7. Responsabilités : Les Etats-Unis Ne Peuvent Pas Ne Pas Savoir D’Ou Viennent L’Argent Et Les Armes Des Terroristes-Djihadistes
Entre la France d’Emmanuel Macron et les Etats-Unis d’Anthony Blinken, le cas du Togo ne semble pas mériter une attention particulière. Pourtant, le secrétaire d’Etat américain a rappelé le 8 août 2022 dans un discours à l’Université de Pretoria en Afrique du Sud[15] que « Les États-Unis ne dicteront pas les choix de l’Afrique et personne d’autre ne devrait le faire » … « Le droit de faire ces choix appartient aux Africains seuls » … « Trop souvent, les nations africaines ont été traitées comme des instruments du progrès des autres nations, plutôt que comme les auteurs de leur propre progrès » … « La mauvaise gouvernance, l’exclusion et la corruption inhérentes aux démocraties faibles les rendent plus vulnérables aux mouvements extrémistes, ainsi qu’aux ingérences étrangères ». Le problème est que le Togo n’est pas une démocratie faible. Il s’agit d’une autocratie qui a falsifié la vérité des urnes et la vérité des comptes publics.
Une telle erreur d’analyse de la part des Etats-Unis pose le problématique de la sous-traitance du Togo à la France en termes d’influence géostratégique, et surtout la difficulté de croire les Etats-Unis qui souhaite maintenant un « partenariat renforcé avec l’Afrique » alors que les Etats-Unis sous Donald Trump n’était qu’un espace d’approvisionnement en matières premières avec une priorité seconde laissant l’espace grand ouvert au renforcement de l’autocratie fondée sur de coups d’Etat constitutionnels. Aussi, la responsabilité des Etats-Unis dans le cas du Togo est grande, surtout si l’on rappelle la trahison de l’ambassadrice des Etats-Unis envers le premier président togolais assassiné, Dr. Sylvanus Olympio en 1963, ce dans l’enceinte de l’ambassade. Les successions de paroles « re-dynamisantes » de la coopération entre les Etats-Unis et le Togo depuis 2005 a renforcé la conviction de Faure Gnassingbé et ses militaires que les Etats-Unis légitiment les faits, notamment la contre-vérité des urnes, ce à plusieurs reprises, ainsi que les lois liberticides et la corruption.
Les Etats-Unis se contentent, de temps à autre, de rappeler des principes et des valeurs sans que cela n’ait de portée sur le terrain. A ce jeu et dans les mois à venir, c’est la crédibilité même du Président Joe Biden qui risque d’être remis en cause tant auprès des forces togolaises alternatives et non alimentaires, tant auprès de certains partis politiques, certaines organisations de la société civile et de la Diaspora qui ne peuvent être classés comme des entités alimentaires et dépendantes directement ou indirectement du pouvoir de Faure Gnassingbé.
En gardant à l’esprit la réalité de ce contexte socio-politique, iI est permis d’observer que les attaques terroristes, en constante montée en puissance au Togo, sont l’œuvre de terroristes dont les ramifications remontent au Mali et au Qatar, et vraisemblablement à une certaine France, ce qui ne peut exclure les Etats-Unis, tous membres de l’OTAN. Les attaques au Togo se sont faites récurrentes depuis que les autorités maliennes ont décidé, en toute indépendance, de mettre fin à la présence française au Mali. Faure Gnassingbé servirait-il aussi de « médiateur désigné » par la France pour agir au Mali, ce en épousant ou pas la casquette de la CEDEAO ?
Il est permis d’y croire, ce d’autant que les Etats-Unis, comme au demeurant la France, ne peuvent pas ne pas savoir d’où viennent l’argent et les armes des terroristes-djihadistes, dissidents ou pas, sévissant dans le Sahel et maintenant dans le Golfe de Guinée !
8. Réunion Ou Convocation Unilatérale De Dirigeants Politiques De Partis Politiques Choisis
La question du terrorisme au Togo n’a fait l’objet d’aucune concertation avec l’ensemble de l’opposition togolaise par le passé. Aussi, c’est bien l’échec et les bavures répétées de la gouvernance sécuritaire de Faure Gnassingbé, et accessoirement, le fameux « oubli » d’Emmanuel Macron de faire escale au Togo, qui ont conduit à la convocation unilatérale de dirigeants politiques de partis politiques sélectionnés par Faure Gnassingbé.
