4. Selon Macron, L’Armée Française Complètera La Force Anti-Putsch De La Cedeao
De son côté, Emmanuel Macron a confirmé son implication dans la mise en place d’une force anti-putsch de la CEDEAO lorsqu’il assène : « c’est un instrument extrêmement efficace pour lutter contre les déstabilisations qu’on a vues fléchir dans la région où des groupes militaires ont exploité, parfois, l’affaiblissement de l’État pour prendre le pouvoir. Voilà ce qui est attendu de la CEDEAO ». Et d’ajouter « c’est un instrument extrêmement efficace pour lutter contre les déstabilisations qu’on a vues fléchir dans la région où des groupes militaires ont exploité, parfois, l’affaiblissement de l’État pour prendre le pouvoir. Voilà ce qui est attendu de la CEDEAO ». Il précise par ailleurs que l’armée française complètera le dispositif : « la France continuera son rôle dans la région au service d’État souverains légitimes. Car nous considérons que notre rôle est d’aider à réussir cette bataille contre le terrorisme et à permettre le développement stable et la formation de la jeunesse dans cette partie du continent africain ».
En fait, la présence d’Emmanuel Macron en Afrique et l’utilisation de son proche ami Umaro Sissoco Embaló[9] en cette matière, révèle que cette proposition est tout autre chose qu’un simple effet d’annonce. Elle masque à peine la volonté que l’on a déjà pu apercevoir en filigrane en diverses occasions de certains groupes d’influence ou groupes d’Etats, de justifier le déclenchement sans aucun contrôle démocratique d’interventions armées intempestives ici et là sur le sol africain. La Post-Françafrique serait-elle en ordre de bataille avec des chefs d’Etat africains relais des intérêts françafricains ?
En participant à l’annonce, et en se déclarant partie prenante, Emmanuel Macron ne peut nier son rôle d’influence, voire de commanditaire dans cette création d’une force « anti-putsch ». Il indique, à mots à peine couverts, que l’un des objectifs de cette force anti-putsch CEDEAO-FRANCE, est d’en finir avec l’actuelle fronde souverainiste au Mali. Mais en filigrane, il s’agit bien stopper toutes formes d’émergence d’alternatives politiques pouvant gêner les intérêts de la France et de ses relais africains. A ce titre, il faudra, dans la pratique, ne pas s’étonner si, par des « oublis ou des abus », cette force CEDEAO-France anti-putsch ne voit pas son mandat s’étendre pour neutraliser le Peuple africain souverain, notamment sa jeunesse, sa société civile et sa Diaspora dès lors que la vérité des urnes et la vérité des comptes publics conduiraient mettre en danger les intérêts d’une oligarchie post-françafricaines adeptes de l’impunité, la déstabilisation en Afrique par la promotion de la corruption et l’opium du Peuple que constitue certaines religions importées en Afrique.
Autrement dit la CEDEAO aspirerait-elle à former un nouveau contingent militaire d’intervention rapide, voire d’occupation de pays comme par exemple le Mali au lieu et place de la « force » Barkhane[10] qui se replie au Niger, au Tchad et au Burkina-Faso avec des appendices dans les pays proches de la France, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.
5. Les « Voies » Et Les « Enjeux » De La Puissance En Afrique : L’Impossible Mimetisme Occidental
Il est aussi intéressant d’observer que dans la même période, le ministre des affaires étrangères russe, Serguei Lavrov a effectué une tournée africaine officielle entre le 24 au 28 juillet 2022 en Égypte, en Ouganda, en Éthiopie et en République du Congo. En réponse, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a également effectué une tournée africaine en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo et au Rwanda. Faut-il y voir un partage implicite des zones d’influence, aux Etats-Unis la partie sud, à la France et ses mandants de l’Union européenne la partie Ouest et équatoriale de l’Afrique ? Assurément pas car de nombreux dirigeants africains ont compris comment tirer partie du monde multipolaire où la puissance unilatérale occidentale, américaine et française en Afrique est en mode ralenti. La mise en concurrence des pays disposant d’une puissance semble ouvrir des marges de manœuvre aux dirigeants africains. Mais tous n’en profitent pas pour mettre cette opportunité au service des Peuples africains.
