
Le régime inhumain de Faure Gnassingbé, hérité de son père à la mort de ce dernier, n’est possible que parce que des Togolais et des Togolaises ont accepté d’obéir à un mortel comme eux pour faire mal à leur pays, allant même jusqu’à contribuer à persécuter leurs compatriotes en les jetant en prison et en les laissant mourir pour des raisons politiques. Et le coursier attitré du dictateur togolais, qui n’est autre que Robert Dussey qui, non content d’avoir choisi d’humilier son peuple, aux côtés de son mentor, en faisant fi des vrais problèmes domestiques qui sont la mauvaise gouvernance politique, pour surfer sur un supposé panafricanisme tiré par les cheveux, et pour s’engouffrer dans l’habit de médiateur dont Faure Gnassingbé n’a aucunement l’étoffe, continue sa fuite en avant en se comportant comme si son pays avait déjà réglé tous ses problèmes pour que ses dirigeants aient désormais tout le temps et tous les moyens financiers nécessaires pour s’occuper des autres.
Le 29 juin dernier, Robert Dussey publie une tribune dans le journal américain, The National Interest. Il s’agit, selon le site de propagande du régime de dictature togolais, Republic of Togo, d’un plaidoyer de Dussey pour sauver le Sahel, avec le titre en anglais, « Three things the US can do to save the Sahel ». Robert Dussey alerte dans sa tribune sur l’expansion du jihadisme en Afrique de l’Ouest, qu’il présente comme une menace directe pour les intérêts sécuritaires américains, et non comme un simple problème régional lointain. Le ministre des affaires étrangères du Togo salue les premiers pas de rapprochement entrepris récemment par Washington avec le Mali, le Burkina-Faso et le Niger, après des années d’isolement contre-productives. Robert Dussey appelle les États-Unis à un engagement à la hauteur de la crise, articulé autour de trois axes concrets qu’il détaille dans l’article, notamment le renforcement de la coopération militaire et du soutien à la force conjointe des États du sahel.
Robert Dussey est-il devenu le ministre des affaires étrangères des trois pays dits de l’AES, le Burkina-Faso, le Mali et le Niger, dont il défend désormais les intérêts? Certes, le terrorisme est une menace sous-régionale, africaine et même internationale; notre pays, le Togo, est bien concerné par le fléau. Nous en sommes conscients. Mais qu’un ministre togolais des affaires étrangères prenne ainsi clairement fait et cause pour les intérêts d’autres pays, en s’érigeant en leur avocat défenseur auprès des autorités américaines, comme si les trois pays concernés du sahel n’avaient pas de ministres dans le domaine capables de jouer ce rôle, pose problème. Tout Togolais intelligent sait que le rapprochement de Faure Gnassingbé des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’a absolument rien à voir avec un quelconque amour des trois pays pour leurs beaux yeux, ni moins encore avec un certain panafricanisme. Le fils à papa togolais sait très bien qu’il n’a aucune légitimité et qu’il est à juste titre rejeté par ses compatriotes qui ne réclament que son départ du pouvoir.
Faure Gnassingbé s’est précipité pour s’approcher des pays sahéliens qui se sont désolidarisés de la France et de la CEDEAO à cause de leur posture souverainiste et panafricaniste, parce que tout simplement, il est entouré à l’est et à l’ouest par deux pays qui connaissent l’alternance politique au sommet de leurs états depuis quelques décennies, et qu’il se sent ainsi isolé et politiquement mis à nu. C’est seulement au nord qu’il existe des pays dont les populations sont régulièrement en butte aux bruits de bottes de la part de leurs armées. Et totalement rejeté par son peuple comme il l’est, Faure Gnassingbé craint qu’un danger pourrait arriver de là pour le renverser. C’est la raison pour laquelle il adopte ce comportement «gentil» et généreux envers les trois pays de l’AES, quitte à se désolidariser de la CEDEAO d’où il ne craint aucun danger direct, en dehors des condamnations verbales, comme c’est actuellement le cas avec l’arrêt de la cour de justice de l’organisation sous-régionale.
Et Dieu seul sait combien de nos milliards de francs CFA, pendant que les hôpitaux togolais ne sont plus que des mouroirs et que pratiquement tout manque pour les populations, Faure Gnassingbé a déjà versés à ces trois pays pour les avoir sous sa botte, et pour être sûr qu’il a au nord des régimes qui le soutiennent contre son peuple. Qui a oublié ce ministre nigérien des affaires étrangères, lors du fameux sommet, prétendumment panafricain, de décembre 2025 à Lomé, qui n’arrivait pas à lire son discours, butant presque sur chaque mot, et qui avait fini par avouer que le texte n’était pas de lui; le discours aurait été écrit par Robert Dussey.
Hier c’était la taille de l’Afrique sur la carte du monde «Correct the Map», que notre ministre se félicite d’avoir fait reconnaître par l’Union Africaine (UA) comme une initiative née au Togo. Aujourd’hui c’est un plaidoyer auprès du gouvernement américain pour les trois pays de l’AES qui est à l’ordre du jour, pendant que le régime de terreur dont il est membre, incarné par Faure Gnassingbé, rejette la démocratie et l’alternance au sommet de l’état, continue à faire voir de toutes les couleurs à ses compatriotes par des arrestations à caractère politique. Voilà en résumé, des comportements de voyous et de fuite en avant d’un pouvoir anti-peuple, rejeté à juste titre par les populations togolaises qui ne demandent, ni plus, ni moins, que le départ pur et simple des prédateurs qui prétendent encore parler au nom du Togo, alors qu’ils n’en ont ni la légimité, ni la légalité. Et nous sommes conscients du fait que personne n’acceptera scier la branche sur laquelle il est assis, sans y être contraint. C’est pourquoi, les populations, la vraie opposition, au pays et dans la diaspora, ainsi que toutes les franges de la société togolaise, à même de s’unir pour peser dans la balance, devraient plus que jamais le faire, pour mettre fin à l’inacceptable sur la terre de nos aïeux.
Samari Tchadjobo
Allemagne























