Un Palestinien a été tué samedi matin par des tirs israéliens à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, quelques heures avant le début de manifestations de masse prévues dans l’enclave palestinienne pour marquer le premier anniversaire de la « Marche du retour ».
Mohammed Saad, âgé de 20 ans, est décédé après avoir été blessé à la tête par des éclats de balle à l’est de la ville de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, dans un communiqué.
Des manifestants ont indiqué qu’il avait été blessé tôt samedi matin à la fin d’une manifestation nocturne le long de la barrière, lourdement gardée par l’armée israélienne, entre la bande de Gaza et Israël, et qu’il était décédé peu après.
Interrogé par l’AFP, un porte-parole militaire a dit ne pas être en mesure de commenter l’incident.
« Rien à voir avec la politique »
Des dizaines de milliers de Palestiniens sont appelés à manifester samedi près de la frontière, un an après le début d’une mobilisation contre le blocus israélien et pour le droit de revenir sur les terres qu’eux-mêmes ou leurs parents ont dû abandonner, ou dont ils ont été chassés, à la création d’Israël en 1948.
Une foule de personnes était déjà rassemblée non loin de la frontière, une heure avant le début de la manifestation. Une douzaine de bénévoles portant des gilets fluorescents orange étaient également présents pour empêcher les manifestants de s’approcher de la barrière de sécurité.
Fouad Aïshan, 40 ans, est venu avec ses cinq enfants, mais dit qu’il a l’intention de rentrer à la maison avant le début de la manifestation. « Je suis ici par motivation personnelle, affirme-t-il. Ça n’a rien à voir avec la politique. »
Incertitude ambiante
Les « Marches du retour » ont fortement contribué à de vives tensions depuis le 30 mars 2018.
Au moins 259 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité le long de la frontière, depuis cette date. Deux soldats israéliens ont été tués.
La tenue d’élections législatives en Israël le 9 avril ajoute à l’incertitude ambiante concernant ce premier anniversaire.
Des pourparlers ont eu lieu vendredi sous l’égide de l’Égypte, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël, pour tenter d’éviter des violences.
Le Hamas cherche à alléger le blocus israélien qui, depuis plus de dix ans, étouffe la bande de Gaza éprouvée par les guerres et la pauvreté. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le mouvement islamiste, qui refuse son existence et auquel il a fait trois fois la guerre depuis 2007.
Mises en garde de Nétanyahou
En début de semaine, le spectre d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hamas est réapparu. Ripostant à un tir de roquette sur une localité au nord de Tel-Aviv, l’armée israélienne a frappé des dizaines d’objectifs dans l’enclave. Les groupes armés palestiniens ont tiré des dizaines de roquettes et d’obus de mortier vers les localités israéliennes environnantes. La situation est redevenue calme depuis.
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a néanmoins multiplié les mises en garde cette semaine : il a ainsi prévenu que son pays était prêt à mener une opération « d’envergure », mais a souligné qu’il épuiserait d’abord « toutes les autres possibilités », paraissant ainsi laisser leur chance aux médiateurs égyptiens.
Le Hamas et M. Nétanyahou sont tous deux sous pression. Le premier a fait face récemment à des manifestations, qu’il a sévèrement réprimées, contre le profond marasme économique, et la hausse des prix et des taxes dans la bande de Gaza. Le second, confronté à une forte concurrence aux élections, est accusé par ses adversaires de faiblesse face au Hamas.
Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis participent toutes les semaines aux manifestations, souvent accompagnées de violences. La mobilisation a culminé le 14 mai 2018 avec la mort d’au moins 62 Palestiniens sous les balles israéliennes à Gaza, le jour de l’inauguration de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem.
Ailleurs dans les territoires palestiniens et en Israël même, Palestiniens et Arabes israéliens sont appelés samedi à prendre part à la « Journée de la terre », hommage annuel à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël.
Israël-Palestiniens, les racines d’un conflit. Consultez notre dossier.
Source : Radio Canada + AFP + Reuters + AP + EuroNews























