
Nana Akufo-Addo vit ses dernières heures en tant que Chef de l’Exécutif ghanéen après deux mandats à la tête du pays, en attendant les élections de 7 décembre prochain. Dans une interview accordée à France24, le président s’est prononcé sur la question de la modification de la Constitution à son profit.
Au pays de Kwame Nkrumah, sous la Constitution de 1992, aucun candidat à la magistrature suprême ne brigue plus de 2 mandats après une réélection. A la fin de ces mandats, le président en exercice est prié de se retirer. La modification de la Constitution a été au cœur d’une interview de Nana Akufo-Addo avec France 24 où il s’est exprimé sur des sujets politico,socio-économiques de la sous-région ouest-africaine.
A la question du journaliste de savoir si le président en exercice au Ghana, eu égard aux tensions socio-politiques dans le pays, a d’une certaine manière peut songer à modifier les textes constitutionnels pour s’offrir un troisième mandat advienne que pourra.
Nana Akufo-Addo sur un ton répréhensible, rejette cette possibilité. « Jamais. Cela n’a jamais fait partie de nos préoccupations. J’étais l’un de ceux qui se sont battus pour la constitution du Ghana telle qu’elle est…», a-t-il répondu.
Et pourtant dans des pays de la sous-région, surtout francophones à l’instar du Togo, la modification des textes de lois par pour s’offrir des mandats présidentiels encore et encore devient la norme. Le président ghanéen a clarifié les insinuations en affirmant que son pays ne fera jamais partie des pays où la Constitution va être toilettée pour des intérêts personnels.
« Non, je ne fais pas partie de ces dirigeants. Je crois qu’une fois que les règles du jeu ont été établies, il est important pour la stabilité du pays que les personnes qui sont au pouvoir les respectent. Cela encourage les autres à faire de même. La stabilité du Ghana aujourd’hui est en grande partie due au fait que nous avons participé à ces consultations populaires régulières et que nous avons été acceptés par le peuple, acceptés par la classe politique. C’est la preuve que c’est un élément stabilisateur de notre pays », a déclaré Nana Akuffo Addo.
L’indifférence du président face à l’arrestation des manifestants de Democracy Hub
Les Ghanéens ont constaté avec stupéfaction le silence du président Akufo-Addo sur les récentes arrestations et incarcérations des manifestants de Democracy Hub, fin septembre dernier. Mais lors de l’interview accordée à la chaîne française, il a rompu son silence et s’est confié sur les raisons derrière cet acte. A l’en croire, les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont séparés pour une bonne raison et que l’exécutif n’a aucun pouvoir pour empêcher les citoyens à manifester ni n’a aucun intérêt à détenir les manifestants.
Il est allé encore plus loin en déclarant qu’il n’est pas responsable de l’emprisonnement des gens au Ghana et que les actions en justice contre les manifestants découlent de leur forcing avec les forces de l’ordre et non de leur motif de manifestations publiques.
Il ajoute en disant : « Comment le président dont la carrière a été facilitée par les manifestations peut-il avoir des problèmes avec les manifestations. Je n’ai pas de problèmes avec les manifestations. (Pour ce qui est des manifestants arrêtés),les tribunaux ghanéens sont des institutions indépendantes et ils l’ont été tout au long de la période de la quatrième république ».
Il faut le rappeler, depuis septembre, le groupe de la société civile Democracy Hub organise des manifestations dans les rues de la capitale Accra pour exiger du gouvernement la fermeture définitive du site d’exploitation minière illégale Galamsey. La dernière manifestation s’est déroulée les 3, 4 et 5 octobre derniers. Huit des 54 manifestants arrêtés ont été libérés sous caution, le reste toujours maintenu en prison.
Source: lalternative; video: France 24