L’histoire diplomatique des puissances occidentales est tellement imprégnée de ces pratiques dont elles ont tant usé et abusé par le passé, qu’elles sont devenues très « prévisibles ». Leurs manœuvres ne contribuent qu’à amoindrir le crédit très relatif que leur accordent les démocrates d’Afrique, dont la confiance à leur égard s’est émoussée au fil du temps et des expériences « malheureuses » aux dépens des Peuples africains, non sans diffuser pour assurer une certaine « stabilité », les lois liberticides ayant pour objectif de neutraliser la volonté des Peuples africains de s’émanciper d’un Occident déstabilisateur. Mais, la prise de conscience africaine et de sa Diaspora se diffuse à la vitesse Grand V. De fait, la géopolitique du 21e siècle du Peuple africain ne repose absolument pas sur une volonté de puissance mimétique de celle de l’Occident[11]. Les « voies » de la puissance supposent d’abord :
* une prise de conscience des Africains individuellement et collectivement sur les enjeux de puissance[12] ; puis
* un rejet des dirigeants africains servant de courroie de transmission et de relais aux puissances déstabilisatrices en Afrique ; et enfin,
* un partenariat intelligent avec des puissances non occidentales disposées à laisser l’Afrique disposer de ses ressources pour améliorer le bien-être de son Peuple.
C’est à cette aune que doit être mesurée la proposition de force anti-putsch de M. Umaro Sissoco Embaló, qui ne semble pas émaner des Peuples de la CEDEAO, ni du Peuple français. Elle ne saurait être considérée comme anodine, car renfermant des velléités de recolonisation de l’Afrique par un maillage décisionnel télécommandé[13] de l’étranger.
Les dirigeants africains, ceux de la CEDEAO, au lieu de lancer des sanctions illégales contre l’un des leurs, auraient gagné à mener une enquête officielle avec les experts africains panafricains et patriotes pour identifier :
* la source de financement des différentes branches d’Al Qaïda en Afrique et au Sahel en particulier ;
* la provenance des armes, véhicules et instruments logistiques utilisés par les différentes branches d’Al Qaïda en Afrique et au Sahel en particulier ;
* les liens qui unissent les différentes branches d’Al Qaïda en Afrique et au Sahel en particulier dans la répartition des rôles et de la conquête des espaces ; et enfin
* les liens qui unissent les différentes branches d’Al Qaïda en Afrique et au Sahel en particulier et ceux qui fournissent les financements et ceux qui fournissent les armes.
Avec l’expérience tchadienne que soutien Emmanuel Macron, il est suggéré de s’intéresser à des pays comme le Qatar qui pourrait apparaître comme une « base arrière discrète » pour des pays de l’OTAN dont la France en termes d’« achat d’armes » et indirectement de béquilles aux différentes branches d’Al Qaïda en Afrique.
Dans le cas du Togo, la France se contente du statu quo pour voir venir, -le fameux « wait and see » – des anglophones. En réalité, il s’agit de trouver une « solution » au remplacement de Faure Gnassingbé, surtout si ce dernier qui ne résout aucun dossier dans la sous-région, devient lui-même un problème au plan national, et s’il venait à être condamné en justice pour illégalité et anticonstitutionnalité. « Mieux vaut prévenir que guérir » !!!
6. Terrorisme Au Togo : Réunion « Unilatérale », Union « Alimentaire »
Pour se refaire une image à l’international, Faure Gnassingbé choisit les opposants politiques avec lesquels il travaille depuis longtemps en catimini, en organisant précipitamment les nouvelles formes d’union alimentaire sans consentement pour trouver, « autocratiquement ensemble » des réponses dites « inclusives » et « nationales » au terrorisme et ses implications au Togo[14], ce quelles que soient les formes des attaques de type djihadiste, mafia crapuleuse, corruption de militaires démobilisés, piraterie maritime, etc.
Le problème est que :
* le terrorisme contre la Constitution togolaise a été oublié ;
* le terrorisme contre les togolais démocrates qui croupissent illégalement en prison a été oublié ;
* le terrorisme contre les partis politiques, les organisations de la société civile et la Diaspora, -tous non-invités- a été oublié ; et
* le terrorisme contre le Peuple togolais, empêché de manifester et d’exprimer son rejet de la gouvernance négative des Gnassingbé et de ses courroies de transmission que sont les militaires-affairistes, les groupes ésotériques en perte d’influence, a été oublié.
