détresse.
Honoré Adontui
Source: LeCorrecteur.tg