Faut-il rappeler que les prises de position officielle de partis politiques togolais sur le terrorisme au Togo étaient assez rares et discrètes avant cette convocation officielle du gouvernement togolais. Cette convocation unilatérale a donc eu comme effet de voir certains responsables des partis politiques servir de relais de communication du Gouvernement. En effet, subitement sans que l’on ne connaisse les contreparties véritables, certains responsables de partis politiques se sont mis à dénoncer le terrorisme au Togo, sans d’ailleurs fournir des informations fiables et des solutions. Certains partis politiques, satellites, qu’ils soient ou pas de l’opposition togolaise, seraient-ils devenus une caisse de résonance du gouvernement togolais ? Nombreux sont les Togolaises et Togolais qui en prennent désormais conscience et augmentent leur vigilance, surtout lorsque leurs esprits et leur mémoire sont inondés de souvenirs peu éloignés dans le temps – quand ils ne constituent pas l’actualité du présent -, qui remémorent les brutalités, les abus de droit, les incarcérations, la promotion de l’impunité, l’illégalité de ce même gouvernement de Faure Gnassingbé.
S’il ne faut pas nier d’une part, l’existence de la crise sanitaire de la pandémie du Coronavirus et le racket financier du Gouvernement avec le paiement exorbitant des tests PCR et, d’autre part, le défi et les menaces du terrorisme-djihadiste et mafieux entretenu depuis le Qatar avec en filigrane les pays fournisseurs d’armes dont certains pays de l’OTAN y compris la France, il ne saurait être question de mettre à profit la crise actuelle, pour faire oublier les responsabilités de chacun. Oublier par exemple que c’est le Gouvernement de Faure Gnassingbé, de par son opportunisme et son appât du gain facile, qui a mis à profit la situation pour tirer parti de l’exploitation des crises, sanitaire (COVID-19) et terrorisme wahhabite (Djihadistes), pour restreindre les libertés en général, liberté de circulation, liberté de rassemblement, inscrites dans la Constitution togolaise en particulier. Ce règlement de comptes en bonne et due forme contre le Peuple togolais n’exclut pas les pressions et les agressions contre les médias indépendants, encore moins celles contre les journalistes indépendants.
En réalité, il n’y a pas de raisons valables pour que des groupes terroristes soient motivés pour opérer au Togo. La population togolaise n’a aucun conflit connu avec des entités extérieures. Il s’agit donc bien du soutien ou de l’alignement de Faure Gnassingbé vis-à-vis de la France d’Emmanuel Macron qui pose problème. Mais, le rôle de militaires togolais qui seraient impliqués dans des trafics de minerais extraits des mines relevant de l’économie « informelle », situées au nord du Togo ou du Burkina-Faso, mais qui seraient détenues par des courroies de transmission d’Al Qaïda sur le territoire du Burkina-Faso et ailleurs, est également une question sur laquelle il convient d’investiguer plus en profondeur. Néanmoins, la population togolaise ne devrait pas, une fois de plus, être victime des résultats d’actions unilatérales du gouvernement togolais dans des médiations où Faure Gnassingbé et certains de ses agents militaires-affairistes apparaissent comme ayant des conflits d’intérêts. Par ailleurs, des témoignages et informations concordants, mais difficiles à vérifier sur le terrain évoquent la possibilité que des militaires togolais auraient réquisitionné des mines au Burkina-Faso et que les terroristes (djihadistes ou mafieux) qui les exploitaient de manière informelle avant l’arrivée des militaires togolais, pourraient avoir des velléités de vengeance… Cela pourrait expliquer le fait que les attaques sur le territoire togolais visent en priorité les militaires ou corps habillés au Togo…. Les populations apparaissent souvent comme des victimes collatérales, et sont parfois épargnées lors des raids frontaliers comme cela a été constaté lors de l’une des attaques au Nord du Togo[16].
9. Eviter De Stigmatiser Les Populations Musulmanes Togolaises, Toutes Pacifiques
De plus, les prises de position à géométrie variable de Faure Gnassingbé et de son vibrionnant ministre des affaires étrangères, contribuent à étendre un épais brouillard quant au fond de la diplomatie togolaise, qui rend difficile, voire incompréhensible, la lisibilité de la position togolaise qui soutient d’abord les membres ésotériques de son réseau françafricain, que ce soit en Afrique ou à l’international.
En réalité, il est utile de rappeler que Faure Gnassingbé a déjà tenté à maintes reprises de coller le mot de terrorisme « djihadiste » à certains musulmans pacifiques du Togo. À ce sujet précisément, qui ne se souvient au Togo, des assertions mensongères et des accusations de cette nature proférées par Faure et ses ministres après qu’eut éclaté l’insurrection du 19 août 2017 à l’initiative du Parti National Panafricain (PNP), qui s’étendit à tout le Togo comme une trainée de poudre. Il s’agit précisément de Tikpi Atchadam et par extension des peuples togolais de langue Kotokoli (centre du Togo). Alors, attention à l’association des concepts « djihadiste » et « terrorisme » dans le contexte togolais, surtout que dans les traductions dans les langues locales, la confusion est totale, ce sur quoi jouent sans états d’âme, Faure Gnassingbé et ses relais de communication affidés. Le « Djihad » signifie guerre sainte, et par extension une guerre civilisationnelle entre l’Islam et l’Occident ou les « courroies de transmission » de l’Occident en Afrique. S’il n’y a pas à proprement parler de « guerre sainte » au Togo septentrional où les communautés musulmanes sont majoritaires, il y a de la part des terroristes venant de l’étranger qui font des incursions sanglantes au Togo une volonté de cibler le pouvoir de Faure Gnassingbé et ses militaires affairistes.
