Samara, Russie | La Colombie a surmonté son début de Coupe du monde raté et la blessure de James Rodriguez pour se qualifier pour les huitièmes de finale en battant le Sénégal (1-0), dernier représentant africain, éliminé au nombre d’avertissements, jeudi à Samara.

Le jaune a porté malheur aux Lions. Ils ont plié sur un coup de tête du maillot or de Yerry Mina (74e) alors qu’un nul leur suffisait. Ils laissent la deuxième place du groupe H aux Japonais, qui bénéficient de la règle du fair play (4 points, 4 buts marqués et 4 encaissés pour les deux équipes). Mais les Lions ont reçu six cartons jaunes, contre seulement quatre pour les Samouraïs, battus par la Pologne (1-0).
L’Afrique ne sera pas au second tour pour la première fois depuis 1982.
En revanche, les «Cafeteros» l’ont mérité pour avoir lutté contre les vents contraires. Battus d’entrée par le Japon (2-1) après avoir joué tout le match à dix contre onze (Carlos Sanchez exclu à la 3e minute), ils ont perdu leur principal animateur offensif, James Rodriguez au bout d’une demi-heure, quand sa blessure au mollet gauche semble s’être réveillée.
Il a dû laisser sa place à Luis Muriel (31e), qui a mis le feu dans la défense sénégalaise.
Pourtant les Lions avaient leur sort et le match en mains, grâce à leur domination au milieu du terrain.
Keita Baldé, aligné pour la première fois en Russie, et Sadio Mané ont beaucoup gêné la défense colombienne, mais sans mordre suffisamment. Ainsi, Baldé tirait sur David Ospina (27e).
But à Volgograd…
Mané lui a cru obtenir un penalty pour un contact de Davinson Sanchez (17e), mais l’arbitre Milorad Mazic a changé d’avis après visionnage vidéo, à la grande joie de l’écrasante majorité du stade Cosmos de Samara, repeint en jaune.
Peu importe… Les Sénégalais semblaient filer vers le deuxième huitième de finale de leur histoire, comme en 2002, mais le match a basculé, 650 km en aval sur la Volga…
À l’heure de jeu, le stade s’est mis à vrombir comme un moteur de Tupolev: à Volgograd, la Pologne venait de marquer, qualifiant virtuellement la Colombie à la différence de buts (+2 contre 0).
La clameur a revigoré les hommes de José Pekerman. Après une première frappe contrée de Muriel (65e), puis une percée du Sévillan bouchée par Ndiaye, sorti au pied (67e), la Colombie a trouvé la faille. Le Barcelonais Mina a décoché une puissante tête piquée sur corner pour son deuxième but du tournoi, libérant les 30 000 Colombiens assis en tribune.
Les Lions sénégalais ont jeté toute leur énergie dans la bataille, mais Mbaye Niang a buté sur David Ospina (77e), également fiable sur une tête de Mané dans la minute suivante.
Les tam-tam de l’Afrique ne résonneront pas en huitièmes de finale…
Le Japon en huitièmes de finale malgré sa défaite
Volgograd, Russie | Le Japon a pris jeudi le train des huitièmes de finale du Mondial 2018 malgré sa défaite de 1-0 contre la Pologne grâce à la victoire de 1-0 de la Colombie qui élimine le Sénégal.

Derrière les Cafeteros premiers avec six points, les Samurai Blue ont doublé les Lions de la Teranga (égalité parfaite à 4 points chacun) grâce à un plus petit nombre de cartons jaunes (4 contre 6).
Premiers avant la dernière journée, ils ont été virtuellement troisièmes durant une vingtaine de minutes, jusqu’au but du Colombien Yerry Mina, à plus de 800 kilomètres de Volgograd, qui les a remis sur les rails de la qualification.
Leur joie au moment du coup de sifflet final de Sénégal-Colombie et les poings levés au ciel ont succédé à deux longues minutes d’attente où leurs visages étaient impassibles, tant le boulet d’une deuxième élimination consécutive est passé très près.
Le Japon, dernier représentant de la zone Asie encore en course, disputera donc son troisième huitième de finale en six participations, son dernier remontant à 2010. Reste désormais à dépasser ce cap, après deux échecs contre la Turquie en 2002 et le Paraguay en 2010.
La Pologne, qui n’avait plus rien à jouer, a au moins sauvé l’honneur: l’équipe de Robert Lewandowski a évité l’humiliation de devenir la première sélection polonaise à quitter une Coupe du monde sans aucune victoire, depuis l’instauration du système de poules en 1950.
Les Samurai Blue n’avaient besoin que d’un point pour se qualifier. Ils n’ont jamais semblé jouer pour en engranger plus, dans un match sans rythme, joué sous une chaleur accablante (37°C).
Le manque de repères entre attaquants japonais a pesé sur le rythme émollient de la rencontre, le sélectionneur Akira Nishino ayant décidé de laisser sur le banc les quatre joueurs qui animaient l’attaque depuis le début du tournoi, dont la star Shinji Kagawa.
Cet étonnant choix a failli tourner au hara-kiri, quand une action éclair polonaise – un coup franc de Rafal Kurzawa catapulté dans les buts par Jan Bedarek (59e) – venait d’un coup assombrir leur ciel.
Le Japon, assommé, a alors vécu la dernière demi-heure dans l’angoisse… Jusqu’au coup de pouce colombien.
Source : AFP























