
Quelques jours après avoir été contraint de libérer les deux journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais Fred Vedomey, arbitrairement mis en détention durant plus de 30 jours, l’ombre du régime de Faure Gnassingbé plane sur le kidnapping d’un reporter du média indépendant togolais, TAMPA Express qui met régulièrement en lumière la mauvaise gouvernance du pays.
Au cours de son Direct du dimanche dernier, Ferdinand Ayité a rendu public le témoignage glaçant de Monsieur KODJO Yaovi Roland qui couvrait en sa qualité de reporter pour le compte du journal Tampa Express, la célébration de la fête traditionnelle D’pontre/N’nidak. Il s’agit de la fête traditionnelle du peuple Bassar Konkomba dans le nord du Togo.
Alors que le journaliste exerçait son métier lors de ce moment festif à Guérin-Kouka (localité située à environ 456 Km au nord de Lomé) ce samedi 06 septembre 2026, il est approché par un individu qui lui a demandé si « c’est TAMPA EXPRESS ». Répondant par l’affirmative, son interlocuteur lui demanda de le suivre. C’est alors qu’il a été entrainé dans un guet-apens monstrueux où il a été précipité dans un véhicule de type PRADO qui a aussitôt démarré en trombe.
Selon le témoignage du reporter, à bord dudit véhicule se trouvent plusieurs individus dont une personne en tenue de policier. Ceux-ci lui ont bandé les yeux et menotté les mains dans le dos avant d’exercer des actes de violences sur sa personne.
Au cours de cette séance de torture physique et psychologique, ses ravisseurs lui ont demandé si c’est lui Tampa Express qui parle mal du régime de Faure Gnassingbé. C’est en ce moment qu’il a compris que ceux-ci le confondaient au Directeur du média Tampa Express, également promoteur de TAMPA TV.
Au final, si les ravisseurs du journaliste n’ont pu mener leur funeste projet jusqu’au bout, c’est juste grâce à un échange inattendu en langue akposso (une langue locale du Togo) entre lui et l’une des personnes se trouvant à bord du véhicule. Cependant, il a jeté dans une brousse à plus de 55 kilomètres du lieu de son enlèvement.
Qui sont les auteurs et commanditaires de cet acte ignoble ? A qui profite le crime ?
Face à ce qu’il convient de qualifier de crime (séquestration, tortures et tentative d’assassinat), il faut naturellement s’interroger sur l’identité des auteurs et commanditaires.
Au Togo, la réponse à cette question est assez aisée. Et les circonstances du Kidnapping ajoutées au profil des ravisseurs tel que décrit par la victime renforcent l’idée que ce soit le pouvoir togolais qui pourrait se trouver derrière cet acte ignoble.
Il est constant que depuis plusieurs années, le régime de Faure Gnassingbé est devenu intolérant au journalisme sérieux et objectif. Pour preuve, la majorité des journalistes critiques du pouvoir est poussée à l’exil. Il faut rappeler le décès tragique de Joël Egah, peu de temps après avoir été arbitrairement incarcéré.
A l’heure actuelle, le régime sexagénaire de Lomé semble être déterminé à mener une croisade de persécution contre tous les journalistes nationaux comme internationaux, résidant au Togo ou à l’étranger. Pire, Faure Gnassingbé n’a plus de scrupule à faire usage de méthodes de voyous pour arriver à ses fins.
Le 27 juillet dernier, les journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais Fred Vedomey, ont été arrêtés le 27 juillet 2026 dans le nord du Togo alors qu’ils tournaient simplement avec des autorisations officielles un épisode de l’émission « Les Routes de l’impossible ». Ils ont passé plus de 30 jours en détention.
Depuis plusieurs mois, de sérieuses menaces d’agression pèsent sur le journaliste Ferdinand Ayité, contraint à l’exil en France.
Tous ces éléments démontrent à suffisance que le régime de Faure Gnassingbé est totalement illégitime et utilisent des voies illégales et criminelles contre de simples professionnels des médias.
Source: Lalternative.info