Aussi, le Peuple togolais devrait éviter la confusion entre les musulmans tous pacifistes au Togo, y compris le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam d’une part, et d’autre part, le terrorisme mafieux et le terrorisme-djihadiste. Les deux dernières formes de terrorisme reçoivent des soutiens en armes des pays occidentaux via de riches entités du Qatar et d’Arabie Saoudite qui promeuvent le wahhabisme et indirectement le djihadisme en Afrique. Cette confusion fâcheuse qu’entretiennent Faure Gnassingbé et le gouvernement togolais et dont ils se délectent, ne peut produire que l’effet contraire à celui recherché, à savoir contribuer à la division et non à l’union du Peuple togolais. Toutefois, dans un contexte trouble et volontairement entretenu pour empêcher de pouvoir démêler le vrai du faux, des voix s’élèvent notamment parmi les populations de la région des Savanes (nord du Togo), pour affirmer que le terrorisme serait le fait de certains militaires togolais eux-mêmes.
Il s’agit en réalité pour le Gouvernement togolais actuel, de stigmatiser les populations musulmanes togolaises, pour qu’elles soutiennent Faure Gnassingbé et rejettent les partis d’opposition tels que le PNP. Il suffit de rappeler la multitude d’actes de violences illégaux dont sont victimes de nombreux militants du PNP depuis 2017 et par extension les populations de Sokodé, Bassar, Tchamba et plus généralement de la région, qui ont été abusivement persécutés et dont certains continuent de croupir en prison sans procès, avec comme qualification juridique et sans la moindre preuve, le fait d’être désignés comme des terroristes par le pouvoir Gnassingbé. Aucun prisonnier politique n’a été libéré alors qu’elles et ils sont nombreux à souffrir de tortures, de problèmes aigus de santé et bien sûr d’abus de droit et de pouvoir. Faure Gnassingbé ne serait-il qu’un être inhumain ? De nombreux togolaises qui se sont laissés abuser par ses fréquents voyages au Vatican pour voir le Pape politique et procéder à ses contributions financières, ont finalement pris conscience de la supercherie.
10. Concertation Sur Le Terrorisme Ou Comment Ameliorer L’Image De Faure Gnassingbe
Face aux multiples attaques qui ont frappé le nord du Togo ces derniers mois, Faure Gnassingbé cherche à faire taire toute opposition et tente d’organiser une sorte de « front commun » face à la menace grandissante contre les représentations sécuritaires du Gouvernement, et donc à terme contre lui-même.
La convocation de certains représentants politiques avait officiellement pour objet d’informer sur la situation sécuritaire au Togo et de de recueillir les idées et suggestions pour une « synergie » d’action. Le but recherché étant de faire la démonstration que face au terrorisme, le pouvoir et une certaine opposition « alimentaire » s’unissent pour défendre le Togo contre l’ennemi commun : les terroristes, qu’ils soient des djihadistes ou des mafieux à la solde de puissances étrangères. De fait, les invitations nominatives du Gouvernement togolais avaient pour objet de transformer ce cadre de concertation en une tribune pour l’« amélioration » de l’image de Faure Gnassingbé.
Il va de soi que la communication de l’exécutif togolais va éviter de préciser les conditions financières qui ont permis de « déplacer » sans conviction l’ensemble des participants qui étaient censés « échanger » sur des « solutions » contre le terrorisme. Toutefois, selon les informations émanant des comptes-rendus de la rencontre effectués par la presse du Togo, force est de constater l’absence des organisations de la société civile et de la Diaspora et entre autres, l’absence des responsables suivants de certains partis politiques[17] :
* Jean-Pierre Fabre et son parti l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) ;
* Dr. Agbéyomé Kodjo et de son parti (MPDD) ;
* Tikpi Atchadam et son Parti National Panafricain (PNP) ;
* Nathanaël Olympio et son parti, le Parti des Togolais (PDT) ; et
* Nicodème Habia et son Parti Les Démocrates (PLD) ; et
* Me Dodji Paul Apévon et son Parti Forces Démocratiques pour la République (FDR) ;
* Thomas Ntsoukpoe et son Parti Bloc d’Action pour le Changement (BAC), etc.[18]
11. Réunion-Convocation À La Primature : Manque De Transparence Et Refus De Rendre Compte Au Peuple Togolais
Hormis quelques effets d’annonce, huit jours après la rencontre, le site officiel de la Primature du Togo, n’a toujours pas publié la liste complète des 26 partis politiques et de leurs membres qui selon la presse togolaise ont participé à la rencontre[19] ; encore moins la teneur des débats ou les propositions faites par les participants. Si aux dires des communicants du gouvernement la rencontre fut un tel succès pourquoi tant de discrétion sur l’identité des participants, des partis et la teneur de leurs propositions ?
