12. Front Commun Politique Des Partis Alimentaires : Une Mascarade Pour Élargir L’Influence Du Parti Présidentiel « Unir » ?

Aussi, il faut nécessairement mettre en valeur les objectifs officieux et non avoués du l’exécutif togolais pour mieux saisir la portée stratégique de cette convocation des « alliés » implicites du pouvoir Gnassingbé. S’agit-il d’un premier ballon d’essai pour permettre un rapprochement entre certaines oppositions « molles » et le système Gnassingbé pour mieux préparer une future conférence devant permettre d’évoluer vers une proposition de gouvernement d’ouverture ou gouvernement d’unité nationale ? S’agit-il pour le Président français de promouvoir, voire de plaider pour une forme d’intégration des oppositions en Afrique afin de faciliter son soutien à des régimes autocratiques ?

Cette convocation de certains responsables politiques togolais, est-elle une réponse aux critiques selon lesquelles le rôle de « médiateur » de Faure Gnassingbé entre le Mali et la Côte d’Ivoire, alors qu’il réprime très durement ses opposants et la société civile au Togo, ne serait qu’un moyen d’assurer une présence indirecte de la France dans le contact avec les autorités maliennes ? En constatant la mission que Faure Gnassingbé a envoyé au Tchad, faut-il en déduire une sorte de fuite en avant pour s’octroyer un rôle sans qu’on l’ait préalablement sollicité, tout en sachant que les réunions des représentations du pouvoir et de l’opposition tchadienne au Qatar sont encadrées par une France officiellement invisible ?

Ce rôle de « médiateur » que recherche Faure Gnassingbé auprès de la France ne peut reposer durablement sur des résultats mitigés ou non-probants à ce jour, à mettre à l’actif de celui qui apparaît toujours comme un président illégal et anticonstitutionnel du Togo. Il ressort que les manipulations de Faure Gnassingbé envers le Peuple togolais, et le clientélisme d’une certaine opposition togolaise alimentaire ne pourront pas permettre de fédérer toutes les forces pour mener à bien la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au Nord du Togo.

La réalité est que les représentants des partis satellites de Faure Gnassingbé et les représentants de l’opposition togolaise alimentaires, ne sont pas en réalité des menaces pour le pouvoir Gnassingbé. La vraie menace qui guette le pouvoir Gnassingbé est bel et bien la réaction, imprévisible, d’une population de plus en plus conscientisée.

La convocation unilatérale pour échanger sur le terrorisme au Togo apparaît de fait comme une vraie mascarade. Le système et le régime des Gnassingbé a peur de la réaction du Peuple togolais, à l’image de l’insurrection d’août 2017. C’est donc plus dans une forme d’anticipation motivée par l’objectif d’une tentative de neutralisation de la réaction de la population, que Faure Gnassingbé tente d’utiliser les responsables politiques qui ont cru utile de répondre présent à cette rencontre, comme des éclaireurs devant contribuer à préserver le statu quo. Et ainsi de contenir l’expression des colères jusqu’à présent rentrées, d’empêcher le Peuple togolais frustré de réagir violemment face à la perte de pouvoir d’achat, les atteintes aux libertés et aux droits humains élémentaires, et surtout face à son incapacité d’offrir une espérance d’une vie meilleure tant pour les citoyennes et les citoyens vivant à l’intérieur comme à l’extérieur du Togo.

13. Echec De La Mediation De Faure Gnassingbe, Lui-Même Devant Le Principal Probleme Du Togo

La réunion sur le thème de l’insécurité au Nord du Togo révèle en fait l’échec de la médiation de Faure Gnassingbé au Togo. Il a été :

• capable de trouver un consensus national avec seulement quelques personnalités des partis politiques qui apparaissent de plus en plus comme des partis satellites ou légitimateurs du parti du président togolais ; et

• incapable de faire le bilan de ses échecs de gouvernance sécuritaire, de changer de ministre en charge de la sécurité des Togolaises et Togolais ; et surtout d’organiser une véritable table-ronde où toutes les composantes du Togo seraient représentées et seraient libres de s’exprimer devant lui et lui seul, d’exposer leur vision des problèmes du Togo et de faire des propositions de sortie de crise.

