Les "Forces de Sécurité de Défense"  alias des "Miliciens de Faure Gnassingbé" filmé dans leur basse besogne en juin 2025 contre un citoyen sans défense dans un quartier de Lomé, Togo | Photo: DR
Les « Forces de Sécurité de Défense » alias des « Miliciens de Faure Gnassingbé » filmés dans leur basse besogne en juin 2025 contre un citoyen sans défense dans un quartier de Lomé, Togo | Photo: DR

En prêtant serment le 03 mai 2025 sur une constitution écrite par et pour lui contre la volonté des Togolais, Faure Gnassingbé n’imaginait pas faire face à une mobilisation citoyenne d’envergure telle que menée par le M66 (Mouvement du 6 Juin). Le Togo demeure figé sans aucune perspective de développement. Pour exprimer cette stagnation et un rejet total du gouvernement illégitime de système Rpt/Unir, le M66 appelle les Togolais à l’évènement « Togo en pause » ce samedi 06 juin 2026 sur toute l’étendue du territoire.

« Puisque pendant plus de 20 ans, Faure Gnassingbé a mis le Togo en pause privant le pays de toutes les opportunités de développement économique, de mise en place d’infrastructure sociale d’envergure et d’une justice équitable, la meilleure manière de lui en montrer les conséquences est que toutes les couches sociales se mettent en pause ce samedi 06 juin 2026 », a déclaré un jeune étudiant togolais interrogé sur sa perception de cet évènement lancé par le M66.

La réflexion de ce jeune homme témoigne à quel point la population togolaise reste à l’écoute des mots d’ordre et des analyses faites par le Mouvement du 06 juin (M66), un mouvement citoyen à l’image de la GEN Z qui use des outils de communication moderne pour mener des luttes contre la corruption, la mauvaise gouvernance et les dérives politiques dans certains pays comme le Togo.

Avec une dénomination qui fait référence au jour de naissance de Faure Gnassingbé, le 06 juin 1966, le M66 est né de la mobilisation de jeunes artistes et influenceurs togolais de la diaspora contre l’arrestation et les tortures infligées à l’artiste rappeur Aamron (de son véritable nom TCHALLA Essowè).

Celui-ci, au lendemain d’une prestation théâtrale de serment d’un certain « président du conseil des ministres » en la personne de Faure Gnassingbé, n’hésitait à interpeller ce dernier à travers des « directs » sur les réseaux sociaux, sur l’incohérence de son système politique, la corruption généralisée et surtout le bilan catastrophique de ses 20 années de pouvoir.

Une prise de parole qui comme à l’accoutumée dans la dictature des Gnassingbé, a valu à l’artiste Aamron non seulement une arrestation et une incarcération en dehors de toute procédure judiciaire, mais également des tortures physiques et psychologiques. Le M66 s’est constitué avec des figures comme Zaga Bambo, Togbévissi Kpéssé, Roméo Mokonzi et Kodjovitoguin pour exiger la libération d’Aamron en particulier et plus généralement la libération de tous les prisonniers politiques, le retour à la Constitution votée par le peuple togolais en 1992 et le départ de Faure Gnassingbé.

Les manifestations au Togo, et spécifiquement à Lomé, sur les mots d’ordre du M66 au cours du mois de juin 2025 ont rencontré une violente répression du régime sanguinaire de Faure Gnassingbé qui n’a pas hésité à faire usage de l’armée et des miliciens.

Plusieurs Togolais ont perdu la vie dont le corps du jeune élève Koutoglo âgé de 15 ans, en classe de Troisième, retrouvé dans la lagune de Bè.

Comme toute réaction à ce nouveau bilan macabre qui venait s’ajouter à ceux de 2005 et de 2017, la réaction des autorités togolaises a été de dépêcher le ministre des Droits de l’Homme à l’époque, Pacôme Adjourouvi sur les médias internationaux pour nier l’usage de miliciens par le pouvoir qu’il sert, de même que les assassinats de manifestants.

A côté du M66, d’autres personnalités publiques issues des rangs du système Rpt/unir comme l’ex ministre des Armées, Marguerite Essossimna Gnakadé ont clairement exposé l’incompétence de Faure Gnassingbé à diriger efficacement le Togo. Cela vaut à cette femme, une intime de Faure Gnassingbé d’être incarcérée aujourd’hui.

De simples citoyens et leaders d’opinion qui ont manifesté en juin 2025 comme la sage-femme KOUMAYI Grâce ou encore Madame AMAVI, portent encore les séquelles des tortures subies. Médecins, artistes, étudiants ou simples salariés ont été victimes de tortures parce qu’ils ont osé s’associer aux demandes légitimes portées par le M66.

C’est donc en hommage aux personnes ayant perdu la vie depuis juin 2025, à ceux et celles qui portent dans leur chair les séquelles des tortures subies, aux citoyens et citoyennes séquestrés et détenues par le régime de Faure Gnassingbé, que le M66 appelle les Togolais à l’évènement « TOGO EN PAUSE » ce samedi 06 juin 2026.

« TOGO EN PAUSE » est un évènement symbolique pour montrer au régime cinquantenaire des Gnassingbé ce qu’il a fait du Togo. Il s’agit d’un appel à cesser toute activité, à garder les boutiques et shops fermés afin d’extérioriser la réalité de l’état du Togo, celui d’un pays stationnaire.

« TOGO EN PAUSE », c’est zéro circulation, pas de commerce, pas d’activités, pas de bruit. Ce 06 juin 2026, le Togo s’arrête et se repose. Le Togo se rappelle également que depuis la contestation menée par le M66 avec le soutien de plusieurs leaders d’opinion, de partis politiques et autres, plusieurs vies sont mises en pause en raison des incarcérations, des confiscations de documents de voyage et de matériels de travail et autres voies de faits subies par les citoyens.

Les Togolais sont par conséquents conviés à se mobiliser pour offrir à Faure Gnassingbé le revers de sa gouvernance chaotique, c’est-à-dire observer une journée d’inaction qui, loin d’être une résignation, constitue un acte bravoure.

Source: Kossi Lamba