Les visages de l'imposture au Togo: le défunt père Eyadema Gnassingbé et l'incapable fils Essozimna Gnassingbé | Infog: 27avril.com
Les visages de l’imposture au Togo: le défunt père Eyadema Gnassingbé et l’incapable fils Essozimna Gnassingbé | Infog: 27avril.com

« Lorsque le président de la République a accédé au pouvoir au Togo, en 2005, il a hérité d’un pays socialement délabré, économiquement exsangue et politiquement divisé ». Christian Trimua

En février 2020 le journal «Liberté», sous la plume de Tino Kossi, n’avait pas hésité à titrer: «Togo, zèle politique: Trimua confirme le bilan chaotique de …Gnassingbé Éyadéma», ou encore: «Trimua noie Éyadéma». Et le tri-hebdomadaire togolais de poursuivre: Le réel intérêt de l’intervention de Christian Trimua sur les ondes de RFI est qu’il aura au moins confirmé une chose, le bilan chaotique des trente-huit (38) ans de règne du papa de leur « Messi ». Ceci dit, Monsieur Trimua, poussé par le zèle, a déjà relevé le caractère ridicule de l’initiative qui a consisté à célébrer le 20 e anniversaire de la mort de Gnassingbé Éyadéma qui, semblerait-il, aurait été l’éminent homme d’état qui aurait porté des valeurs sa vie durant, comme la réconciliation, l’unité nationale, la paix, la sécurité, le dialogue et la solidarité.

Un communiqué du 4 juillet 2026, signé par Monsieur Hodabalo Awaté, ministre de l’administration territoriale, appelait à marquer l’apothéose des hommages par une cérémonie prévue pour le 10 juillet 2026 à Kara. Mais entre-temps, un autre communiqué, signé le 7 juillet du même ministre, annonce le report des cérémonies prévues à Kara à une date ultérieure. Indépendamment des raisons du report ou de l’annulation des problématiques hommages, il ne peut pas y avoir pire insulte et pire humiliation du peuple togolais que cette façon délibérée de continuer à fêter la mémoire d’un homme qui avait librement choisi de réserver à ses concitoyens un sort aussi peu enviable avant de disparaître dans la trappe de l’histoire. Éyadéma Gnassingbé, nous l’avons à plusieurs reprises relevé, comparé au Béninois Mathieu Kérékou, est la négation de l’honneur, de la dignité et de la vie humaine tout court. Pendant que Kérékou s’excusa auprès de son peuple des exactions de toutes sortes pendant ses années de dictature et laissa faire la démocratie dans son pays, au même moment presque, Éyadéma décréta la stratégie de la terreur, lâcha ses tueurs aux trousses des opposants togolais aux mains nues et décida que la démocratie ne devrait pas s’installer au Togo.

Presque quatre décennies après, après que son fils Faure Gnassingbé a accepté entre-temps de prendre le témoin dans le sang, et d’exécuter à la lettre le maléfique testament de son géniteur, les déboires du peuple togolais sont tels qu’il est aujourd’hui difficile d’espérer voir le bout du tunnel. Comment peut-on être si méchant contre son peuple en s’entêtant à continuer à pratiquer une telle fuite en avant, pendant que les grands problèmes politiques du pays attendent d’être abordés et résolus? Pendant que Faure Gnassingbé et son régime sont mis à nu par l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO quant au changement anticonstitutionnel du régime politique, on continue à nous servir et à mettre en pratique cette méprisante formule, le chien aboie, la caravane passe. Ce comportement irresponsable est d’autant plus révoltant que notre pays constitue aujourd’hui un îlot de la politique hors-la-loi, de terreur, de déni de démocratie, dans un environnement dont les gouvernances politiques sont plus axées sur le respect de la vie de leurs concitoyens et de leur bien-être. Faure Gnassingbé ne peut pas continuer, comme l’a fait son père, à s’arroger hypocritement et malhonnêtement des valeurs humaines dont il est très éloigné, comme l’amour de la paix, de la vie humaine, de la liberté; en se disant médiateur dans des conflits chez les autres, alors qu’il est le principal obstacle d’une normalisation politique au Togo.

Aujourd’hui, les Togolais et leur opposition, confirmés par la CEDEAO dans leurs dénonciations du caractère illégal du maintien de Faure Gnassingbé au pouvoir, renforcés dans leurs revendications pour un chamboulement total des institutions anti-peuple, pour faire naître la vraie république, celle de tous les Togolais, sont prêts à l’union et à l’assaut final, pour sortir les sortants, comme dirait l’autre. Faure Gnassingbé peut-il mettre de l’eau dans son vin pour enfin se rendre à l’évidence que le pouvoir pour le pouvoir n’a pas d’avenir, et que tôt ou tard, la fin est inéluctable? Quelle que soit la force ou la fidélité d’une armée, aussi clanique ou partisane soit-elle, la force et la volonté d’un peuple finiront toujours par avoir le dernier mot. C’est pourquoi, continuer à pratiquer la fuite en avant, manquer de courage politique et surtout d’amour pour son peuple, pour éviter de résoudre les vrais problèmes du pays, en privilégiant des évènements farfelus et surtout inutilement budgétivores, comme l’hommage à la mémoire du prétendu homme de la paix que fut son géniteur de dictateur, Gnassingbé Éyadéma, est à la longue contre-productif.

Avec ce deuxième communiqué du 7 juillet 2026 qui reporte les cérémonies d’hommages au défunt Éyadéma Gnassingbé, initialement prévues pour le 10 juillet à Kara, doit-on espérer qu’une lueur de sagesse se soit manifestée dans les environs du pouvoir usurpé autour de Faure Gnassingbé, et qu’il s’agissait en réalité d’une annulation pure et simple déguisée en report? Car, il n’est jamais trop tard pour reconnaître ses fautes et revenir sur le bon chemin, dit-on. À propos bon chemin, Faure Gnassingbé va-t-il enfin se comporter en homme d’état qui se respecte et respecte son peuple, en laissant de côté des commémorations inopportunes qui divisent, pour prendre en compte l’arrêt de la cour de justice de l’organisation sous-régionale, et écouter son opposition, pour que tous ensemble, les Togolais puissent faire de leur pays une nation respectée et respectable, comme c’est le cas dans notre voisinage immédiat? (Das ist die Frage!), comme diraient les Allemands.

Samari Tchadjobo
Allemagne

Samari Tchadjobo
Samari Tchadjobo | Photo: S.T