D’innombrables griefs contre les paradis fiscaux :
Ils favorisent l’évasion fiscale
L’évasion fiscale fut le premier motif d’utilisation des paradis fiscaux. Comme l’a dit de façon cynique la milliardaire new-yorkaise Leona Helmsley, condamnée pour fraude fiscale en 1990 : « Seules les petites gens paient des impôts. »
Ils permettent le blanchiment de l’argent sale
L’argent sale, c’est l’argent criminel, l’argent provenant de la drogue, de la prostitution, de la fabrication de fausse monnaie, de vols, de rackets, de trafics divers. Cet argent illégalement acquis, est réintroduit dans le circuit économique normal par le biais de montages dans les paradis fiscaux : c’est le blanchiment. Ici, l’économie criminelle côtoie l’économie légale.
Il y a aussi l’argent de la corruption !
Le montant total de la corruption (total des pots de vins payés sans compter les détournements de fonds), à la fois dans les pays développés et les pays en voie de développement, est estimé, par un Institut de la Banque mondiale, à 1 000 milliards de dollars. Cet argent trouve le chemin des paradis fiscaux.
Ils aident au financement du terrorisme
Depuis l’attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, le gouvernement américain et les gouvernements du G8 ont pris conscience du rôle des paradis fiscaux dans le financement du terrorisme. Oussama Ben Laden, formé par la CIA, pratiquait en maître les paradis fiscaux. Il opérait via une cascade de sociétés écrans installées au Pakistan, dans les Etats du Golfe et dans des places « offshore ».
Ils constituent un obstacle majeur à la coopération judiciaire internationale
Les paradis fiscaux rechignent à coopérer en cas de poursuites judiciaires. Comme l’a écrit le juge Renaud Van Ruymbeke dans le livre Un monde sans loi : « En l’état actuel de la législation européenne, les chances offertes à un magistrat de démanteler un réseau criminel sont pratiquement nulles… Il faut dix-huit mois pour obtenir les relevés bancaires d’un compte panaméen ouvert en Suisse. Les délais sont interminables au Liechtenstein. Comment atteindre un réseau qui, en l’espace de quelques heures, grâce à l’informatique et avec l’appui de quelques juristes et financiers habiles, a fait valser l’argent criminel d’un paradis à l’autre, en multipliant à dessein les écrans ? ». Le juge italien Paolo Bernasconi a dit ceci : « Tout au long d’une carrière de magistrat et d’avocat, longue de vingt-cinq ans, je n’ai connu aucun cas de criminalité financière dans lequel les auteurs n’aient pas utilisé une ou plusieurs sociétés commerciales ou financières ayant leur siège dans un paradis fiscal »
L’argent des dictateurs
Les dictateurs ont toujours trouvé un accueil complaisant pour leurs fonds dans les paradis fiscaux. D’après le FMI, en 1992, la moitié des 300 milliards de dollars de la dette extérieure des 15 pays les plus endettés du monde correspondait à des fonds accaparés à titre privé et transférés dans des paradis fiscaux. La famille Marcos aux Philippines dont la richesse était estimée à 10 milliards de dollars à sa chute avait 800 millions de dollars de dépôts en banque dans les paradis fiscaux. Non seulement les paradis fiscaux accueillent les fonds de la corruption et des détournements, mais aussi, ils se sucrent quand les fonds sont réclamés. L’argent volé par Sani Abatcha au Nigeria est déjà rapatrié en deux tranches bien que beaucoup reste à faire pour tout ramener.
Au Togo, outre ces milliards d »un ancien fonctionnaire des impôts qui a fini par mourir de crise par ce que son paradis a refusé de lui restituer de l’argent volé, sous Eyadema, il y a eu des cas. Un retrait d’environ 8 milliards a été plus ou moins officiellement demandé d’un paradis fiscal sis à DUBAI. Cet argent qui devait servir à accueillir un président européen, n’ as jamais pu être retiré car il fallait justifier l’activité qui a permis de déposer de si fortes sommes. Eyadema s’est mis en boule et ça a éclaboussé un directeur d’une banque de la place car Eyadema estimait que le directeur est sensé savoir que quand on dépose de fortes sommes dans les paradis pour les retirer il y a des conditions à remplir. Le pauvre Looky, le plus malheureux des Banquiers sous Gnass père, en a encore une fois faits les frais; ce n ‘est que la face visible de l’iceberg. Que deviennent ces dépôts parfois irrécupérables dans les paradis douteux. ? Dieu seul sait. La sueur des Togolais. Mais les voleurs doivent savoir que le monde est devenus un petit village et un journaliste n’a pas besoins de mystère pour avoir une information. Il faut sans cesse interpeller les gouvernements qui font preuve de laxisme et de laisser-aller. Il faut savoir que dans la lutte contre les paradis fiscaux, les peuples des pays développés et des pays en développement ont des intérêts communs.
Si les paradis fiscaux continuent à se développer et que les entreprises et les citoyens riches parviennent à se soustraire entièrement au paiement des impôts, c’est la voie de la dégradation des services publics et des services de l’Etat qui sera suivie à coup sûr. Le paradoxe togolais est que, la plupart de ceux qui arrivent à voler allègrement, ne peuvent pas investir de part l’origine douteuse de la fortune. Du coup l’argent qu’ils mettent une carrière à voler finit dans les paradis fiscaux, entre les cuisses de putes à qui ils multiplient les villas, d’autres l’enterrent carrément dans le sous sol de leur dortoir. Bref, ils ont mil et une façons de conserver leur butin de guerre dont ils deviennent finalement escalent. Bon a suivre
Dossier de Abi-Alfa
Le Rendez- Vous N 273 du 25 février 2016























