Le premier ministre Togolais Faure Gnassingbé (g) et son ministre des Affaires Étrangères Robert Dussey | Photo: DR
Le premier ministre Togolais Faure Gnassingbé (g) et son ministre des Affaires Étrangères Robert Dussey | Photo: DR

S’il existait une médaille du ridicule et de l’inutile, il faudrait la décerner à Faure Gnassingbé et son ami Robert Dussey, ministre en charge des Affaires étrangères. Après avoir œuvré pendant plus de deux décennies à faire stagner le Togo dans une médiocrité financière, sociale, culturelle et touristique, le duo Gnassingbé – Dussey s’est donné une tâche aussi ridicule qu’inutile : corriger la cartographie mondiale par le crayon.

Quand on échoue à apporter des solutions concrètes aux problèmes que rencontrent ses propres concitoyens, il ne reste que des projets démagogiques pour essayer de se donner bonne conscience et espérer survivre sur l’échiquier international de plus en plus axé sur des hommes de résultats.

Au moment où les Etats cherchent à s’imposer par l’économie, la culture et le génie technologique, les autorités togolaises sont persuadées que faire apparaître l’Afrique beaucoup plus grande sur la cartographie mondiale est une tâche révolutionnaire.

Faure Gnassingbé et son petit cercle d’amis au pouvoir sont indéniablement le symbole d’un des échecs politiques des vingt dernières années.

Depuis les années 2005 où Faure Gnassingbé a succédé à son pouvoir dans un bain de sang, le Togo n’a connu aucune évolution concrète qui puisse le classer dans les nations émergentes en Afrique de l’Ouest. La cartographie du Togo, entendue ici comme le paysage social, culturel et touristique du pays, demeure celle des Etats figés dans les 1960 avec des infrastructures coloniales et non améliorées.

En 2026, au Togo, le Centre Hospitalier Universitaire de la capitale (CHU) baptisé par le régime actuel du nom du Père de l’indépendance Sylvanus Olympio demeure un vestige des 1ères réalisations postcoloniales. Le régime de Faure Gnassingbé en continuité de celui de son défunt père est incapable de moderniser cet hôpital devenu un « mouroir ».

Les preuves que la cartographie du Togo est restée figée dans les années 1960 sont légions. A titre d’exemple :

* le réseau de chemins de fer devenu obsolète est celui construit par les colons ;

* le tracé de la route nationale N°1 qui traverse le pays du sud vers le nord reste et demeure celui des temps coloniaux. Faure Gnassingbé avait promis une autoroute qui n’a jamais vu le jour ;

* aucun grand monument n’a été érigé à Lomé pour la distinguer des autres grandes capitales de la sous-région ;

* les deux universités que comptent le pays à Lomé et à Kara ne disposent pas d’infrastructures pour faire naitre une quelconque fierté dans l’esprit des étudiants togolais ;

* inexistence de sites touristiques aménagés avec des grands hôtels d’accueil et d’infrastructures adéquates pour le déplacement sécurisé des visiteurs ;

* la plage de Lomé est à l’image des clichés des années 1960, surtout après la destruction des aménagements privés par les autorités du pays ;

* inexistence de marchés modernes à Lomé et dans les autres villes du pays ;

* le réseau de distribution d’électricité et d’eau est encore vétuste avec des délestages quasi systématiques dans plusieurs régions du pays.

En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays ont vu leur carte sociale, culturelle et touristique évoluée. C’est le cas du Bénin (nouveaux monuments, agrandissement et modernisation du réseau routier), du Sénégal (un réseau ferroviaire en plein développement), de la Côte d’Ivoire et du Ghana (plusieurs ponts et échangeurs mis en place).

En quelques années, les dirigeants de ces Etats ont su redessiner le paysage de leurs pays pour les faire rayonner et respecter dans une certaine mesure sur le plan international.

Cependant, pour Faure Gnassingbé, le rayonnement des Etats africains ne passent aucunement pas par un développement concret avec des infrastructures modernes à l’image des Chinois, des Américains et des Européens. Pour le dictateur togolais, le continent africain gagne plus à se faire dessiner au crayon beaucoup plus grand qu’en l’état actuel.

Est-il étonnant que les autres dirigeants africains très occupés à construire leur pays aient délégué sans aucune hésitation cette tâche de « correct the map » aux autorités togolaises qui se sont proposées ?

Drôle de mission pour le duo Faure Gnassingbé – Robert Dussey et compagnies, qui sont incapables de dresser à un petit pays de 56.600 Km2 une cartographie moderne en matière d’infrastructures routières, sanitaires, culturelles et touristiques.

Isidore Kouwonou

Source: Lalternative.info