Par décret présidentiel signé par le Chef de l’Etat togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, Ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otèth Ayassor a été injecté du gouvernement Sélom Komi Klassou et remplacé par Sani Yaya précédemment ministre délégué auprès du ministère de la Planification et du Budget.

Le communiqué de la présidence de la République n’a pas donné de détails sur les raisons de cette injection du gouvernement de celui que beaucoup qualifie du « tout puissant » du régime de Faure Gnassingbé. Un homme de confiance hors pair avec qui Faure Gnanssingbé et sa bande se sont enrichis de façon inimaginable dans l’intervalle de 11 années de gestion du Togo.
L’ex-ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances du Togo, Ayassor a fait son entrée au gouvernement en 2006 à la suite du limogeage de son prédécesseur Payadowa Boukpéssi pour faite grave commise argumentaient les propres du pouvoir sans que le communiqué de la présidence ne le dit nommément. Après des années passées dans l’antichambre de Faure Gnassingbé, Payadowa Boukpéssi est revenu aux affaires après son rôle joué à la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) lors de la dernière présidentielle de 2015.Comme à la accoutumée, les crimes commis au Togo sont toujours impunis. Ce dernier est remercié pour service rendu et est nommé ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales.
C’est dans les mêmes conditions que le ministre Payadowa Boukpéssi a été éjecté de ce poste à l’époque et remplacé par le « Tout puissant » ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otèth Ayassor qui venait d’être limogé hier sans que Faure Gnassingbé ne justifie sa décision au peuple qu’il prétend diriger. Pour bon nombre d’observateurs, Faure Gnassingbé fait toujours son malin en pensant que le peuple est dupe et il faut lui servir du n’importe quoi.
En réalité si certains courants saluent le courage du prince en posant cet acte, il n’en demeure pas moins de relever que l’ex- ministre Ayassor a défrayé la chronique ces derniers temps eu égard aux multiples actes qu’il a posés à la tête de son département ministériel.
L’homme est cité dans les malversations financières jamais égalées et les dossiers sulfureux. Et ceci en complicité avec ceux qui l’ont mis à ce poste. On se rappelle qu’en 2010, le Togo a atteint le point d’achèvement des pays très endettés sur la planète(PPTE). Ce point d’achèvement a valu l’annulation de la dette extérieur du Togo par les grandes puissances mondiales. Mais aujourd’hui, la dette extérieure du Togo dans l’intervalle de ces six dernières années dépasse l’entendement humain.
Les retrocommissions gagnées sur les différents marchés sont à l’actif du tout puissant ministre. De même, le ministre Ayassor est accusé d’avoir instauré le système de prime de signature sur les projets à différents niveaux à hauteur de un milliard de FCFA perçu par projet par fois. Ce qui lui a valu une influence démesurée au point qu’il n’a plus d’égard à qui que ce soit dans l’équipe gouvernementale. L’ex-premier ministre Gilbert Houngbo en sait quelque chose.
L’ascendance d’Ayassor lui tombait sur les nerfs au point qu’il s’est même permis d’acquérir un véhicule blindé au coût de 150 millions de francs Cfa au moment où les populations tirent le diable par la queue et ne trouvent même pas de l’eau potable à consommer. Aussi, les investigations de certains médias papiers révèlent qu’il aussi acheté au nom de son fils, une maison à Paris 16ème dans la capitale française à hauteurs de centaines de millions de francs CFA.
En 2011, les Indiens de la société WACEM ont confirmé le préfinancement des travaux de construction de la voie Tsévié –Tabligbo à Coût de trois milliards que monsieur Noupokou Damipi et Adji Otèth Ayassor ont reçu sur la demande de ce dernier. Ces fonds qu’on dit encaisser dans les compte du trésor public avaient, par magie, disparu des caisses de l’État. Le nom de l’ex-ministre Ayassor a été nommément cité pour avoir été au centre de cette disparition des sous. Chose curieuse, il n’avait jamais été inquiété. On apprenait plus tard avec la dénonciation de la presse privée togolaise que deux des trois milliards seraient reversés.
Le même monsieur Ayassor a été cité dans une autre affaire de retro commission de la voie de construction Lomé-Vogan-Anfoin. L’exécution de ces travaux a été confiée à l’entreprise CECO-BTP. On apprendra plus tard que les ministres des travaux publics et des transports, Ninsao Gnofam et Ayassor ont perçu la retro-commission à hauteur de 10 milliards. Ce qui a bloqué l’avancé des travaux qui devraient être livré depuis juin 2015. Pour justifier la forfaiture, le ministre Ninsao Gnofam laissait entendre devant les élus du peuple au Parlement que les financements accordés à l’entreprise lui ont servi d’acheter les matériels d’exécution des travaux. Et cette déclaration de ce ministre n’a pas eu de conséquence. Faure Gnassingbé laisse faire.
Aujourd’hui,ce n’est pas une telle décision qui fera blanchir Faure Gnassingbé de ses manœuvres vis-à-vis de la gestion chaotique du pays. Avec les réformes de l’Office Togolais des Recettes, bon nombre d’observateurs économiques ont condamné ce projet d’Ayassor qui a fait fuir les opérateurs économiques mettant des déclarants en douane et transitaires dans des situations difficiles. Les réformes Ayassor n’ont rien apporté de bien si ce n’est cette minorité qui pille le pays avec la complicité de leur mentor Faure Gnassingbé.
Comme on peut le constater, le cas Ayassor dépasse les entendements dans un pays normal. Les dernières révélations faites par les journalistes d’investigations sur le dossier Panama Papers ne laisse pas le cas Ayassor qui a cautionné l’évasion fiscal et la sortie de flux économique par étrangers au Togo, notamment les Indiens dans la zone franche et à WACEM concernés par ce dossier avec la complicité de certaines autorités togolaises avec à leur tête le Premier ministre Sélom Komi Klassou.
Faure Gnassingbé doit expliquer au peuple les raisons de l’éjection de son bras droit Ayassor du gouvernement. Et au-delà, la démission de son gouvernement qui a suffisamment montré ses limites avec l’incapacité des hommes et femmes qui animent son action gouvernementale. Et par ricochet, la fin d’un système politique de gouvernance sans issue. Adji Otèth Ayassor limogé,une goûte d’eau dans la mer. Il reviendra comme ce fut le cas pour les autres qui ont pillé sans inquiéter.
Source : Togovisions
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