En fait, en prenant cette initiative, Faure Gnassingbé a contribué à confirmer aux Togolaises et Togolais, que le principal problème du Togo c’est : Faure Gnassingbé !

Il ne faut donc pas s’étonner de la perte de légitimité de Faure Gnassingbé auprès du Peuple togolais, et plus particulièrement, au sein de ses propres soutiens. Mais nul n’ose broncher !

En outre, les réseaux sociaux s’interrogent sur les bavures des forces armées togolaises au Nord du Togo au point de ne pas comprendre comment on peut faire confiance à un médiateur qui se conduit lui-même comme un terroriste à l’égard de la grande majorité du Peuple togolais. Aussi, il n’est pas étonnant de lire ceci dans les réseaux sociaux : « Au Togo, plus terroriste que les Gnassingbé, tu meurs ! ». Une vérité d’évidence que doit méditer le pouvoir en place, car la réaction boomerang du Peuple togolais pourrait ne plus prendre les voies du pacifisme et de la vérité des urnes.

Pour les dirigeants africains, la visite d’Emmanuel Macron en Afrique est un constat d’échec en termes d’influence et même de crédibilité. La France n’est plus le meilleur gage de la stabilité de leur régime[21]. Dans cette logique, le régime togolais cherche à trouver une nouvelle base de légitimité élargie avec des partis satellites ou des partis alimentaires…

En fait, Faure Gnassingbé cherche à reconstruire et perpétuer son régime en tentant d’élargir son système illégal par une forme de légitimité provenant des partis satellites alimentaires, ce qui pourrait, croit-il, l’aider dans son rôle de médiateur. Assurément, il n’est pas un médiateur qui pourra assurer l’unité du Peuple togolais, encore moins de tous les exilés togolais et plus globalement de la Diaspora togolaise qui sont privés de leur droit élémentaire de vivre dans leur pays et d’y prospérer alors qu’elles et ils sont souvent encore considérés comme des « migrants » et des citoyens de « seconde zone » à l’étranger…

14. La Geometrie Variable De La Diplomatie Française Renforce La Contre-Verite Des Urnes

Lorsqu’en visite sur le sol camerounais le 26 juillet 2022, Emmanuel Macron affirme en parlant de la guerre de l’OTAN en Ukraine : « Je vois trop souvent de l’hypocrisie, en particulier sur le continent africain (…) à ne pas savoir qualifier une guerre, parce qu’il y a des pressions diplomatiques, je ne suis pas dupe[22] », il pose le problème d’un manque de clairvoyance stratégique et de de cécité historique sur le rôle contre-productif de certains dirigeants français en Afrique, et plus particulièrement au Cameroun.

Le Président français n’arrive pas encore à prendre conscience de la place de la France dans un monde d’influence multipolaire dans lequel le soutien imposé de certains pays africains à la France va graduellement prendre fin. Il ne sent pas battre le pouls du mouvement d’éveil des consciences des peuples qui conduit progressivement à l’éviction, pacifique ou combative selon les circonstances, des dirigeants africains qui servent de courroie de transmission et de support logistique à l’usurpation et au pillage des richesses africaines par certaines puissances membres de l’OTAN.

En réalité, Emmanuel Macron refuse obstinément de voir la réalité politique de l’Afrique en face. Il a contribué par sa gouvernance en Afrique et a l’international à la perte de son aura, de sa crédibilité nationale et de sa légitimité internationale… Le problème est que les effets seront décalés dans le temps.

Les tergiversations d’Emmanuel Macron et sa diplomatie à géométrie variable ne sont pas sans conséquences sur la situation politique du Togo. Cela renforce la contre-vérité des urnes et la contre-vérité des comptes publics au Togo.

15. Recommandations De Rcdti Et Cvu-Togo-Diaspora : En Finir Avec La Manipulation Des Consciences Des Peuples

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA demandent au Peuple togolais de prendre conscience du jeu trouble de Faure Gnassingbé et ses affidés pour se perpétuer au pouvoir de manière illégale et illégitime. Il s’agit pour le système Gnassingbé de :