Pour fuir l’épreuve de la confrontation directe, Faure Gnassingbé a choisi de déléguer cette réunion d’information de certains acteurs politiques choisis, pour présenter la situation sécuritaire actuelle, les mesures prises pour y faire face, tout en oubliant les bavures contre les populations civiles y compris des enfants, et restées impunies à ce jour. C’est ainsi le 4 août 2022, les partis politiques et membres du gouvernement se sont retrouvés à la Primature sur convocation de Mme Victoire Tomégah-Dogbé, Première Ministre. Il n’a pas été question d’indemniser les victimes directes et collatérales togolaises alors que Faure Gnassingbé et ses agents sont les principaux responsables du terrorisme au Togo, ce du fait de :
* l’incohérence des politiques d’alliance de Faure Gnassingbé avec l’Etat qui a contribué à l’arrivée des terroristes-djihadistes en Afrique suite à l’attaque unilatérale de la coalition occidentale de l’OTAN avec un rôle prépondérant de la France -du Président Nicolas Sarkozy en l’espèce-, en Libye, non sans tuer contre l’avis de l’Union africaine, Mouammar Kadhafi, et déstabiliser le pays et par contrecoup tout le Sahel ; et
* l’incompétence des services de sécurité et de renseignements togolais à contrer les attaques de terroristes qui obtiennent des armes et des financements en provenance paradoxalement d’entités dont le point névralgique se trouve au Qatar et en Arabie Saoudite, courroies de transmission des intérêts occidentaux en Afrique, les pays du Golfe fournissant les financements et les pays occidentaux les armes pour déstabiliser une partie de l’Afrique.
En résultante, cette réunion convoquée unilatéralement par Faure Gnassingbé, avait pour objet de :
* justifier les lois liberticides au Togo ;
* officialiser le rôle des partis politiques alliés et alimentaires ;
* prolonger les dispositions unilatérales et mesures discrétionnaires, sécuritaires, administratives, économiques et sociales prises à l’encontre du Peuple togolais, notamment les organisations de la société civile ; et enfin
* offrir un semblant de « consensus » national sur la mise en œuvre de l’état d’urgence sécuritaire et le plan d’urgence togolais pour tenter de sécuriser officiellement la région des Savanes, mais surtout le domicile de Faure Gnassingbé et ses affidés au Nord.
Qui, au Togo, peut encore croire à une « gouvernance concertée » ou un « énième dialogue » du Gouvernement de Faure Gnassingbé dans la continuité de l’interminable liste des 28 échecs passés ? Personne ! Sauf peut-être celles et ceux des partis politiques choisis, qui ont un intérêt manifeste à ce que cette rencontre se tienne pour pouvoir « récupérer » les indispensables « allocations de subsistance » pour continuer à servir de partis satellites à UNIR et Faure Gnassingbé.
Sur la base d’invitations unilatérales et nominatives à cette réunion d’information, la communication de l’exécutif togolais a choisi de faire croire au Peuple togolais que Faure Gnassingbé et son gouvernement, sur le dossier du terrorisme, bénéficie du soutien de certains responsables de partis politiques non contestataires sur le fond de la politique de Faure Gnassingbé. Cette approche de la convocation individuelle de certains responsables politiques togolais triés sur le volet pour leur appartenance au cercle élargi du système Gnassingbé est une forme de fragilité de Faure Gnassingbé, qui a préféré botter en touche, en laissant la primature traiter un dossier qui relève pourtant de celui qui est le « chef des armées et des militaires » au Togo comme rappelé précédemment…
Aussi, il n’est pas intéressant de citer les responsables de partis politiques qui se sont empressés d’aller « émarger » pour prolonger leur survie politique et servir de béquilles et de relais de communication pour un pouvoir qui frappe et met en prison les dignes filles et fils du Togo. Il est donc impensable que ces représentants de partis politiques alimentaires puissent convaincre le Peuple togolais, lors de missions de sensibilisation en leur sein et à l’intérieur du pays, en demandant à leur « partisans respectifs » et indirectement au Peuple togolais, d’aider le gouvernement de Faure Gnassingbé qui réprime illégalement et unilatéralement ce même Peuple.
Et chose prévisible, le Gouvernement n’aura pas trainé pour se livrer à la récupération politique, vantant les mérites d’une gouvernance concertée et la promotion du dialogue, alors que dans la même période -probablement au titre de la promotion du dialogue -, le Préfet du Golfe a interdit le 31 juillet une manifestation du parti ANC (Alliance nationale pour le Changement) à Agoè-Nyive, après avoir interdit ces derniers mois, plusieurs manifestations de la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro) ou du PNP (Parti National Panafricain). Dans le même temps le parti UNIR, en divers points du territoire du Togo, tient des réunions publiques qui ne semblent pas poser de problèmes d’interdiction, et donc d’autorisation. Ainsi après la Covid, c’est désormais le terrorisme qui sert de paravent au pouvoir pour réduire les velléités de contestation de sa gouvernance politique, économique et sociale. Toutes ces interdictions servent de justification au recul des libertés publiques, déjà réduites à la portion congrue de longue date au Togo. Mais où sont-ils les pays Occidentaux donneurs de leçon sur la démocratie ?