Mais en examinant le compte-rendu livré par la Primature, on mesure immédiatement les limites très étriquées de l’Union sacrée face au terrorisme telle que souhaitée par Faure Gnassingbé. Au lieu de relater les propositions faites par les uns ou les autres, le lecteur doit se contenter des propos toujours lénifiants tenus par le ministre Christian Trimua en charge de Droits de l’homme, porte-parole du gouvernement : « Les échanges avec les partis politiques nous ont également permis d’avoir leurs regards sur le phénomène, leurs propositions pour compléter les actions que le gouvernement a déjà commencé à mettre en œuvre et partager les réflexions sur la nécessité pour tous les acteurs politiques d’être unis et de faire un front commun face à l’agression inacceptable dont notre pays est victime. Tous les partis politiques togolais sont d’accord aujourd’hui d’agir d’un commun accord pour repousser l’agresseur hors des frontières du Togo et de faire en sorte qu’ils ne rentrent pas sur notre territoire national et que nos populations soient véritablement protégées ».
Et ceux tout aussi retors du Secrétaire exécutif du parti Unir M. Atcholi Aklesso : « Nous saluons cette initiative du chef de l’État qui est un appel de la patrie. Une invite à un sursaut de patriotisme à se mettre ensemble parce que nous ne sommes pas à l’heure où les considérations politiques devraient prendre le dessus sur les intérêts nationaux. Nous devons nous retrouver dans une sorte de pacte patriotique afin de pouvoir mener ce combat et enrayer ce phénomène. À une guerre asymétrique, il faut des réponses asymétriques. Nous rendons hommage aux militaires pour le travail qui est fait sur le terrain ».
On mesure mieux ce que signifie dans la bouche de M. Aklesso, « un sursaut de patriotisme à se mettre ensemble parce que nous ne sommes pas à l’heure où les considérations politiques devraient prendre le dessus sur les intérêts nationaux. » quand on sait que dans cette période, les réunions de l’ANC du PNP ou de la DMK sont interdites pendant que les représentants du parti UNIR battent les estrades sur l’ensemble du territoire sans être le moins du monde inquiétés.
Nous nous garderons de faire injure à toutes les personnalités politiques qui, hormis le Gouvernement et le parti UNIR, ont participé à la rencontre et ont probablement émis des avis ou fait des propositions, en disant que celles-ci étaient inconsistantes, dénuées d’intérêt, au pire inappropriées, au point que la première ministre n’a pas jugé utile de les porter à la connaissance du public. La lutte contre le terrorisme est un sujet trop sérieux pour s’abandonner à la dérision. Toutefois, rien n’empêchait chacun des personnalités représentants ou pas un parti politique de publier ses apports. Il s’agit de faire honneur à la transparence et de rendre compte au Peuple togolais.
Il serait toutefois opportun, au nom des principes de droiture de d’honnêteté, que ceux-là se rendent à l’évidence et tirent des enseignements à titre personnel, sur le rôle que le gouvernement tente de leur faire jouer. Alors même que tout semble indiquer jusqu’ici, qu’en matière de terrorisme Faure Gnassingbé et son Gouvernement naviguent à vue au milieu des écueils.
Quoi qu’il en soit, c’est à ces petits détails près, pour peu que l’on se donne la peine de les décortiquer et de les analyser, que l’on mesure encore une fois le caractère unilatéral de toutes les actions de ce Gouvernement, toutes exclusivement destinées à lui permettre d’en tirer un avantage.
Faut-il rappeler que Faure Gnassingbé, au nom de la recherche de sa propre sécurité et celle de ses proches collaborateurs, a acheté pour près de 13 millions de FCFA des informations sur les personnalités politiques togolaises et les citoyens togolais avec le logiciel Pegasus[20]. Aucune condamnation n’est venue stopper et encore moins la sanctionner judiciairement, cette pratique qui semble continuer sous d’autres formes et avec d’autres partenaires.























