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Le Togo perd huit places dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse, publié par Reporters sans frontières (RSF), illustrant une dégradation notable du climat médiatique.

Le pays de l’Afrique de l’Ouest se classe à la 121e position sur 180 pays. Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade. Les pressions exercées sur les organes de presse critiques, l’absence de cadre réglementaire protecteur pour les journalistes, et les cas de suspension de médias ou de poursuites judiciaires ciblées, témoignent d’un environnement hostile à l’expression libre.

De plus, comme dans plusieurs pays voisins, la concentration des médias dans les mains d’intérêts proches du pouvoir nuit à la pluralité des voix et au débat démocratique.

Les journalistes togolais travaillent dans un climat de peur et d’incertitude. Certains évitent de traiter des sujets sensibles, par crainte de représailles.

Ce recul survient dans un contexte régional particulièrement tendu. De l’Érythrée, qui reste à la dernière place mondiale (180e), à la République démocratique du Congo, au Burkina Faso ou au Mali, la presse est de plus en plus confrontée à la répression, à l’autocensure, à la fermeture de médias, voire à l’exil forcé de journalistes.

Le Togo, qui occupait déjà une position fragile, voit sa situation empirer alors que les garanties d’indépendance éditoriale s’effritent.

Pour inverser la tendance, des réformes structurelles sont nécessaires, incluant une réelle indépendance de l’instance de régulation, la dépénalisation des délits de presse et des garanties juridiques renforcées pour la liberté d’informer.

Selon RSF, la fragilisation économique des médias constitue l’une des principales menaces pour la liberté de la presse. Si les exactions physiques contre les journalistes sont l’aspect le plus visible des atteintes à la liberté de la presse, les pressions économiques, plus insidieuses, sont aussi une entrave majeure.

L’indicateur économique du Classement mondial de la liberté de la presse continue de chuter en 2025 et atteint un niveau critique inédit. Conséquence : pour la première fois, la situation de la liberté de la presse devient “difficile” à l’échelle du monde.

Pour Anne Bocandé, Directrice éditoriale de RSF, il faut « garantir un espace médiatique pluraliste, libre et indépendant nécessite des conditions financières stables et transparentes. Sans indépendance économique, pas de presse libre. Quand les médias d’information sont fragilisés dans leur économie, ils sont aspirés par la course à l’audience, au prix de la qualité, et peuvent devenir la proie des oligarques ou de décideurs publics qui les instrumentalisent. Quand les journalistes sont paupérisés, ils n’ont plus les moyens de résister aux adversaires de la presse que sont les chantres de la désinformation et de la propagande.

Il convient de restaurer une économie des médias qui soit favorable au journalisme et qui garantisse la production d’informations fiables, une production nécessairement coûteuse. Des solutions existent, elles doivent être déployées à grande échelle. L’indépendance financière est une condition vitale pour garantir une information libre, fiable et au service de l’intérêt général ».

Alors que certains pays comme le Sénégal affichent des progrès notables, le Togo, lui, semble emprunter une trajectoire inverse. Dans un continent où l’information libre et indépendante est cruciale pour le développement et la paix, cette régression doit alerter la communauté nationale et internationale.

Source: lalternative.info