* tenter d’agrandir son cercle de soutiens et s’assurer de l’appui des dirigeants des partis satellites en choisissant celles et ceux qui doivent venir et celles et ceux qui ne doivent pas participer à cette convocation pour informer sur le terrorisme au Togo ;
* de transformer certains partis politiques togolais en des partis politiques alimentaires, non-réguliers au gré des circonstances, sous la forme de caisses de résonnance, de service après-vente au moyen de la sensibilisation de la population, non sans fournir des moyens financiers conséquents pour faciliter cette logistique du clientélisme. De fait, être un opposant alimentaire au Togo devient un business rémunérateur, qui force celles et ceux qui jouent ce jeu de s’affranchir des valeurs de la Maât notamment la justice, la vérité et l’égalité des citoyens devant la loi ;
* de croire qu’en œuvrant de la sorte, le système Gnassingbé pourra recouvrer une forme de « légitimation nationale comme internationale » en espérant un effet de levier sur le rôle actuel de médiateur, sans résultats, de Faure Gnassingbé ;
* d’exclure les organisations de la société civile togolaise, la Diaspora togolaise, les principaux partis politiques d’opposition qui ont eu la clairvoyance et le courage de ne pas tomber dans le piège et de résister à l’instrumentalisation de l’achat de conscience comme mode de recrutement des responsables politiques au Togo et dans la Diaspora. Enfin plus généralement des partis et associations non gouvernementales satellites.

Lutter contre le terrorisme est déjà une tâche ardue pour un gouvernement démocratique, mais elle ne peut réussir avec un président de la République illégitime, anticonstitutionnel et son gouvernement, travaillant pour des intérêts étrangers et profondément contradictoires avec les intérêts du Peuple togolais. Au contraire, cette situation agit comme un ferment complémentaire qui permet au terrorisme de lever et de prospérer. Le peuple togolais doit d’abord constater et faire constater par les moyens ad hoc l’illégalité du pouvoir de Faure Gnassingbé. Il doit aussi s’employer à convaincre la communauté internationale et africaine d’arrêter de soutenir le régime Gnassingbé, ne serait-ce que pour faire diminuer l’immigration togolaise dans les pays d’accueil concernés à l’international.

Le terrorisme ne peut et ne doit pas être instrumentalisé pour garder le pouvoir. Faure Gnassingbé et sa gouvernance anti-démocratique ne sont pas un gage de sécurité mais un gage d’insécurité pour le Peuple togolais. Personne ne doit tomber dans le piège qui consisterait à soutenir une structure « anti-putsch » qui ne renforcera que les chefs d’Etat qui servent d’abord leurs intérêts personnels ainsi que les intérêts étrangers. Le nouveau dispositif militaire français qui confond discrétion et délégation à des courroies de transmission en Afrique, pose problème. Si cela doit se faire aux dépens des peuples africains, la soutenabilité et même la pérennisation d’un tel système ne seront pas possibles avec des Peuples africains conscients. Emmanuel Macron devra revoir sa définition du mot « partenariat », si possible gagnant-gagnant.

Les pays africains n’ont pas besoin d’une force militaire au service d’autocrates. C’est du respect des institutions et de leur fonctionnement démocratique dont ont besoin les pays africains. C’est dans le respect de ces principes fondamentaux que se trouve la seule garantie contre les coups d’état qu’ils soient de nature anticonstitutionnelle ou militaires. C’est aussi la force de la mobilisation populaire qui est déterminante. Les coups d’Etat militaires et les putschs ne sont que les conséquences des coups d’Etat anticonstitutionnels, promouvant de manière illégale des chefs d’Etat illégaux et illégitimes au sommet des Etats. Les autocrates et les dictateurs africains ne sont en danger que lorsque le Peuple africain prend conscience qu’il a été manipulé et qu’il est spolié de ses droits élémentaires et de sa richesse collective.

Alors, la prise de conscience ne peut que précéder le rétablissement du cours normal de la gouvernance du Peuple africain par des représentants issus de ses rangs et non des anges des clubs ésotériques, étrangers et africains.

Le 15 août 2022.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes.

signataires : RCDTI, CVU-Togo-Diaspora, partenaires et sympathisants :

Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.
Jean-Pierre Akoété BALIKPO
Ernesto D’ALMEIDA, Dr.
Mathieu D’ALMEIDA
Koffi DEKU, Ing.
François FABREGAT
Geneviève MOUTON
Antoine RANDOLPH, Dr.

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Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org

Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de société commun pour l’avenir du Togo en vue d’une transition.

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Note sur les références : voir ici